Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Les enfants, je vais me suicider ! court métrage

Mise à jour : le court métrage s'appelle maintenant "Clac !". Olivier : Salut Fabien, alors dis-moi, d'où tu viens ? Fabien : Je viens du sud, d'Aix-en-Provence exactement. A mes 18 ans, je suis venu à Paris pour être acteur. Je le suis devenu mais j'ai toujours eu cette envie de passer derrière la caméra : je voulais être acteur pour pouvoir créer, mais être comédien c'est inventer au service de quelqu’un… Un réalisateur est beaucoup plus créatif au final... Aujourd'hui, à bientôt 30 ans, je veux choisir et faire ce que j'ai envie de faire ! (sourire) Peux-tu nous parler de ton projet de court-métrage ? C'est un scénario que j'ai écrit en octobre pour le concours de scénario du festival Nouveaux Cinémas, je voulais travailler avec eux depuis longtemps : chaque année ils choisissent un nouveau réalisateur, ils l'aident à produire le film et le diffusent en juin. Cette année c'est moi ! Pourquoi es-tu passé par ce concours ? Je me suis dit, avec raison, qu'un...

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...

Emmanuel Pierrat, héraut du poil : l’interview

Emmanuel Pierrat et Jean Feixas n’en sont pas à leur coup d’essai question toison et autres « cressons » humains, puisqu’ils ont publié ensemble en 2015 un ouvrage remarqué sur les Barbes et Moustaches (Hoëbeke). Avec Les Petits Cheveux – Histoire non convenue de la pilosité féminine, qui paraît cet automne aux éditions de La Musardine, nos deux passionnés d’arts singuliers et d’esthétismes rebiquants (si l’on m’autorise ce néologisme) s’intéressent au cheminement ébouriffant du poil féminin au travers des siècles et de situations souvent ignorées ou oubliées. Une passionnante traversée pour les curieux de tous poils ! Détails historiques échevelants, ballades et balades en bouclettes pubiennes dont l’abondance peut constituer une authentique « végétation capillaire » (jusqu’à 1,80 mètre de long pour une Lithuanienne contrainte « d’enrouler » ses poils pubiens « autour de sa cuisse » pour « les empêcher de traîner par terre »), anecdotes contemporaines désop(o)ilantes : tout dans cet ouvrage ravit le lecteur curieux – et un brin concupiscent comme il se doi(g)t...

Le prix du Roman Gay 2018 est attribué à……

Alors que la rentrée littéraire bat son plein, le 12 octobre, vous saurez qui est le lauréat du prix du Roman Gay 2018. Il sera remis au Centre LGBT Paris, à partir de 18 heures. Pourquoi cette idée d'un prix "communautaire", quelles sont ses ambitions ? C'est ce que Genres a voulu savoir en rencontrant Gérard Coyet, son organisateur  Hugues Demeusy : Pourquoi avoir créé ce prix littéraire ? Gérard Goyet : Le Prix du Roman Gay a été créé en 2013 à l’initiative des Éditions du Frigo, nées deux ans auparavant pour respecter les derniers souhaits de deux amis disparus.  Leur rêve était d’être édités, ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Ensuite, pour diversifier et élargir nos activités, et pour combler un vide, nous avons créé le « Prix Du Roman Gay ». Militant à ma façon depuis très très longtemps dans les combats LGBT, parce que l’homophobie est malheureusement toujours d’actualité et la visibilité un des moyens pour lutter contre, faire vivre ce...

La contre-culture fait son coming out

Petit retour en arrière : après les événements de 68, lors du siècle dernier, face à l'inertie politique et à la toute puissance d'une culture imposée, une profusion  de mouvements culturels, artistiques, associatifs voient le jour, tandis que de nombreux artistes iconoclastes prennent la parole. La contre-culture est à la mode ! La Maison Rouge, dans le quartier Bastillle, rend un hommage exceptionnel à cette époque et à ses multiples expressions, où les LGBT apportèrent une contribution magistrale : le FHAR, les Gazolines, Copi, Guy Hockengheim... mirent les pieds dans le plat sans complexe et donnèrent le ton aux années 70 et 80. Nous avons rencontré Philippe Morillon, photographe star des années Palace, mais aussi illustrateur reconnu, afin d'évoquer avec beaucoup d'affection des temps si proches mais aussi étrangement différents... Hugues : 1969, année érotique pour Gainsbourg, mais toi que fais tu ? Philippe : Je termine mes études à l’école des Arts Appliqués, rue Olivier de Serres. Après avoir occupé l’établissement l’année précédente en « mai 68 », nous...
homme en survetement vertvideo

