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« Amants des hommes » : déportation homosexuelle et homophobie

Traitant de la déportation homosexuelle durant la seconde guerre mondiale, Isabelle s'appuie sur l’œuvre autobiographique de Pierre Seel, le premier à témoigner de sa déportation pour cause d'homosexualité. "Amants des hommes" parle aussi beaucoup de l'homophobie de la société des années 1940, mais aussi de celle des années 2000 à travers les témoignages de différents acteurs qui se sont battus pour la reconnaissance de cette déportation. Pour nous présenter son travail, rien de mieux qu'une petite conversation avec Isabelle elle-même. Rencontre. Kevin Reynaud : Bonjour Isabelle, tout d'abord, quel est votre parcours ? Isabelle Darmangeat : Je suis née à Tulle en Corrèze, et j’ai effectuée mes études, en cinéma, à l’Université de Poitiers, avec une spécialisation en documentaire avec un DESS réalisation documentaire. Je vis et travaille à Paris depuis 2004. D'où est née l'envie de créer ce projet ? Avez-vous un lien personnel avec cette partie de l'Histoire ? Passionnée d’histoire, j’ai toujours été intéressée par la seconde guerre mondiale et particulièrement l’Holocauste. Je savais que les homosexuels...

Noémie Renard veut « En finir avec la culture du viol »

Pour quatre Français sur dix, la responsabilité d’un violeur est « moindre si la victime se montre aguichante » – que recouvre ce terme ? c’est variable et contestable à l’infini ! – et « pour deux sur dix, un "non" veut souvent dire un "oui" ». Une sorte de distinction morale, en somme, entre le « vrai » viol et le viol « cool ». N’a-t-on d’ailleurs pas lu dans les médias, au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn : « Il n’y a pas mort d’homme » ; c’est « un troussage de domestique ». Ou encore : « Un viol, c’est avec un couteau ou un pistolet. » De façon consciente ou non, la « culture du viol » est intégrée dans nos schémas de pensées, conditionnant nos jugements et érigeant en « véritable système » des mécanismes pourtant totalement erronés voire d’une injustice horrifiante. « Banalisation » des violences sexuelles, « stéréotypes de genre, impunité des agresseurs, culpabilisation des victimes » :...

L’artiste Marc Martin fait du vestiaire un lieu de cul(te)

Aujourd'hui Marc Martin est fier d'apporter sa collaboration à l'exposition berlinoise l'érotisme des choses, organisée au Musée Der Dinge, visible jusqu'au 27 août. Construite autour de l'oeuvre de Magnus Hirschfeld, le premier grand sociologue qui se passionna et travailla sur l'érotisme. L'exposition nous intéresse au premier plan pour la présence très remarquée de l'installation de Marc Martin, qui a reconstitué un vestiaire avec sa fantasmagorie... jusqu'à ses odeurs... Entre poésie et pornographie, son installation est un parcours artistique entre les objets qui évoquent l'érotisme latent d'un vestiaire masculin. L’accumulation de baskets usagées de différentes tailles, couleurs et matériaux, avec différentes senteurs et origines, de différentes époques, illustre le fétichisme de l’objet dans toute sa diversité. Marc Martin nous en parle : « Le vestiaire collectif, lieu de passage intensif, sexué, malodorant, rudimentaire, symbolise pour moi la passerelle entre deux univers qui se chevauchent en permanence : l’instant d’avant ou l’instant d’après. Cet endroit concrétise dans mon imaginaire la clef d’un passage secret. Il offre à mon approche une multitude...

La mémoire gay peine à se regrouper

Évoquée depuis près de vingt ans, la création d’un centre d’archives LGBT n’a toujours pas abouti. Face à la lenteur de la mairie de Paris, de nombreuses associations ou fonds privés se sont développés. Lire la suite sur Liberation.fr : La mémoire gay peine à se regrouper - Libération

Le beau livre #5, David Hockney

« Je préfère vivre en couleur » David Hockney Voici une phrase dont il ne faudrait surtout pas faire l’erreur d’ignorer les multiples significations qu’elle peut avoir lorsque l’on entreprend d’évoquer l’œuvre et la vie de l’artiste né en 1937 au Royaume-Uni. Après la Tate Modern de Londres, c’est le centre Pompidou, qui accueille, pour encore quelques jours, l’exposition David Hockney, un peintre, un figuratif, a priori bien loin des tendances actuelles de l’art contemporain, un grand connaisseur de l’histoire de l’art, il signe en 2001 un impressionnant ouvrage sur les techniques et secrets des peintures des grands maîtres tel que Vermeer, Le Caravage, Ingres… ce qui ne l’empêche pas d’exposer fin 2010, à la fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, ses peintures sur IPad et IPod, dans l’exposition « Fleurs fraîches ». Un artiste donc, à 80 ans, résolument de son temps. Artiste devenu quasiment personnage, son allure inspire encore nombre de créateurs de mode, c’est à ce jour la plus importante rétrospective de son travail...

