Le beau livre #4, Undressed, Mario Testino

Dernier projet éditorial de l’éditeur Taschen et du photographe de mode Mario Testino, Undressed, invite à l’effeuillage, cet ouvrage se propose de dresser un panorama des photos de nus les plus marquantes du photographe Mario Testino, adepte d’une esthétique léchée et sensuelle ou juste là lorsqu’il s’agit de capturer ces moments aussi torrides qu’éphémères. les photos de Testino font se côtoyer les mannequins les plus en vues, et des anonymes, des filles parfaites et des garçons androgynes, ou peut-être est-ce l’inverse… Réunissant une cinquantaine de photographies, certains clichés issus des archives du studio du photographe sont ici publiés pour la première fois. Figure incontournable des années porno chic, période Tom Ford chez Gucci, il est régulièrement plébiscité pour les séries mode de magazines prestigieux, ou de sulfureuses et luxueuses campagnes de publicité. Un entretien accordé à l’ancienne et emblématique rédactrice du Vogue Paris et créatrice du CR Fashion Book, Carine Roitfeld, éclaire sur les volontés esthétiques du travail du photographe. Images au luxe décomplexé,...

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Gaspard Noël, photographe habité dans le plus simple appareil

Hugues Demeusy : Comment es tu venu à la photo ? Gaspard Noël : Mon père, féru de voyages et de photographie, nous y a initiés très jeunes, mon frère et moi. Je devais avoir une dizaine d'années lorsque j'ai eu droit à mon premier petit boitier et je n'ai depuis jamais cessé de photographier. Quel sens donnes-tu à ton travail photographique ? J'envisage ma pratique de la photographie, que j'appelle "Autoportraits métaphysiques", comme une pratique de vie, et j'essaye d'y insuffler tout ce que peuvent m'inspirer à la fois mon quotidien, l'actualité, mes expériences personnelles, et les univers littéraires et visuels que je croise. Je crois que la meilleure façon d'aborder mon univers, très touffu, est de le considérer comme une recherche philosophique. Par conséquent, on y retrouve principalement des interrogations sur la raison d'être de l'homme sur Terre, sur ce que pourrait être une existence juste, à la fois sage, pacifique et non-ennuyeuse. Dans cette recherche, je donne effectivement beaucoup d'importance au plaisir infini que peut...

Le beau livre #10, Androgyne, Une image de mode et sa mémoire, Patrick Mauriès

« Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle, et en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. C’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, dont elle était formée. » Le Banquet, Discours d’Aristophane, Platon C’est sans aucun doute l’un des jeux préférés des créatifs, des artistes, auteurs, des grandes muses et autres personnages originaux, et ce depuis toujours, de Platon et de son mythe de l’Androgyne, des frasques de Philippe d’Orléans, dit « Monsieur » le frère de Louis XIV, du chevalier d’Éon hier, jusqu’aux femmes en smoking de Yves Saint Laurent pour l’automne-hiver 1966, peut-être la plus iconique des créations du couturier, mais aussi les hommes en jupe sur le podium de Jean-Paul Gaultier, les créatures ambiguës de Riccardo Tisci pour Givenchy, la campagne de publicité du prêt-à-porter féminin...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...
Zhu Mingxiang

Zhu Mingxiang : « beauté de la nudité, magie du corps et liberté d’être gay »

Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la libraire Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3ème Semaine LGBT chinoise. Quel fut ton parcours avant de venir en France ? Exposition de photos ZHU MINGXIANG Corps & Âme du 25 janvier au 15 février 2017 Vernissage le mercredi 1 février 2017 à 19h Librairie Les Mots à la Bouche 6 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris 4e Zhu Mingxiang : J'ai beaucoup voyagé depuis 2009, de l’Afrique à l’Asie en passant par l'Europe. Ce fut pour moi l'occasion de développer ma connaissance des différentes cultures. En 2012, je me suis installé à Paris, dont l'effervescence culturelle est une source d'inspiration. Comment est née l'idée de cette exposition ? Lorsque je suis arrivé ici, je pratiquais de la photographie de style documentaire, au quotidien, un peu à la façon de Cartier-Bresson. J’étais alors très attaché au noir et blanc. Après quelque temps, j'ai commencé à cherché mon style photographique propre, avec lequel je pourrais garder une...

Il sublime le corps des garçons et murmure à leur esprit

Hugues : Comment es-tu venu à la photo ? Jean-Baptiste : J'ai eu mon premier appareil reflex à 15 ans et j'ai commencé surtout à prendre la famille, les amis. Puis, j'ai fait des études de cinéma car je voulais devenir directeur de la photo ou monteur. Finalement j'ai opté pour le montage car j'avais une opportunité dans le milieu de la télévision. Mais j'ai continué à prendre en photo des gens que j'aimais autour de moi et ce jusqu'à maintenant. C'était devenu une passion, un hobby. J'ai toujours été en admiration pour des photographes tels que Man Ray, Mapplethorpe, et beaucoup plus tard, Helmut Newton, Peter Lindberg, Bruce Weber, Herb Ritts, Pierre et Gilles et Paul Freeman qui ont toujours su capter des émotions particulières et des corps dans toute leur splendeur, toujours parsemées d'érotisme. Je suis aussi très fan de la peinture de la Renaissance. Je pense que l'ambiance de mes photos reflète donc tout cela. Quel rapport entretiens tu avec tes modèles ? Comment les recrutes-tu  ? J'ai besoin...

Rencontre avec Ludovic Seth : architecte de nos désirs…

Hugues : Bonjour Ludovic, comment es-tu venu à la photo ? Ludovic : Je me suis assez tôt intéressé à la photographie et au dessin, avant même de m'engager dans mes études d'architecte. L'une comme l'autre étaient pour moi des outils indispensables pour saisir le monde qui m'entoure, et en livrer un regard très personnel. J'ai débuté par l'argentique, avec une formation à la Faculté des Arts à Montréal, et suis passé au numérique il y a une dizaine d'année. Pourquoi as-tu choisi d'explorer l'univers du nu masculin ? Avec ma profession, l’espace, et le rapport du corps à l’espace ont peu à peu construit les bases de mon univers artistique. Débarrassé de ses vêtements, le corps mis à nu est dégagé de toute connotation sociale, on peut exprimer un large répertoire d’émotions, que l'approche soit figurative ou narrative, ou plus abstraite, comme l'une de mes toutes premières séries, "Bodyscapes". Etant gay, je suis plus sensible à la plastique masculine ; elle offre qui plus est une incroyable étendue de...

Emmanuel Barrouyer, c’est quoi un artiste queer ?

Rencontre avec un défricheur que rien n'arrête. On peut s'égarer dans les nombreuses formes artistiques que tu proposes, alors dis-nous quelle est ta démarche ? Il est vrai qu’en France j’ai l’impression qu’on a toujours besoin d’entrer dans une case précise, au risque de perdre les gens. Moi, j’ai un besoin de créativité permanent, besoin qui n’est pas satisfait par mon métier de comédien. Je dirais que c’est une créativité en mouvement : je ne me pose pas de question, je ne me mets pas de limite, pas de cadre, j’essaye simplement d’exprimer quelque chose de sincère et les différents thèmes de mon travail sont les facettes d’une seule et même œuvre mais qui se multiplie, qui est transgenre, parce que justement je n’aime pas être dans une case. J’ai besoin de liberté. Je me sens bien dans cette créativité sans freins, sans censure (excepté sur les réseaux sociaux), en allant exactement à l’endroit où j’ai envie d’aller. Et si les gens se perdent tant mieux, cela veut dire...