Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Transidentités : tout ce que vous avez toujours voulu savoir

Hugues Demeusy : Tout d'abord, quelles distinctions doit-on faire entre transsexualité, transsexualisme et transidentité ? Arnaud Alessandrin : Il est vrai que nous partons souvent de l’hypothèse que ce vocabulaire est acquis pour toutes et tous. Débuter par des définitions n’est donc pas absurde. Le « transsexualisme » (que j’écris et prononce avec des guillemets) renvoie à une construction médicale et psychiatrique qui vise à "pathologiser" les identités trans, au "triage" des demandes jugées comme acceptables ou non-acceptables du point de vue des normes de genre et de sexualité en vigueur. Le « transsexualisme » est donc un terme qui "pathologise", j'insiste, et qui en plus fait souffrir les individus concernés, car elle pousse des identités et des vies à la marge de toute reconnaissance. Le terme « transidentitaire » est quant à lui plus englobant. Ce terme parapluie inclut toutes les personnes en transition, peu importe le type de transition choisie, vécue ou expérimentée. Comme toujours avec le langage, il y a les catégories d’analyse et les catégories d’expérience. Dans...

Le prix du Roman Gay 2018 est attribué à……

Alors que la rentrée littéraire bat son plein, le 12 octobre, vous saurez qui est le lauréat du prix du Roman Gay 2018. Il sera remis au Centre LGBT Paris, à partir de 18 heures. Pourquoi cette idée d'un prix "communautaire", quelles sont ses ambitions ? C'est ce que Genres a voulu savoir en rencontrant Gérard Coyet, son organisateur  Hugues Demeusy : Pourquoi avoir créé ce prix littéraire ? Gérard Goyet : Le Prix du Roman Gay a été créé en 2013 à l’initiative des Éditions du Frigo, nées deux ans auparavant pour respecter les derniers souhaits de deux amis disparus.  Leur rêve était d’être édités, ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Ensuite, pour diversifier et élargir nos activités, et pour combler un vide, nous avons créé le « Prix Du Roman Gay ». Militant à ma façon depuis très très longtemps dans les combats LGBT, parce que l’homophobie est malheureusement toujours d’actualité et la visibilité un des moyens pour lutter contre, faire vivre ce...

Jean Claude Bologne : vivre en couple, toute une histoire !

Au printemps 2013, la loi dite « Taubira » consacre le « mariage pour tous ». Une définition est intégrée au Code civil, dans un nouvel article 143 : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe". Est-ce à dire que cette union officielle symbolise à elle seule l’idée du couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel ? C’est à cette passionnante question que Jean Claude Bologne, philologue formé à l’université de Liège, historien et romancier, s’est attelé, dans une très complète et impressionnante Histoire du couple, de l’Antiquité à nos jours. La polygamie : prédisposition « testiculaire » ? L’ouvrage se lit comme un roman, et pourtant il nous enseigne formidablement – voire fait ou refait notre éducation en matière de ce que nous pensons bien connaître pour l’avoir (presque) toutes et tous vécu : le couple ! N’allons pas imaginer que vivre à deux se résume à une bague passée au doigt pour le meilleur et pour le...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Le roman choral de Félicie Dubois

Que sont nos campagnes devenues - est-il possible à deux femmes en couple, issues de la grande ville, de s’y transplanter ? La greffe entre « rurbains » (avides de qualité de vie) et locaux (dont « le passé survit encore au présent ») a-t-elle pris, à l’ère de la mondialisation et de l’addiction à Internet ? Bienvenue à Sainte-Barbe, « entre mer, marais et bocages », où se déroulent Les Joies simples que Félicie Dubois nous invite à partager. Un quotidien campagnard, parfois extrait ou tombé d’une autre réalité (planète ?), qui vient ici nous rappeler avec quelle brutalité la logique des puissants s’exerce sur les jugés  « rétrogrades ». C’est le roman « incarné et souriant » de la ruralité intime que Félicie nous offre, avec toute la pudeur à la fois tendre et distanciée, mais jamais angélique, du style inimitable qui est le sien, ciselé au quart de millimètre de mot près, visant juste à tous coups. « Au début du troisième millénaire après Jésus-Christ, le monde a considérablement rétréci » C’est le constat que dresse la narratrice. Densité humaine,...