« Amants des hommes » : déportation homosexuelle et homophobie

Traitant de la déportation homosexuelle durant la seconde guerre mondiale, Isabelle s'appuie sur l’œuvre autobiographique de Pierre Seel, le premier à témoigner de sa déportation pour cause d'homosexualité. "Amants des hommes" parle aussi beaucoup de l'homophobie de la société des années 1940, mais aussi de celle des années 2000 à travers les témoignages de différents acteurs qui se sont battus pour la reconnaissance de cette déportation. Pour nous présenter son travail, rien de mieux qu'une petite conversation avec Isabelle elle-même. Rencontre. Kevin Reynaud : Bonjour Isabelle, tout d'abord, quel est votre parcours ? Isabelle Darmangeat : Je suis née à Tulle en Corrèze, et j’ai effectuée mes études, en cinéma, à l’Université de Poitiers, avec une spécialisation en documentaire avec un DESS réalisation documentaire. Je vis et travaille à Paris depuis 2004. D'où est née l'envie de créer ce projet ? Avez-vous un lien personnel avec cette partie de l'Histoire ? Passionnée d’histoire, j’ai toujours été intéressée par la seconde guerre mondiale et particulièrement l’Holocauste. Je savais que les homosexuels...

Piros : « mon travail est motivé par l’étude du vivant »

Salut Piros ! En fait on aurait dû se parler l'été dernier, pour la sortie de GENRES mais mon message s'est perdu dans ton Facebook...Est-ce un prétexte pour ne pas répondre aux interviews ? (rires) Piros : Salut Olivier ! Oui j'ignore ce qui s'est passé, ton message s'est perdu dans les méandres de Facebook et il est réapparu le premier de l'an. Donc me voilà ! Au fait, est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour te faire connaitre ? De quelle manière ? Oui, quand il ne me joue pas des tours, Facebook est un excellent outil de communication. Après cela demande beaucoup de temps car j'essaie autant que possible de répondre aux divers messages et commentaires que l'on me laisse. Je trouve important d'avoir un vrai relationnel avec les personnes qui s'intéressent à mon travail. C'est aussi une super plate-forme pour connaître l'avis du public. Après j'utilise aussi DeviantArt mais c'est moins facile et instinctif. Bien, parlons un peu de ton boulot. Parle-nous un peu...

Une rencontre émouvante avec deux papas en Nouvelle-Calédonie

Lien direct vers la vidéo Lors de notre passage en Nouvelle Calédonie, nous avons eu la chance de rencontrer deux familles homoparentales composées de deux papas. Ce sont (pour l’instant…) les seules familles avec deux papas que nous avons rencontrées pendant tout le voyage. Nous avons pu interviewer Laurent et Alexandre qui sont les papas de Louis, 10 ans. Laurent et Alexandre sont français et se sont mariés en Belgique, où il résidaient (ils ont aussi la nationalité Belge), il y a un peu plus de 10 ans. Effectivement, contrairement à la France, le mariage était accessible aux homosexuel(le)s en Belgique, ainsi que l’adoption pour les couples homosexuels. Laurent et Alexandre ont suivi le protocole légal après conventionnement avec un Organisme Agréé d’Adoption et comme ils ne pouvaient pas adopter dans la plupart des pays étrangers (qui refusent l’adoption par des couples homosexuels), ils étaient positionnés pour une adoption nationale, c’est à dire l’adoption d’un enfant belge. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils nous ont raconté l’arrivée de Louis dans leur famille. Nous avons eu les...

René de Ceccatty visite l’indomptable Elsa Morante

Elle « espérait qu’aucun biographe ne s’intéresserait à elle » car, disait-elle, la « biographie d’un écrivain n’est qu’une suite de potins », lesquels, « quelle qu’en soit la cible, m’offensent ». Il n’est guère étonnant qu’Elsa Morante ait eu cette crainte, car la personnalité que nous donne à voir le colossal et remarquable travail de René de Ceccatty est à la fois fantastiquement riche et presque tragiquement complexe, entre sa détestation du réel et un « monde intérieur dont elle n’était pas sûre de comprendre le fonctionnement ». Elsa est née le 18 août 1912 à Rome. La question de son véritable géniteur reste posée, son père « officiel » (Augusto), supposément homosexuel, ayant confié le rôle de « faire les enfants » qu’il n’aurait pas à un amant, choisi par lui, de son épouse Irma. La « thèse » du  « père apparent » et du « père biologique » est vite « intégrée à l’imaginaire » de l’écrivain (elle « préférait se dire écrivain au masculin ») en devenir. Dès 1920, elle rédige des contes illustrés, et ses premières publications en revue datent de 1931 (des...