Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...
Christophe Madrolle

Festival des Cultures LGBT : « passer partout et laisser une trace »

Bonjour Christophe, peux-tu te présenter en quelques mots... Je m’appelle Christophe Madrolle, je suis auteur, compositeur et interprète. J’ai été le premier artiste français à revendiquer ma pansexualité en 2012. Je viens de sortir mon premier album studio WE ARE THE LOVE. Je suis depuis peu membre du conseil d’administration de l’association Bi’Cause qui est une association culturelle et militante pour la visibilité bisexuelle. Votre travail, vos œuvres : peux-tu nous en dire plus sur ta démarche ? Je n’ai pas toujours été impliqué dans la communauté LGBT. Je n’en ressentais pas le besoin jusqu’au jour où j’ai été interviewé sur ma pansexualité. Ce qui a suscité des réactions assez virulentes de la part de lecteurs LGBTphobes. C’était avant l’épisode du mariage pour tous. Depuis je suis devenu défenseur pour l’égalité des droits et contre les discriminations. Ceci a joué un rôle important dans mes créations, aussi plusieurs de mes chansons traitent spécifiquement de ce sujet. J’ai eu aussi envie de composer la chanson du Refuge « Grandir en paix...

Les Vestiges d’Alice, entretien avec Marc Kiska

Le photographe, mais aussi sculpteur et désormais auteur, Marc Kiska livre un récit des plus percutant, tant sur la forme que sur le fond. Il y a en effet dans ce roman, une volonté de manier et d’user de différents niveaux de langages, comme pour mieux faire tourbillonner son lecteur. Puis, il y a aussi, et surtout, cette galerie de personnages aux pulsions et passions souvent incontrôlables, et qui donne à ce texte tout son relief. Et pour aller un peu plus loin, nous avons pu nous entretenir, avec l’auteur. - Vous êtes photographe, et ce qui de prime abord semble singulariser votre travail, c’est, il me semble, cette trame hyper narrative, ainsi ce glissement de l’image aux mots apparaît quasiment évident. Avez-vous éprouvez, lors de l’écriture de votre roman, un processus similaire à celui de la fabrication d’une photographie ? Marc Kiska : Je me suis mis à photographier il y a une quinzaine d’années pour illustrer mes nouvelles. Ces textes étaient déjà très visuels...

Emmanuel Barrouyer, c’est quoi un artiste queer ?

Rencontre avec un défricheur que rien n'arrête. On peut s'égarer dans les nombreuses formes artistiques que tu proposes, alors dis-nous quelle est ta démarche ? Il est vrai qu’en France j’ai l’impression qu’on a toujours besoin d’entrer dans une case précise, au risque de perdre les gens. Moi, j’ai un besoin de créativité permanent, besoin qui n’est pas satisfait par mon métier de comédien. Je dirais que c’est une créativité en mouvement : je ne me pose pas de question, je ne me mets pas de limite, pas de cadre, j’essaye simplement d’exprimer quelque chose de sincère et les différents thèmes de mon travail sont les facettes d’une seule et même œuvre mais qui se multiplie, qui est transgenre, parce que justement je n’aime pas être dans une case. J’ai besoin de liberté. Je me sens bien dans cette créativité sans freins, sans censure (excepté sur les réseaux sociaux), en allant exactement à l’endroit où j’ai envie d’aller. Et si les gens se perdent tant mieux, cela veut dire...

C’est moi, c’est d’elle : Marion Guillot

C’est Marie, ma libraire préférée (de chez Charlemagne, à Hyères, dans le Var), qui a attiré mon attention sur C’est moi, surprenant, drôlissime et très astucieux roman d’une auteure que je ne connaissais pas : Marion Guillot. Les oiseaux de mauvais augure annonçant depuis quelques lustres la mort du roman en tant que genre peuvent revoir leur sinistre prédiction ! Ici nous avons du neuf, du frais, du délicieusement cruel – tout pour être extrait de ce monde-ci et plongé dans ce monde-là, empruntant ce qu’il faut au réel pour le sublimer et le récréer sous la bannière fiction, dont on sait la réussite lorsqu’elle touche à l’universel. « Charlin est mort hier. » Le lecteur est informé que « dans le fond », Charles-Valentin, dit Charlin, « devait être quelqu’un de sympathique ». Tout de suite la puce nous est mise à l’oreille, d’autant que pour les obsèques de ce Charlin, il n’y aura « pas de messe ni d’encens, pas de prêtre en chasuble mauve ». On a beau nous expliquer que ça n’a...