Les Vestiges d’Alice, entretien avec Marc Kiska

Le photographe, mais aussi sculpteur et désormais auteur, Marc Kiska livre un récit des plus percutant, tant sur la forme que sur le fond. Il y a en effet dans ce roman, une volonté de manier et d’user de différents niveaux de langages, comme pour mieux faire tourbillonner son lecteur. Puis, il y a aussi, et surtout, cette galerie de personnages aux pulsions et passions souvent incontrôlables, et qui donne à ce texte tout son relief. Et pour aller un peu plus loin, nous avons pu nous entretenir, avec l’auteur. - Vous êtes photographe, et ce qui de prime abord semble singulariser votre travail, c’est, il me semble, cette trame hyper narrative, ainsi ce glissement de l’image aux mots apparaît quasiment évident. Avez-vous éprouvez, lors de l’écriture de votre roman, un processus similaire à celui de la fabrication d’une photographie ? Marc Kiska : Je me suis mis à photographier il y a une quinzaine d’années pour illustrer mes nouvelles. Ces textes étaient déjà très visuels...

Jacques de Bascher, dandy de l’ombre

Vénéneux, hypnotique, addictif, stupéfiant, empoisonnant, dandy morbide… c’est presque immanquablement que s’impose le champ lexical des drogues et du ravage lorsque l’on évoque Jacques de Bascher. Ange ou démon ? Ses aléas et turpitudes, valaient bien une biographie, riche de documents et de témoignages, la journaliste Marie Ottavi, livre le récit d’une vie, que nombre de romanciers auraient aimé imaginer, dans les paroles de ceux qui l’ont aimé ou détesté, c’est aussi le portrait de toute cette période à part, du Paris nocturne et sans limite des années 80. D’ascensions fulgurantes, en chute vertigineuse, croiser Jacques de Bascher, même sur le papier, c’est frôler l’insolence et la décadence, c’est tutoyer les plus grands, c’est brosser le portrait de toute une époque, des bas fonds et de ce que brille, de toute une nuée de célébrités, héritières, fils et filles de, noblesse désargentée, artistes et bien sûr les deux légendes que sont Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld, c’est d’ailleurs autour de ce dernier que s’articulera...
Zhu Mingxiang

« Camarades, encore un effort, et la Révolution triomphera ! »

Photographie par Zhu Mingxiang. Les deux premières éditions de La Semaine LGBT chinoise à Paris en 2015 et 2016 ont été un succès. Vous allez donc continuer en 2017 ? Semaine LGBT Chinoise à Paris, du 1er au 26 février 2017 Divers événements et expositions Yu Zhou : Oui. Elle a été le premier et le seul festival en France à évoquer l’homosexualité des Chinois sous l’aspect historique, politique, social et artistique. Cet événement a été co-fondé fin 2014 avec Jean-Jacques Augier, président de Têtu de l’époque. Nous avons eu les soutiens des Mairies du 3e et du 4e de Paris, du Centre LGBT de Paris, de l’Inter-LGBT et de nombreux partenaires et médias dont GENRES. L’enthousiasme du public nous encourage à continuer ce travail. Après deux éditions, est-il difficile de trouver de nouveaux talents et de nouveaux thèmes ? Effectivement. Nous espérons que cette troisième édition rencontra autant de succès avec neuf événements au total : exposition de photos Corps & Âme à la libraire Les Mots à la bouche ; deux...

Les enfants, je vais me suicider ! court métrage

Mise à jour : le court métrage s'appelle maintenant "Clac !". Olivier : Salut Fabien, alors dis-moi, d'où tu viens ? Fabien : Je viens du sud, d'Aix-en-Provence exactement. A mes 18 ans, je suis venu à Paris pour être acteur. Je le suis devenu mais j'ai toujours eu cette envie de passer derrière la caméra : je voulais être acteur pour pouvoir créer, mais être comédien c'est inventer au service de quelqu’un… Un réalisateur est beaucoup plus créatif au final... Aujourd'hui, à bientôt 30 ans, je veux choisir et faire ce que j'ai envie de faire ! (sourire) Peux-tu nous parler de ton projet de court-métrage ? C'est un scénario que j'ai écrit en octobre pour le concours de scénario du festival Nouveaux Cinémas, je voulais travailler avec eux depuis longtemps : chaque année ils choisissent un nouveau réalisateur, ils l'aident à produire le film et le diffusent en juin. Cette année c'est moi ! Pourquoi es-tu passé par ce concours ? Je me suis dit, avec raison, qu'un...