Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

Tazzio Paris : esquisse d’un photographe en mutation

Hugues DEMEUSY : Bonjour Tazzio, comment es-tu venu à la photo ? Tazzio Paris : Par le biais du dessin, à travers mon goût pour les visages. J'ai commencé à utiliser une caméra pour étudier les expressions et la mobilité des traits. Je voulais réaliser une série d'animation dont j'avais écrit le scénario et m'inspirer de vrais visages. Le projet n'a pas abouti et je suis passé à la photo, moins onéreuse à produire qu'un film. Les garçons et les filles dont tu captes la présence ont-ils quelque chose à part ? C'est leur capacité à provoquer chez moi le désir de vivre un moment de partage, hors du temps... qui me fascine. Pour le temps d'un shooting. Certains modèles sont créatifs, c'est stimulant. J'aime bien improviser et expérimenter. Parfois avec des matières, de la couleur ou des accessoires. Les raisons qui poussent les modèles à poser sont très diverses, aussi, je prends le temps d'échanger, ça conditionne la façon dont se déroule la prise de vue. Il arrive que la...

Fronteras, le film espagnol qui fait traverser les frontières

Si le cinéma a le pouvoir de faire exister un autre monde à l'écran, force est de constater que, malheureusement, la tendance est souvent de montrer les mêmes images, les mêmes normes, les mêmes stéréotypes. Dans Fronteras (2014), l'Espagnol Mikel Rueda choisit de placer sa caméra ailleurs, de cadrer différemment et de nous montrer autre chose. Le thème est pourtant fréquent au cinéma : il s'agit d'un film sur les premiers émois de l'adolescence. Cependant, Rafa, dont le groupe d'amis est composé de jeunes gens plutôt machos et qui le poussent à sortir avec la belle Marta, pose son regard sur Ibra, adolescent venu du Maroc et menacé d’expulsion. Loin des clichés, ce film nous parle d'homophobie et de racisme mais surtout d'un premier amour mis à mal par la situation précaire du jeune migrant. Il nous montre aussi des franchissements de frontières, celle, physique, entre deux pays, celle, symbolique, imposée par la norme du groupe, et enfin, dernier franchissement, il nous montre le passage...

Antony Hickling nous fait son cinéma

Antony Hickling est anglais, mais il s'est installé à Paris il y a plusieurs années. Depuis, on entend beaucoup parler de lui. Ses films ont révélé un cinéma iconoclaste, singulier, inclassable. En quelques long-métrages, Antony s'est imposé comme le nouveau réalisateur queer incontournable. Son dernier opus Where horses go to die vient de sortir chez Optimale. Il raconte les déambulations d'un artistes plasticien désabusé qui va croiser, entre rêves et fantasmes, trois créatures flamboyantes qui l'amèneront là où il n'a jamais été. Son acteur fétiche Manuel Blanc, y interprète une transsexuelle étonnante. Costumes, décors, ambiance, narration... tout est différent et exceptionnel dans ce film, qu'il faut voir absolument. Quand il n'est pas derrière la caméra, Antony Hickling fait du doublage pour des films d'animation et est programmateur pour le Festival de Films LGBT de Paris, Chéries-Chéris. Il pose régulièrement pour le photographe Jean-Baptiste Huong, dont nous vous avons présenté le travail récemment.   Where Horses go to die, un film d'Antony Hickling avec Manuel Blanc, Jean-Claude Bouvet, Stéphanie Michelini... Un DVD Optimale

Chéries-Chéris va faire battre vos cœurs plus fort

Cyril Legann, président du festival nous présente cette édition avec enthousiasme. Il y a de quoi ! Hommage à Act Up Hugues Demeusy : Pourquoi faut-il aller au festival cette année ? Cyril Legann : Bien sûr il est fortement conseillé d'y aller tous les ans, mais il me semble que cette année, il s’est vraiment passé quelque chose qui a redonné goût aux gens de militer avec « 120 battements par minute ». On a pu se rappeler que le cinéma avait ce pouvoir de changer les lignes. On sent que le public a un appétit de voir des films sur ce sujet et prolonger le travail de mémoire entamé par le film de Robin Campilo. C’est pourquoi le festival proposera une programmation spéciale en hommage à Act Up qui revient sur le combat des années SIDA avec des documentaires d’archives passionnants. Mais aussi des films plus récents qui dressent un état des lieux actuel. Romantique Italie S’il n’y avait qu’un film à voir ? Difficile de choisir, c’est...

