Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Le beau livre #12, Outlandish /Room/ par Marc Kiska

David Lachapelle, Anthony Gayton, Justin Monroe, Simen Johan… autant de références et d’évocations qui si elles semblent évidentes de prime abord sont à évacuer assez vite, tant « l’écriture » photographique de Marc Kiska est singulière et personnelle. Dans son ouvrage « Outlandish /Room/ » le photographe semble vouloir se frayer un chemin, ce sera tortueux, boueux et brumeux, escarpé… au cœur de la ville ou dans des bois sombres, dans l’intimité d’une chambre exiguë ou bien perdus dans de vastes forêts oniriques, ses photographies sont comme des balises d’un parcours initiatiques au milieu des méandres et troubles adolescents. Dans des mises en scènes soignées, de réelles compositions plastiques, que l’on devine parfois empruntées aux grand maîtres de la Renaissance, les corps et les objets de Marc Kiska, naviguent entre ombres et illuminations, sont comme des offrandes déposées sur un autel. Des offrandes et même des sacrifices, que l’on imagine dans ces temples païens, des toits d’immeubles de villes anonymes, des maisons hitchcockiennes ou encore des lieux abandonnés...

Gaspard Noël, photographe habité dans le plus simple appareil

Hugues Demeusy : Comment es tu venu à la photo ? Gaspard Noël : Mon père, féru de voyages et de photographie, nous y a initiés très jeunes, mon frère et moi. Je devais avoir une dizaine d'années lorsque j'ai eu droit à mon premier petit boitier et je n'ai depuis jamais cessé de photographier. Quel sens donnes-tu à ton travail photographique ? J'envisage ma pratique de la photographie, que j'appelle "Autoportraits métaphysiques", comme une pratique de vie, et j'essaye d'y insuffler tout ce que peuvent m'inspirer à la fois mon quotidien, l'actualité, mes expériences personnelles, et les univers littéraires et visuels que je croise. Je crois que la meilleure façon d'aborder mon univers, très touffu, est de le considérer comme une recherche philosophique. Par conséquent, on y retrouve principalement des interrogations sur la raison d'être de l'homme sur Terre, sur ce que pourrait être une existence juste, à la fois sage, pacifique et non-ennuyeuse. Dans cette recherche, je donne effectivement beaucoup d'importance au plaisir infini que peut...

Rendez-vous avec Jean-Baptiste Huong et ses modèles sexys

A partir de ce mois d'octobre, Genres publiera régulièrement le travail de Jean-Baptiste Huong, un jeune photographe très prometteur, dont nous soutenons à 100 % le travail. Pas racoleuses, jamais agressives, ses photos nous touchent parce qu'elles présentent un univers doux, tendre et harmonieux. Nous espérons que vous partagerez notre enthousiasme. http://jeanbaptistehuong.com/
Zhu Mingxiang

Zhu Mingxiang : « beauté de la nudité, magie du corps et liberté d’être gay »

Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la libraire Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3ème Semaine LGBT chinoise. Quel fut ton parcours avant de venir en France ? Exposition de photos ZHU MINGXIANG Corps & Âme du 25 janvier au 15 février 2017 Vernissage le mercredi 1 février 2017 à 19h Librairie Les Mots à la Bouche 6 Rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris 4e Zhu Mingxiang : J'ai beaucoup voyagé depuis 2009, de l’Afrique à l’Asie en passant par l'Europe. Ce fut pour moi l'occasion de développer ma connaissance des différentes cultures. En 2012, je me suis installé à Paris, dont l'effervescence culturelle est une source d'inspiration. Comment est née l'idée de cette exposition ? Lorsque je suis arrivé ici, je pratiquais de la photographie de style documentaire, au quotidien, un peu à la façon de Cartier-Bresson. J’étais alors très attaché au noir et blanc. Après quelque temps, j'ai commencé à cherché mon style photographique propre, avec lequel je pourrais garder une...

