Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Peintre et modèle : une psychanalyse picturale par Jean-Philippe Blondel

Dans la mise à nu, son dernier roman, Jean-Philippe Blondel dont on avait adoré Une saison à Paris, raconte les retrouvailles entre un professeur d'anglais en fin de carrière et un des ses élèves devenu peintre. Jean-Philippe Blondel explore dans ses livres les relations intimes qui se créent entre des personnages ayant des parcours très éloignés, et qui bouleversent leur vie. Et même s'il s'en défend dans l'interview qui suit, il crée des caractères d'homosexuels qui ont un rôle important voire crucial dans la suite de l'intrigue. Rencontre avec un auteur secret peu bavard mais dont les romans sont des joyaux... Hugues Demeusy : Dans la mise à nu, un vieux professeur d'anglais retrouve un de ses anciens élèves devenu peintre à succès. Ils vont vivre une expérience extraordinaire ? Jean-Philippe Blondel : Oui, ils vont entreprendre une expérience peu commune - le professeur va devenir le modèle de son ancien élève et poser pour lui. Ce tête à tête va les obliger à se regarder, à se considérer,...

Piros : « mon travail est motivé par l’étude du vivant »

Salut Piros ! En fait on aurait dû se parler l'été dernier, pour la sortie de GENRES mais mon message s'est perdu dans ton Facebook...Est-ce un prétexte pour ne pas répondre aux interviews ? (rires) Piros : Salut Olivier ! Oui j'ignore ce qui s'est passé, ton message s'est perdu dans les méandres de Facebook et il est réapparu le premier de l'an. Donc me voilà ! Au fait, est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour te faire connaitre ? De quelle manière ? Oui, quand il ne me joue pas des tours, Facebook est un excellent outil de communication. Après cela demande beaucoup de temps car j'essaie autant que possible de répondre aux divers messages et commentaires que l'on me laisse. Je trouve important d'avoir un vrai relationnel avec les personnes qui s'intéressent à mon travail. C'est aussi une super plate-forme pour connaître l'avis du public. Après j'utilise aussi DeviantArt mais c'est moins facile et instinctif. Bien, parlons un peu de ton boulot. Parle-nous un peu...

René de Ceccatty visite l’indomptable Elsa Morante

Elle « espérait qu’aucun biographe ne s’intéresserait à elle » car, disait-elle, la « biographie d’un écrivain n’est qu’une suite de potins », lesquels, « quelle qu’en soit la cible, m’offensent ». Il n’est guère étonnant qu’Elsa Morante ait eu cette crainte, car la personnalité que nous donne à voir le colossal et remarquable travail de René de Ceccatty est à la fois fantastiquement riche et presque tragiquement complexe, entre sa détestation du réel et un « monde intérieur dont elle n’était pas sûre de comprendre le fonctionnement ». Elsa est née le 18 août 1912 à Rome. La question de son véritable géniteur reste posée, son père « officiel » (Augusto), supposément homosexuel, ayant confié le rôle de « faire les enfants » qu’il n’aurait pas à un amant, choisi par lui, de son épouse Irma. La « thèse » du  « père apparent » et du « père biologique » est vite « intégrée à l’imaginaire » de l’écrivain (elle « préférait se dire écrivain au masculin ») en devenir. Dès 1920, elle rédige des contes illustrés, et ses premières publications en revue datent de 1931 (des...

Matcha Phorn In, maman lesbienne thaïlandaise militante !

