Pas de retraite pour notre sexualité !

L’idée. Une campagne nationale intitulée Révolutionsenior lancée le 8 septembre au Centre LGBT Paris (présente jusqu'au 14, avant de voyager en particulier à la Mairie de Paris lors de la semaine contre les discriminations), qui doit déclencher une prise de conscience, un débat et une évolution des mentalités. Des objectifs certes ambitieux mais qui seront atteints, vu l'énergie déployée par les membres de Grey-Pride. Francis Carrier, le président de l'association nous en parle ! #REVOLUTIONSENIOR pour briser nos représentations et les tabous concernant la vieillesse Jugée par certains "osée",  mais avant tout déclinée sur un mode drôle et léger, sans prétention, ces visuels donnent une nouvelle dimension aux seniors, plus ancrés dans notre quotidien. Ils montrent les multiples combinaisons auxquelles se sont prêtées les modèles improvisés de cette campagne, qui explorent toutes les possibilités, selon genres et sexualités. Parler enfin de la sexualité des seniors L'objectif est avant tout de ré-humaniser notre vision de la vieillesse. Nous devenons vieux ou vieille quoi qu'il arrive, (si tout se passe bien) mais...

Sport et diversité gagnent des points

Si vous vous rendez au Centre LGBT de Paris en ce moment, vous découvrirez les œuvres réalisées par le photographe Franck Weens et le peintre Serge Krewiss. Comment et pourquoi les deux artistes ont associé leur talent pour créer ces "tableaux" à la gloire du Sport et de la diversité ? Nous avons voulu le savoir en rencontrant un des deux  membres de ce duo artistique prometteur, Franck Weens… Hugues Demeusy : Vous exposez votre travail  pour célébrer les Gay-Games de Paris au Centre LGBT Paris Ile de France durant le mois d’août. Racontez nous tout d'abord votre parcours artistique ? Franck : J'ai découvert la photo en 2005, au début de l’ère de la photographie numérique, puis suis devenu photographe professionnel en 2010. J'aime particulièrement les photos de sport, d’où ma participation en tant que responsable d’équipe et photographe pour Paris 2018 / Gay Games 10. Je suis également le photographe officiel de la European Snow Pride à Tignes qui a lieu tous les ans en...

Hervé Joseph Lebrun : le porno gay seventies dans le coeur

Bonjour Hervé Joseph, tu es "conseiller historique" du film de Yann Gonzalez, « Un couteau dans le cœur », dont l'intrigue se passe dans le milieu du porno gay de la fin des années 70. Comment es-tu arrivé sur ce projet et comment cela s'est-il passé ? À l’occasion de la sortie du « Dictionnaire des films érotiques et pornographiques français en 16 et 35 mm », dictionnaire sous la direction de Christophe Bier pour lequel j'étais un des contributeurs et superviseur des films homos, une soirée spéciale, « La Nuit de la grande chaleur », a été organisée à La Cinémathèque française le 11 juin 2011. Trois films étaient programmés dont « Maléfices pornos » (Éric de Winter, 1978) produit par Anne-Marie Tensi (AMT). Yann Gonzalez était présent et, de cette soirée, est née l'idée de réaliser un film autour d'Anne-Marie Tensi. J'étais en train de réaliser le film documentaire « Mondo Homo: A Study of French Gay Porn in the '70s » (2014) où un...

Le beau livre #12, Outlandish /Room/ par Marc Kiska

David Lachapelle, Anthony Gayton, Justin Monroe, Simen Johan… autant de références et d’évocations qui si elles semblent évidentes de prime abord sont à évacuer assez vite, tant « l’écriture » photographique de Marc Kiska est singulière et personnelle. Dans son ouvrage « Outlandish /Room/ » le photographe semble vouloir se frayer un chemin, ce sera tortueux, boueux et brumeux, escarpé… au cœur de la ville ou dans des bois sombres, dans l’intimité d’une chambre exiguë ou bien perdus dans de vastes forêts oniriques, ses photographies sont comme des balises d’un parcours initiatiques au milieu des méandres et troubles adolescents. Dans des mises en scènes soignées, de réelles compositions plastiques, que l’on devine parfois empruntées aux grand maîtres de la Renaissance, les corps et les objets de Marc Kiska, naviguent entre ombres et illuminations, sont comme des offrandes déposées sur un autel. Des offrandes et même des sacrifices, que l’on imagine dans ces temples païens, des toits d’immeubles de villes anonymes, des maisons hitchcockiennes ou encore des lieux abandonnés...

