Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

GayKitschCamp, pour que vive le patrimoine LGBT

Créée en 1989, l'association culturelle GayKitschCamp a pour vocation de promouvoir le patrimoine LGBT. Après avoir organisé en parallèle le festival de films QuestionDeGenre à Lille de 1991 à 2005, elle s’est incarnée en centre de documentation/librairie de 2000 à 2005. Installée ensuite à Montpellier, elle se concentre aujourd’hui sur sa première activité : faire découvrir à des chercheurs, des étudiants et des amateurs, des textes constitutifs de l'histoire homosexuelle au sein de la maison d’édition QuestionDe­Genre/GKC. Cette maison d’édition a lancé puis accompagné les publications d’études homosexuelles en France. Entretien avec Patrick Cardon, responsable depuis sa création et immense figure de la culture LGBT. Hugues Demeusy : Patrick, pourquoi ce nom de GayKitschCamp? Patrick Cardon : A l’origine, une affiche entrevue pour une exposition à Anvers sur le kitsch (resignification de choses banales et surtout anachroniques) et sur le camp (humour gay). Nous ajoutâmes gay, pour affirmer une identité. Quels furent ses débuts ? Gay « sans commentaire » ; Kitsch « Le temps qui passe » ; Camp « Le temps qu’il fait » : C’est ainsi qu’en...

Le prix du Roman Gay 2018 est attribué à……

Alors que la rentrée littéraire bat son plein, le 12 octobre, vous saurez qui est le lauréat du prix du Roman Gay 2018. Il sera remis au Centre LGBT Paris, à partir de 18 heures. Pourquoi cette idée d'un prix "communautaire", quelles sont ses ambitions ? C'est ce que Genres a voulu savoir en rencontrant Gérard Coyet, son organisateur  Hugues Demeusy : Pourquoi avoir créé ce prix littéraire ? Gérard Goyet : Le Prix du Roman Gay a été créé en 2013 à l’initiative des Éditions du Frigo, nées deux ans auparavant pour respecter les derniers souhaits de deux amis disparus.  Leur rêve était d’être édités, ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Ensuite, pour diversifier et élargir nos activités, et pour combler un vide, nous avons créé le « Prix Du Roman Gay ». Militant à ma façon depuis très très longtemps dans les combats LGBT, parce que l’homophobie est malheureusement toujours d’actualité et la visibilité un des moyens pour lutter contre, faire vivre ce...

Transidentités : tout ce que vous avez toujours voulu savoir

Hugues Demeusy : Tout d'abord, quelles distinctions doit-on faire entre transsexualité, transsexualisme et transidentité ? Arnaud Alessandrin : Il est vrai que nous partons souvent de l’hypothèse que ce vocabulaire est acquis pour toutes et tous. Débuter par des définitions n’est donc pas absurde. Le « transsexualisme » (que j’écris et prononce avec des guillemets) renvoie à une construction médicale et psychiatrique qui vise à "pathologiser" les identités trans, au "triage" des demandes jugées comme acceptables ou non-acceptables du point de vue des normes de genre et de sexualité en vigueur. Le « transsexualisme » est donc un terme qui "pathologise", j'insiste, et qui en plus fait souffrir les individus concernés, car elle pousse des identités et des vies à la marge de toute reconnaissance. Le terme « transidentitaire » est quant à lui plus englobant. Ce terme parapluie inclut toutes les personnes en transition, peu importe le type de transition choisie, vécue ou expérimentée. Comme toujours avec le langage, il y a les catégories d’analyse et les catégories d’expérience. Dans...

Course de la Saint-Valentin : Cupidon en interview 

Hello Cupidon, de quoi viens-tu me parler aujourd’hui ?  Cupidon : Salut Genres ! Je suis venu parce que le 18 février prochain c’est la course de la Saint Valentin au parc des Buttes Chaumont, et je voudrais que tout-e-s les amoureux-ses le sachent ! Tu as piqué ma curiosité avec ta flèche de Cupidon, dis-m'en plus ! La course de la Saint-Valentin se passe le samedi le plus proche du jour de la Saint-Valentin – alors cette année c’est le samedi 18 février. Près de 1000 coureurs prendront le départ sur deux parcours : le 10 km en solo ou le 5 km en duo. Labellisé par le Comité Départemental des Courses Hors Stade de Paris, le parcours de 10km en solo constitue une des 15 épreuves du Paris Running Tour. Le parcours en duo présente la particularité d’être ouverte ouvert aux couples homme/homme, homme/femme et femme/femme. Et ça fait longtemps que vous courez ? pour tou-te-s les participant-e-s qui souhaitent courir le 5 km en duo et qui n’ont pas de...

