Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Jacques de Bascher, dandy de l’ombre

Vénéneux, hypnotique, addictif, stupéfiant, empoisonnant, dandy morbide… c’est presque immanquablement que s’impose le champ lexical des drogues et du ravage lorsque l’on évoque Jacques de Bascher. Ange ou démon ? Ses aléas et turpitudes, valaient bien une biographie, riche de documents et de témoignages, la journaliste Marie Ottavi, livre le récit d’une vie, que nombre de romanciers auraient aimé imaginer, dans les paroles de ceux qui l’ont aimé ou détesté, c’est aussi le portrait de toute cette période à part, du Paris nocturne et sans limite des années 80. D’ascensions fulgurantes, en chute vertigineuse, croiser Jacques de Bascher, même sur le papier, c’est frôler l’insolence et la décadence, c’est tutoyer les plus grands, c’est brosser le portrait de toute une époque, des bas fonds et de ce que brille, de toute une nuée de célébrités, héritières, fils et filles de, noblesse désargentée, artistes et bien sûr les deux légendes que sont Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld, c’est d’ailleurs autour de ce dernier que s’articulera...
deux femmes s'embrassent sur un litvideo

Chéries-Chéris : « la qualité des films cette année est exceptionnelle »

Kevin Reynaud : Pouvez-vous nous présenter le festival en quelques mots ? Cyril Legann : Le festival Chéries-Chéris existe depuis 22 ans et a pour but de promouvoir la culture LGBT au cinéma. Il répond au départ à un besoin de visibilité des films qui n’étaient que peu distribués en France. Aujourd’hui la problématique a changé, avec internet et l’avènement des supports domestiques (DVD, BluRay…) les films sont plus faciles à voir. Nous avons donc créé une compétition depuis 2010, et notre but, plus que jamais est d’apporter une plus-value au spectateur en créant un espace de convivialité et d’échange. Pour cela nous nous attelons à faire venir des équipes de films, cette année nous avons des réalisateurs qui viennent de pays très divers : USA, Canada, Israël, Lituanie, Portugal… c’est exceptionnel ! Et puis il y a tous les courts-métrages, des rendez-vous toujours appréciés par le public car ces films-là, souvent très riches, ne sont pas visibles ailleurs. Et on ressent également l’enthousiasme des équipes qui ont parfois...

Emmanuel Pierrat, héraut du poil : l’interview

Emmanuel Pierrat et Jean Feixas n’en sont pas à leur coup d’essai question toison et autres « cressons » humains, puisqu’ils ont publié ensemble en 2015 un ouvrage remarqué sur les Barbes et Moustaches (Hoëbeke). Avec Les Petits Cheveux – Histoire non convenue de la pilosité féminine, qui paraît cet automne aux éditions de La Musardine, nos deux passionnés d’arts singuliers et d’esthétismes rebiquants (si l’on m’autorise ce néologisme) s’intéressent au cheminement ébouriffant du poil féminin au travers des siècles et de situations souvent ignorées ou oubliées. Une passionnante traversée pour les curieux de tous poils ! Détails historiques échevelants, ballades et balades en bouclettes pubiennes dont l’abondance peut constituer une authentique « végétation capillaire » (jusqu’à 1,80 mètre de long pour une Lithuanienne contrainte « d’enrouler » ses poils pubiens « autour de sa cuisse » pour « les empêcher de traîner par terre »), anecdotes contemporaines désop(o)ilantes : tout dans cet ouvrage ravit le lecteur curieux – et un brin concupiscent comme il se doi(g)t...