Une saison en enfer

Intégrer une Grande Ecole Roman d'initiation magnifique et néanmoins récit autobiographique bouleversant, Un hiver à Paris dénonce le système scolaire spécifique des Grandes Ecoles, dont la pression et l'ambition sont les règles cruelles. Pas de pitié pour les faibles (et les différences !). Jeune provincial, le narrateur débarque à Paris pour intégrer une classe préparatoire à une grande école. Il découvre ce véritable microcosme et ses lois ; il comprend très vite qu'il n'est pas à sa place. Issu d'un milieu modeste, il est sensible, introverti, solitaire et il se cherche... Tout ce qu'il faut ne pas être pour se faire une place ici ! Le suicide d'un camarade... Le suicide inopiné d'un des camarades dont il a partagé quelques moments va le plonger dans une profonde remise en cause. Considéré ( à tort) comme le meilleur ami (et le confident) « du suicidé », il devient la cible de tous les fantasmes et de tous les intérêts, alors qu'il était invisible jusqu'alors. Sa vie est soudain dominée par l'empreinte du  jeune...

Comment réinventer le cas zéro de sida en France

Que s'est-il passé dans la tête de Sarah Baruck pour décider de planter l'intrigue de son deuxième roman dans le service de Médecine Interne de l'Hôpital Saint Louis, en 1982, où le docteur Valensi va prendre en charge un malade atteint d'une pathologie encore inconnue. Hôpital Saint-Louis 1982 Tout commence donc par un cas incompréhensible et très inquiétant, un patient atteint de . symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner ce patient mis à l'écart par le Chef du Service… N'écoutant que son éthique professionnelle et humaine, Valensi va soigner clandestinement cet homme qui se révélera être le premier patient atteint du LAV, le premier nom donné au VIH. Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre...

Yves Navarre, hier, aujourd’hui et demain

Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu « rencontré » Yves Navarre ? Philippe Leconte : A la fin des années 70. J’étais dans la mythique librairie Corman à Knokke-Le-Zoute. Je venais de choisir les poèmes de Constantin Cavafy traduits par Yourcenar, et, à côté, il y avait une pile de Loukoums en livre de poche. C’est la couverture qui m’a attiré, le dessin de David Hockney. J’ai pris le livre, l’ai lu d’une traite et n’ai eu de cesse, après, de découvrir les précédents livres de Navarre, puis, au fur et à mesure, les nouveaux, au gré de leurs parutions. Qu’est-ce qui t’a accroché dans ses écrits ? Navarre a été beaucoup trop catalogué en tant qu’écrivain homosexuel, alors que lui-même se définissait comme écrivain ET homosexuel La façon dont il abordait l’homosexualité. C’était la première fois qu’un écrivain m’en « parlait » comme quelque chose de normal. J’avais l’impression de me découvrir à travers ses livres, que ceux-ci me parlaient de moi. Á l’époque, il n’y avait...
Sappho

Sappho, poétesse de l’antiquité, notre ancêtre

Elle naît à Lesbos et vit à Mytilène au VIIe siècle avant notre ère. Née dans une famille marchande aisée, elle instruit la jeunesse dorée au chant poétique et dit son amour pour une jeune femme dans certains poèmes. Elle aurait participé à un complot contre le tyran et doit s’exiler de Mytilène : elle se réfugie en Sicile où elle poursuit son œuvre et reprend son enseignement. Confondue avec une Sappho courtisane née à Erése, elle tombe amoureuse du jeune Phaon alors qu’elle est à l’âge mûr. Cet amour n’est pas réciproque et de désespoir Sappho se précipite depuis le Leucade dans la mer : elle disparaît ainsi sans laisser de trace mais son suicide entre dans la légende. Il se pare d’une dimension romantique et absolue qui traverse les siècles et accompagne la gloire de la poétesse. Le talent de Sappho sera reconnu dès l’Antiquité : son poème qui saisit l’instant où la vie se retire à la vue de l’être aimé a inspiré...