Avant d’arriver en Thaïlande, nous avons contacté différentes associations LGBTQ pour leur demander si elles pouvaient nous aider à identifier des familles homoparentales. Nous n’avons réussi à identifier que deux familles de lesbiennes avec des enfants mais malheureusement nous n’avons pas pu les rencontrer. Nous voulions tout de même avoir le témoignage d’une famille arc-en-ciel Thaïlandaise, c’est pourquoi nous avons décidé de faire une interview Skype avec Matcha Phorn In. Matcha se définit elle-même comme «faisant partie d’une minorité ethnique, lesbienne, mère et militante et éducatrice pour les droits humains». Elle est devenue militante sur les questions LGBT il y a environ 7 ans et depuis 3 ou 4 ans, elle se bat pour les droits des familles homoparentales. Matcha est directrice de Sangsan Anakot Yawachon (Projet Construire l’Avenir des Jeunes), un projet de développement pour la jeunesse en Thaïlande, permettant aux minorités ethniques, et souvent aux apatrides, d’acquérir une éducation et des compétences de vie, tout en leur permettant de défendre leurs droits et de...

Brahim Metiba, au cœur de la différence

Les mots de Brahim Metiba tintent comme un désespoir de cristal. On passe le doigt dessus et ça sonne juste, c’est pur, chaque phrase fait mouche, offerte là sans fioritures. Subtilement évidente sans être simple pourtant. Car c’est l’inextricable équation de la – ou plutôt des différences qui est posée ici, avec son cortège douloureux de non-réponses synonymes d’exclusion. Récit d’une solitude de sang aux résonances plurielles. « Nous », « eux », « les autres » Brahim Metiba – ou du moins son « double », comme il nous le précise dans l’entretien ci-dessous, s’agissant d’un récit « auto-fictionnel » – a « du mal » avec le « nous » lorsque ce dernier fait référence aux musulmans. « C’est pourtant simple », explique la mère, « il y a “nous”, puis il y a “eux”, les autres, les non-musulmans, les juifs par exemple ». L’assertion est monolithique, surgie d’une vérité elle-même inébranlable. Le « je » qui s’exprime cherche tout de même une faille...

Course de la Saint-Valentin : Cupidon en interview 

Hello Cupidon, de quoi viens-tu me parler aujourd’hui ?  Cupidon : Salut Genres ! Je suis venu parce que le 18 février prochain c’est la course de la Saint Valentin au parc des Buttes Chaumont, et je voudrais que tout-e-s les amoureux-ses le sachent ! Tu as piqué ma curiosité avec ta flèche de Cupidon, dis-m'en plus ! La course de la Saint-Valentin se passe le samedi le plus proche du jour de la Saint-Valentin – alors cette année c’est le samedi 18 février. Près de 1000 coureurs prendront le départ sur deux parcours : le 10 km en solo ou le 5 km en duo. Labellisé par le Comité Départemental des Courses Hors Stade de Paris, le parcours de 10km en solo constitue une des 15 épreuves du Paris Running Tour. Le parcours en duo présente la particularité d’être ouverte ouvert aux couples homme/homme, homme/femme et femme/femme. Et ça fait longtemps que vous courez ? pour tou-te-s les participant-e-s qui souhaitent courir le 5 km en duo et qui n’ont pas de...

Une rencontre émouvante avec deux papas en Nouvelle-Calédonie

Lien direct vers la vidéo Lors de notre passage en Nouvelle Calédonie, nous avons eu la chance de rencontrer deux familles homoparentales composées de deux papas. Ce sont (pour l’instant…) les seules familles avec deux papas que nous avons rencontrées pendant tout le voyage. Nous avons pu interviewer Laurent et Alexandre qui sont les papas de Louis, 10 ans. Laurent et Alexandre sont français et se sont mariés en Belgique, où il résidaient (ils ont aussi la nationalité Belge), il y a un peu plus de 10 ans. Effectivement, contrairement à la France, le mariage était accessible aux homosexuel(le)s en Belgique, ainsi que l’adoption pour les couples homosexuels. Laurent et Alexandre ont suivi le protocole légal après conventionnement avec un Organisme Agréé d’Adoption et comme ils ne pouvaient pas adopter dans la plupart des pays étrangers (qui refusent l’adoption par des couples homosexuels), ils étaient positionnés pour une adoption nationale, c’est à dire l’adoption d’un enfant belge. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils nous ont raconté l’arrivée de Louis dans leur famille. Nous avons eu les...