Pas si Trans-parent

« Transparent » est un jeu de mot en anglais (mais ça marche en français aussi) entre les mots « Trans » et « Parent » évidement associés dans le titre de la série… mais aussi cela veut dire invisible ou translucide, on voit « à travers » et aussi quelque chose de très clair et évident. C’est parfait comme titre pour cette histoire de famille et avant tout d’amour où la transparence/l’honnêteté du personnage principal, le père, est à la fois décapante et touchante. L’action se situe en Californie, dans une famille avec deux parents divorcés et trois enfants (2 filles et un garçon), la vingtaine et trentaine. Une famille plutôt aisée avec des rapports très directs et francs. On se dit tout à tout moment. On rigole, on se dit des choses dures, sans complexe, avec amour. On comprend vite que les parents se sont séparés il y a des années et que les rapports sont cordiaux. On apprend aussi très vite que...

Rendez-vous avec Jean-Baptiste Huong et ses modèles sexys

A partir de ce mois d'octobre, Genres publiera régulièrement le travail de Jean-Baptiste Huong, un jeune photographe très prometteur, dont nous soutenons à 100 % le travail. Pas racoleuses, jamais agressives, ses photos nous touchent parce qu'elles présentent un univers doux, tendre et harmonieux. Nous espérons que vous partagerez notre enthousiasme. http://jeanbaptistehuong.com/

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...

Compartiment fumeuses au théâtre

Un involontaire trio de femmes en prison. Suzanne, la forte récidiviste des carnets de chèques vides, qui doit s’affirmer. Ici, cette prolote fabrique des cadres en coquillages. Elle est, non, fût… mariée et mère. Blandine arrive, mademoiselle de Neuville, bourgeoise, intello. Cette criminelle attend la suite de loa procédure. Partage des lieux houleux, tensions renforcées par Suzanne (eh oui!), la surveillance à l’air de gouine, ambivalente « chef » qui semble, tout en la bousculant, amoureuse de Suzanne. On peut imaginer la violence des rapports et des discussions surtout quand on apprend que Blandine est là pour avoir tué son père-mari qui la violait depuis ses 8 ans. Mais, de fait, loin d’un huis-clos étouffant plus où moins attendu, des éclats de rire, une brise légère ressentie dès qu’elles rêvent de la mer se ressent… Et puis les deux lits se rapprochent et, tout simplement, elles s’aiment et découvrent l’amour… jusqu’à la séparation finale car les lesbiennes qui s’aiment en prison… Agréable, donc, léger du texte de Joëlle Fossier à...
Affiche féministe

Iconographie lesbienne : rendre visible pour inspirer

Rendre visible pour inspirer. C’est l’un des grands rôles que jouent les images dans nos vies, parfois même inconsciemment. Qu’elles nous émeuvent, nous fassent rêver, nous rebutent ou nous scandalisent, les images nous font toujours réfléchir. Leur impact se mesure aussi dans le fait de les fuir : si au cœur de toute tentative d’indifférence, nous refusons en quelque sorte d’écouter ce que nous percevons, c’est bien que ce que nous voyons agit de manière directe sur nous.   L'art de l'affichage Les affiches font partie intégrante de l’histoire du militantisme et de l’émancipation, identitaire ou sociale. Support d’une iconographie particulièrement libre et créative, l’art de l’affiche est souvent subversif et d’une rare diversité. Le collectif féministe La Rage a débuté sa collecte d’affiches féministes et lesbiennes depuis juin 2015, et invite depuis toute personne le souhaitant à collaborer en contribuant à agrandir cette grande collection d’affiches militantes qui seront par la suite gratuitement téléchargeables depuis leur site Internet. Projet à but non lucratif et mené complètement...