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...

Les vacances du petit Renard, interview d’Arthur Cahn

C’est un ouvrage singulier, même s’il est difficile de mettre précisément le doigt sur ce qui le place à part, qu’a publié en ce début d’année, le réalisateur, acteur et donc désormais auteur, Arthur Cahn. C’est un court texte, comme un concentré, cette histoire, celle qui prétexte un récit de vacances, mais qui est aussi celle d’une rencontre, celle d’un amour contrarié, d’une machination, de regrets, d’énergie et d’oisiveté, de sexe et de retenue, du passage d'un âge à un autre… Quelques impressions de lecture,  croisées aux remarques et réflexions de l'auteur, qui a bien voulu prendre le temps de répondre à ces questions, qu'il en soit ici remercié. - « Les vacances du petit Renard », et d’abord ce titre, qui sonne comme une fable, comme le titre d’un récit pour enfants, et qui cache, un texte, bien évidemment, assez éloigné de ces évocations d’âges tendres, puisque d’innocence ou de naïveté, il n’en est plus question. Le personnage principal, même s’il se trouve lui à la...

Jacques de Bascher, dandy de l’ombre

Vénéneux, hypnotique, addictif, stupéfiant, empoisonnant, dandy morbide… c’est presque immanquablement que s’impose le champ lexical des drogues et du ravage lorsque l’on évoque Jacques de Bascher. Ange ou démon ? Ses aléas et turpitudes, valaient bien une biographie, riche de documents et de témoignages, la journaliste Marie Ottavi, livre le récit d’une vie, que nombre de romanciers auraient aimé imaginer, dans les paroles de ceux qui l’ont aimé ou détesté, c’est aussi le portrait de toute cette période à part, du Paris nocturne et sans limite des années 80. D’ascensions fulgurantes, en chute vertigineuse, croiser Jacques de Bascher, même sur le papier, c’est frôler l’insolence et la décadence, c’est tutoyer les plus grands, c’est brosser le portrait de toute une époque, des bas fonds et de ce que brille, de toute une nuée de célébrités, héritières, fils et filles de, noblesse désargentée, artistes et bien sûr les deux légendes que sont Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld, c’est d’ailleurs autour de ce dernier que s’articulera...

C’est moi, c’est d’elle : Marion Guillot

C’est Marie, ma libraire préférée (de chez Charlemagne, à Hyères, dans le Var), qui a attiré mon attention sur C’est moi, surprenant, drôlissime et très astucieux roman d’une auteure que je ne connaissais pas : Marion Guillot. Les oiseaux de mauvais augure annonçant depuis quelques lustres la mort du roman en tant que genre peuvent revoir leur sinistre prédiction ! Ici nous avons du neuf, du frais, du délicieusement cruel – tout pour être extrait de ce monde-ci et plongé dans ce monde-là, empruntant ce qu’il faut au réel pour le sublimer et le récréer sous la bannière fiction, dont on sait la réussite lorsqu’elle touche à l’universel. « Charlin est mort hier. » Le lecteur est informé que « dans le fond », Charles-Valentin, dit Charlin, « devait être quelqu’un de sympathique ». Tout de suite la puce nous est mise à l’oreille, d’autant que pour les obsèques de ce Charlin, il n’y aura « pas de messe ni d’encens, pas de prêtre en chasuble mauve ». On a beau nous expliquer que ça n’a...

Les Vestiges d’Alice, entretien avec Marc Kiska

Le photographe, mais aussi sculpteur et désormais auteur, Marc Kiska livre un récit des plus percutant, tant sur la forme que sur le fond. Il y a en effet dans ce roman, une volonté de manier et d’user de différents niveaux de langages, comme pour mieux faire tourbillonner son lecteur. Puis, il y a aussi, et surtout, cette galerie de personnages aux pulsions et passions souvent incontrôlables, et qui donne à ce texte tout son relief. Et pour aller un peu plus loin, nous avons pu nous entretenir, avec l’auteur. - Vous êtes photographe, et ce qui de prime abord semble singulariser votre travail, c’est, il me semble, cette trame hyper narrative, ainsi ce glissement de l’image aux mots apparaît quasiment évident. Avez-vous éprouvez, lors de l’écriture de votre roman, un processus similaire à celui de la fabrication d’une photographie ? Marc Kiska : Je me suis mis à photographier il y a une quinzaine d’années pour illustrer mes nouvelles. Ces textes étaient déjà très visuels...