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Tazzio Paris : esquisse d’un photographe en mutation

Hugues DEMEUSY : Bonjour Tazzio, comment es-tu venu à la photo ? Tazzio Paris : Par le biais du dessin, à travers mon goût pour les visages. J'ai commencé à utiliser une caméra pour étudier les expressions et la mobilité des traits. Je voulais réaliser une série d'animation dont j'avais écrit le scénario et m'inspirer de vrais visages. Le projet n'a pas abouti et je suis passé à la photo, moins onéreuse à produire qu'un film. Les garçons et les filles dont tu captes la présence ont-ils quelque chose à part ? C'est leur capacité à provoquer chez moi le désir de vivre un moment de partage, hors du temps... qui me fascine. Pour le temps d'un shooting. Certains modèles sont créatifs, c'est stimulant. J'aime bien improviser et expérimenter. Parfois avec des matières, de la couleur ou des accessoires. Les raisons qui poussent les modèles à poser sont très diverses, aussi, je prends le temps d'échanger, ça conditionne la façon dont se déroule la prise de vue. Il arrive que la...

Les rencontres extérieures de Julien Diez

De Bordeaux à Londres... Bordelais de 34 ans, diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts, Julien Diez se confronte à Londres aux photographes Larry Clark et Willie Doherty qui vont influencer son engagement artistique futur. De retour en France, il est l'assistant de l'artiste Alberto Sorbelli, un performeur reconnu et provocateur. Quelque 18 ans après, ces trois artistes sont encore très présents dans le travail photographique de Julien, qui sera notamment choisi dans le cadre de la commémoration des attentats de Charlie Hebdo, dans plusieurs lieux bordelais. Éphéméride La série de photo Éphéméride que nous vous présentons a été réalisée entre l'été 2016 et l'hiver 2017. Elle représente une créature hybride au corps musclé dont les prises de vues cartographient les esplanades Mériadeck de Bordeaux. Ce lieu a cela de particulier qu'il est fréquenté par différentes communautés : des groupes de sportifs s'exerçant au "parcours" ou au "cross fit", le jour et la nuit venue, les esplanades servent de terrain de chasse aux gays locaux. . Julien Diez a...

Le beau livre #10, Androgyne, Une image de mode et sa mémoire, Patrick Mauriès

« Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. C’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. » Le Banquet, Discours d’Aristophane, Platon C’est sans aucun doute l’un des jeux préférés des créatifs, des artistes, auteurs, des grandes muses et autres personnages originaux, et ce depuis toujours, de Platon et de son mythe de l’Androgyne, des frasques de Philippe d’Orléans, dit « Monsieur » le frère de Louis XIV, du chevalier d’Éon hier, jusqu’aux femmes en smoking de Yves Saint Laurent pour l’automne-hiver 1966, peut-être la plus iconique des créations du couturier, mais aussi les hommes en jupe sur le podium de Jean-Paul Gaultier, les créatures ambiguës de Riccardo Tisci pour Givenchy, la campagne de publicité du prêt-à-porter féminin...

Emmanuel Barrouyer, c’est quoi un artiste queer ?

Rencontre avec un défricheur que rien n'arrête. On peut s'égarer dans les nombreuses formes artistiques que tu proposes, alors dis-nous quelle est ta démarche ? Il est vrai qu’en France j’ai l’impression qu’on a toujours besoin d’entrer dans une case précise, au risque de perdre les gens. Moi, j’ai un besoin de créativité permanent, besoin qui n’est pas satisfait par mon métier de comédien. Je dirais que c’est une créativité en mouvement : je ne me pose pas de question, je ne me mets pas de limite, pas de cadre, j’essaye simplement d’exprimer quelque chose de sincère et les différents thèmes de mon travail sont les facettes d’une seule et même œuvre mais qui se multiplie, qui est transgenre, parce que justement je n’aime pas être dans une case. J’ai besoin de liberté. Je me sens bien dans cette créativité sans freins, sans censure (excepté sur les réseaux sociaux), en allant exactement à l’endroit où j’ai envie d’aller. Et si les gens se perdent tant mieux, cela veut dire...