Mr Ripley, sors de ce sublime thriller !

Quand la lutte des classes sert la fascination d'un garçon issu d'un milieu modeste pour SON meilleur ami,  lui, riche héritier de la haute société britannique, c'est l'Invitation, le très excitant second livre traduit en Français d'Elizabeth Day, journaliste (et romancière) à la carrière précoce. Pourquoi l'invitation ? Le couple formé par Ben et Séréna, thèse parfaite de ce que la société britannique peut produire de plus odieux, à qui tout réussit, fortune, naissance (cela va de soi), beauté, glamour…. relations, enfants épanouis… invite donc le gratin londonien pour les 40 ans de Ben. Sont invités Martin et Lucy, qui naviguent à vue dans le sillage de Ben et Séréna, les maîtres du monde. Mais Martin n'est pas n'importe qui. C'est celui qui a tout mis en oeuvre pour devenir le meilleur ami de Ben et à être adopté par sa riche famille… Lors de cette réception, un événement tragique va avoir lieu... Par un procédé habile et totalement maîtrisé de retours en arrière dans le...

Tu vas pouvoir faire ton coming-out dans un jeu de foot

Reconnaissance au travers de la culture et des loisirs La reconnaissance de l'homosexualité dans tous les pans de la société avance à pas rapides. Certes on peut diversement apprécier la façon dont elle est traitée, néanmoins on ne peut nier que la visibilité est déjà une réalité dans le cinéma, à la télé et dans le monde des séries (tv et internet), entre autres. Alors que l'homosexualité a d'abord été traitée par Hollywood d'une manière caricaturale, puis dans les séries télé, il est intéressant de noter que cette représentation a évolué et que des personnages dont la caractéristique principale n'était plus seulement leur homosexualité ont commencé à apparaître. Le monde des jeux vidéo récemment a vu apparaître des personnages homo ou trans, et l'homosexualité s'insère maintenant dans des champs dont le sujet de l'homosexualité est loin d'être central. En gros la lesbienne du film n'est plus là juste pour faire lesbienne du coin. Aujourd'hui c'est l'éditeur de jeux vidéos SEGA, à l'origine d'une franchise de jeu de...

Du cul, du cul, du cul (une rentrée littéraire LGBT)

Mais GENRES étant une publication honorable, j’ai décidé de parler de littérature à nos lecteurs et lectrices, et de surfer sur le marronnier du moment, la rentrée littéraire. Ça tombe bien. Dans ses 40 incontournables, les Inrocks proposait cette année pas moins de trois romans LGBT. Vous saurez donc tout (ou au moins l’essentiel) sur Amours sur mesure (Mathieu BERMANN), Les Parisiens (Olivier PY) ou L’Innocent (Christophe DONNER), sans même avoir osé le demander ! Amours (dans la) démesure Commençons par ceux qui font leur toute première rentrée. Mathieu BERMAN, 30 ans pile poil au compteur, sort son tout premier roman, Amours sur mesure, aux éditions P.O.L. Un roman assez court, très générationnel, à la première personne. Le narrateur a lui aussi une trentaine d’années. Le personnage principal aime coucher avec d’autres hommes. Et sa compagne aussi est libre d’aller avec qui elle veut, quand elle veut. Bien dans ses baskets, il vit à Paris, est en couple depuis plusieurs années avec Lisa. Un couple libre, qui vit une sexualité...

Frede, de Denis Cosnard

Comme le tableau d’une époque révolue ! Un autre moment de notre histoire, celui des lesbiennes en costard et cravate… La vie mouvementée de Frede est parfaite pour l’illustrer. Après des études écourtées d’art et de peintre, celle qui est alors Suzanne ou Jeanne Morin gagne sa vie en peignant des décors pour les Folies bergères où triomphe Mistinguett… Un autre monde où elle fait aussi, sans enthousiasme, elle, la « garçonne », de la figuration. Muette, elle plaît et on lui conseille Le Monocle, la boîte homo de Frankie, où se retrouve toute la clientèle de Montparnasse, du Select à La Coupole, en 1932. À cette époque, les boîtes sont Liberty’s, Yeddo, Clair de Lune, Chez Tonton, et, pour les lesbiennes, moins nombreuses, Le Fétiche, de Moune Carton, La Vie parisienne, de Suzy Solidor rue Ste-Anne. Elle change de look, de nom, endosse un costume horrible à porter tant il est amidonné, dit-elle ; mais elle plaît, se plaît ; elle a 20 ans. Elle rencontre Anaïs...