Il sublime le corps des garçons et murmure à leur esprit

Hugues : Comment es-tu venu à la photo ? Jean-Baptiste : J'ai eu mon premier appareil reflex à 15 ans et j'ai commencé surtout à prendre la famille, les amis. Puis, j'ai fait des études de cinéma car je voulais devenir directeur de la photo ou monteur. Finalement j'ai opté pour le montage car j'avais une opportunité dans le milieu de la télévision. Mais j'ai continué à prendre en photo des gens que j'aimais autour de moi et ce jusqu'à maintenant. C'était devenu une passion, un hobby. J'ai toujours été en admiration pour des photographes tels que Man Ray, Mapplethorpe, et beaucoup plus tard, Helmut Newton, Peter Lindberg, Bruce Weber, Herb Ritts, Pierre et Gilles et Paul Freeman qui ont toujours su capter des émotions particulières et des corps dans toute leur splendeur, toujours parsemées d'érotisme. Je suis aussi très fan de la peinture de la Renaissance. Je pense que l'ambiance de mes photos reflète donc tout cela. Quel rapport entretiens tu avec tes modèles ? Comment les recrutes-tu  ? J'ai besoin...

Les 12 voyages amoureux de Jean-Baptiste Huong

Les éléments et les hommes sont en harmonie Les photos de Jean-Baptiste Huong sont belles, pures, d'une simplicité extrême... Elles évoquent quiétude et harmonie. Les éléments (Terre, Eau, Air) sont présents dans ce qu'ils apportent de plaisir, de sensualité... Le regard "amoureux" du photographe Si tous ses modèles sont poilus, barbus, très mâles... il émane de leur attitude une vraie douceur... ils se sentent aimés par le regard du photographe. Ce n'est pas un hasard. Jean-Baptiste cultive une relation quasi amoureuse avec ces garçons qui, du coup, lui donne ce qu'ils n'offriraient pas forcement à un autre. C'est sans doute un des secrets qui fait le prix du travail de Jean-Baptiste Huong, dont nous vous présentons régulièrement les photos. Sweet Fantaisies Diary calendar 2018 Son calendrier, où chaque mois est illustré de la plus belle manière par une composition qu'on pourrait imaginer née du hasard, est à n'en pas douter le fruit de son regard amoureux...  Il ravira votre année 2018, sous les auspices de la beauté et de la générosité. En vente en exclusivité...

Jacques de Bascher, dandy de l’ombre

Vénéneux, hypnotique, addictif, stupéfiant, empoisonnant, dandy morbide… c’est presque immanquablement que s’impose le champ lexical des drogues et du ravage lorsque l’on évoque Jacques de Bascher. Ange ou démon ? Ses aléas et turpitudes, valaient bien une biographie, riche de documents et de témoignages, la journaliste Marie Ottavi, livre le récit d’une vie, que nombre de romanciers auraient aimé imaginer, dans les paroles de ceux qui l’ont aimé ou détesté, c’est aussi le portrait de toute cette période à part, du Paris nocturne et sans limite des années 80. D’ascensions fulgurantes, en chute vertigineuse, croiser Jacques de Bascher, même sur le papier, c’est frôler l’insolence et la décadence, c’est tutoyer les plus grands, c’est brosser le portrait de toute une époque, des bas fonds et de ce que brille, de toute une nuée de célébrités, héritières, fils et filles de, noblesse désargentée, artistes et bien sûr les deux légendes que sont Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld, c’est d’ailleurs autour de ce dernier que s’articulera...

Le beau livre #7, David LaChapelle, Lost + Found & Good News

Après les tout aussi monumentaux Artists & Prostitutes, LaChapelle Land, Hotel LaChapelle, Heaven to Hell parus entre 1996 et 2006, Lost + Found et Good News sont les deux derniers ouvrages présentant les plus récents travaux du photographe américain, aussi réalisateur et à l’origine de nombreuses campagnes de publicité loin d’être passées inaperçues comme ces images engagées pour la marque Diesel. Dans un univers onirique, pop, un monde ou le vrai a l’air faux, un monde luxuriant mais grinçant David LaChapelle (né en 1963) se joue des normes et des conventions, dans ces images, hyper-précises et composées comme des toiles de maîtres, c’est dans un univers identifiable entre mille, là où se tutoie le kitsch et l’antique, l’onirique et le trash, le sexy et le sacré, qu’il nous balade. De décadences en étrangetés, c’est toutes les icônes de la planète pop, superstars ou célébrités underground qui ont défilé sous son objectif, Pamela Anderson, David Beckham, Amanda Lepore, Madonna, Lady Gaga, Paris Hilton, David Bowie,...