Tazzio Paris : esquisse d’un photographe en mutation

Hugues DEMEUSY : Bonjour Tazzio, comment es-tu venu à la photo ? Tazzio Paris : Par le biais du dessin, à travers mon goût pour les visages. J'ai commencé à utiliser une caméra pour étudier les expressions et la mobilité des traits. Je voulais réaliser une série d'animation dont j'avais écrit le scénario et m'inspirer de vrais visages. Le projet n'a pas abouti et je suis passé à la photo, moins onéreuse à produire qu'un film. Les garçons et les filles dont tu captes la présence ont-ils quelque chose à part ? C'est leur capacité à provoquer chez moi le désir de vivre un moment de partage, hors du temps... qui me fascine. Pour le temps d'un shooting. Certains modèles sont créatifs, c'est stimulant. J'aime bien improviser et expérimenter. Parfois avec des matières, de la couleur ou des accessoires. Les raisons qui poussent les modèles à poser sont très diverses, aussi, je prends le temps d'échanger, ça conditionne la façon dont se déroule la prise de vue. Il arrive que la...

Pride, chroniques de la révolution gay

Érik Rémès est journaliste depuis les années 80, psychologue au sein d’ateliers d’expressions artistiques d’adolescents psychotiques, autistes ou trisomiques, auteur de livres — Je bande donc je suis, Serial Fucker, journal d’un barebaker —, d’essais dès les années 1999, et sexologue. … 1992-2005, le projet de présenter un panorama tout à la fois parcellaire et exhaustif de la communauté gay, rendre compte d’une tranche d’histoire individuelle et collective riche et forte, peut-être la plus riche de l’histoire de la communauté gay…  Possible ? … Aujourd’hui, en 2017, la plupart de nos revendications ont été reconnues et la communauté gay est tombée dans une morbide léthargie. Même le marais gay, quartier historique de la communauté est en train de sombrer, vendu au grand capital. Le dormeur doit se réveiller. Certains de ses textes, de 1992 à 2005, sont regroupés dans Pride, selon douze thèmes : visibilité, communauté, mariage, homoparentalité, homophobie, hétérophobie, politique, homonormativité, subversion, drogue, sexe, sida, prévention, bareback, années sida. Ils ont été publiés dans des...

Hervé Joseph Lebrun : le porno gay seventies dans le coeur

Bonjour Hervé Joseph, tu es "conseiller historique" du film de Yann Gonzalez, « Un couteau dans le cœur », dont l'intrigue se passe dans le milieu du porno gay de la fin des années 70. Comment es-tu arrivé sur ce projet et comment cela s'est-il passé ? À l’occasion de la sortie du « Dictionnaire des films érotiques et pornographiques français en 16 et 35 mm », dictionnaire sous la direction de Christophe Bier pour lequel j'étais un des contributeurs et superviseur des films homos, une soirée spéciale, « La Nuit de la grande chaleur », a été organisée à La Cinémathèque française le 11 juin 2011. Trois films étaient programmés dont « Maléfices pornos » (Éric de Winter, 1978) produit par Anne-Marie Tensi (AMT). Yann Gonzalez était présent et, de cette soirée, est née l'idée de réaliser un film autour d'Anne-Marie Tensi. J'étais en train de réaliser le film documentaire « Mondo Homo: A Study of French Gay Porn in the '70s » (2014) où un...

M. Ripley est de retour

Comble du luxe (car c'en est un pour les aficionados de la reine du polar psychologique dont je suis), utiliser en couverture les visuels à base de dessins très stylisés, sur aplats de couleurs vives. Mais autant vous le dire tout de suite, le seul, le vrai, le grand roman de la série (quatre livres), c'est le premier, j'ai nommé Le talentueux M. Ripley ! L'intrigue (géniale, extraordinaire….) a fait l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques dont une en France, avec Plein Soleil. Porté à l'écran par René Clément à la fin des années 60, avec Alain Delon et Maurice Ronet en tête d'affiche, le film est construit sur une intrigue différente du livre, ou plutôt, le long-métrage démarre à un moment clé qui intervient dans le livre beaucoup plus tard. Mais le résultat reste époustouflant et le suspense est à son comble, porté par un Delon solaire, inquiétant, malsain au possible. Autre scénario pour Le Talentueux M. Ripley, tourné par Anthony Menghella au début des années 2000...