Les enfants, je vais me suicider ! court métrage

Mise à jour : le court métrage s'appelle maintenant "Clac !". Olivier : Salut Fabien, alors dis-moi, d'où tu viens ? Fabien : Je viens du sud, d'Aix-en-Provence exactement. A mes 18 ans, je suis venu à Paris pour être acteur. Je le suis devenu mais j'ai toujours eu cette envie de passer derrière la caméra : je voulais être acteur pour pouvoir créer, mais être comédien c'est inventer au service de quelqu’un… Un réalisateur est beaucoup plus créatif au final... Aujourd'hui, à bientôt 30 ans, je veux choisir et faire ce que j'ai envie de faire ! (sourire) Peux-tu nous parler de ton projet de court-métrage ? C'est un scénario que j'ai écrit en octobre pour le concours de scénario du festival Nouveaux Cinémas, je voulais travailler avec eux depuis longtemps : chaque année ils choisissent un nouveau réalisateur, ils l'aident à produire le film et le diffusent en juin. Cette année c'est moi ! Pourquoi es-tu passé par ce concours ? Je me suis dit, avec raison, qu'un...

Hervé Joseph Lebrun : le porno gay seventies dans le coeur

Bonjour Hervé Joseph, tu es "conseiller historique" du film de Yann Gonzalez, « Un couteau dans le cœur », dont l'intrigue se passe dans le milieu du porno gay de la fin des années 70. Comment es-tu arrivé sur ce projet et comment cela s'est-il passé ? À l’occasion de la sortie du « Dictionnaire des films érotiques et pornographiques français en 16 et 35 mm », dictionnaire sous la direction de Christophe Bier pour lequel j'étais un des contributeurs et superviseur des films homos, une soirée spéciale, « La Nuit de la grande chaleur », a été organisée à La Cinémathèque française le 11 juin 2011. Trois films étaient programmés dont « Maléfices pornos » (Éric de Winter, 1978) produit par Anne-Marie Tensi (AMT). Yann Gonzalez était présent et, de cette soirée, est née l'idée de réaliser un film autour d'Anne-Marie Tensi. J'étais en train de réaliser le film documentaire « Mondo Homo: A Study of French Gay Porn in the '70s » (2014) où un...

Une famille homoparentale Chinoise qui fait bouger les choses !

https://youtu.be/Sr9Og70zs8Q Lors de notre passage à Pékin nous avons pu rencontrer Rui et sa partenaire Chen ainsi que leurs jumeaux Helen et Harry. Rui était mon contact principal en Chine et c’est grâce à elle et au réseau LGBT qu’elle a pu tisser en Chine que nous avons pu vivre cette incroyable expérience humaine en Chine. Rui et Chen se sont rencontrées au travail alors qu’elles étaient toutes les deux employées d’une Organisation Non Gouvernementale chinoise. En 2014, elles ont vécu en Grande Bretagne pendant quelques mois pour faire un master. La Grande Bretagne autorisant l’accès à la procréation médicalement assisté pour les couples de lesbiennes, Rui et Chen ont tenté deux fécondations in vitro mais qui n’ont malheureusement pas fonctionné. En 2015, elles sont de retour en Chine et ont toujours pour souhait de devenir mamans. Elles décident donc de faire une fécondation in vitro (FIV) dans une clinique de Portland aux Etats-Unis.C’est Rui qui a porté les jumeaux mais ce sont les ovules de Chen qui ont...
Nawak homophobie

Dessine-moi Nawak !

Hugues Demeusy : Bonjour Nawak. On voit de plus en plus tes dessins qui s’attaquent notamment à la Manif pour tous ? D’où viens-tu ? Nawak : Je me suis lancé dans le dessin depuis deux ans et demi. Au départ, je souhaitais principalement dessiner pour des entreprises ou des collectivités. J’avais donc un style plutôt consensuel, adapté à ces organisations, que je signais sous le pseudonyme de Nawak et j’utilisais mon vrai prénom pour les dessins plus polémiques. Nous étions au début de l’année 2013 avec les débats autour du mariage pour tous. Il est devenu de plus en plus difficile de gérer deux identités. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par assumer totalement mes positions. J’ai publié un dessin sous le nom de Nawak dénonçant l’homophobie des « manifs pour tous ». Celui-ci a été retweeté par SOS homophobie et tout s’est emballé ! On l’a vu dans tes dessins, tu es très en colère contre les « intégristes » de la Manif pour...