La contre-culture fait son coming out

Petit retour en arrière : après les événements de 68, lors du siècle dernier, face à l'inertie politique et à la toute puissance d'une culture imposée, une profusion  de mouvements culturels, artistiques, associatifs voient le jour, tandis que de nombreux artistes iconoclastes prennent la parole. La contre-culture est à la mode ! La Maison Rouge, dans le quartier Bastillle, rend un hommage exceptionnel à cette époque et à ses multiples expressions, où les LGBT apportèrent une contribution magistrale : le FHAR, les Gazolines, Copi, Guy Hockengheim... mirent les pieds dans le plat sans complexe et donnèrent le ton aux années 70 et 80. Nous avons rencontré Philippe Morillon, photographe star des années Palace, mais aussi illustrateur reconnu, afin d'évoquer avec beaucoup d'affection des temps si proches mais aussi étrangement différents... Hugues : 1969, année érotique pour Gainsbourg, mais toi que fais tu ? Philippe : Je termine mes études à l’école des Arts Appliqués, rue Olivier de Serres. Après avoir occupé l’établissement l’année précédente en « mai 68 », nous...

Le prix du Roman Gay 2018 est attribué à……

Alors que la rentrée littéraire bat son plein, le 12 octobre, vous saurez qui est le lauréat du prix du Roman Gay 2018. Il sera remis au Centre LGBT Paris, à partir de 18 heures. Pourquoi cette idée d'un prix "communautaire", quelles sont ses ambitions ? C'est ce que Genres a voulu savoir en rencontrant Gérard Coyet, son organisateur  Hugues Demeusy : Pourquoi avoir créé ce prix littéraire ? Gérard Goyet : Le Prix du Roman Gay a été créé en 2013 à l’initiative des Éditions du Frigo, nées deux ans auparavant pour respecter les derniers souhaits de deux amis disparus.  Leur rêve était d’être édités, ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Ensuite, pour diversifier et élargir nos activités, et pour combler un vide, nous avons créé le « Prix Du Roman Gay ». Militant à ma façon depuis très très longtemps dans les combats LGBT, parce que l’homophobie est malheureusement toujours d’actualité et la visibilité un des moyens pour lutter contre, faire vivre ce...

Emmanuel Barrouyer, c’est quoi un artiste queer ?

Rencontre avec un défricheur que rien n'arrête. On peut s'égarer dans les nombreuses formes artistiques que tu proposes, alors dis-nous quelle est ta démarche ? Il est vrai qu’en France j’ai l’impression qu’on a toujours besoin d’entrer dans une case précise, au risque de perdre les gens. Moi, j’ai un besoin de créativité permanent, besoin qui n’est pas satisfait par mon métier de comédien. Je dirais que c’est une créativité en mouvement : je ne me pose pas de question, je ne me mets pas de limite, pas de cadre, j’essaye simplement d’exprimer quelque chose de sincère et les différents thèmes de mon travail sont les facettes d’une seule et même œuvre mais qui se multiplie, qui est transgenre, parce que justement je n’aime pas être dans une case. J’ai besoin de liberté. Je me sens bien dans cette créativité sans freins, sans censure (excepté sur les réseaux sociaux), en allant exactement à l’endroit où j’ai envie d’aller. Et si les gens se perdent tant mieux, cela veut dire...

Piros : « mon travail est motivé par l’étude du vivant »

Salut Piros ! En fait on aurait dû se parler l'été dernier, pour la sortie de GENRES mais mon message s'est perdu dans ton Facebook...Est-ce un prétexte pour ne pas répondre aux interviews ? (rires) Piros : Salut Olivier ! Oui j'ignore ce qui s'est passé, ton message s'est perdu dans les méandres de Facebook et il est réapparu le premier de l'an. Donc me voilà ! Au fait, est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour te faire connaitre ? De quelle manière ? Oui, quand il ne me joue pas des tours, Facebook est un excellent outil de communication. Après cela demande beaucoup de temps car j'essaie autant que possible de répondre aux divers messages et commentaires que l'on me laisse. Je trouve important d'avoir un vrai relationnel avec les personnes qui s'intéressent à mon travail. C'est aussi une super plate-forme pour connaître l'avis du public. Après j'utilise aussi DeviantArt mais c'est moins facile et instinctif. Bien, parlons un peu de ton boulot. Parle-nous un peu...

En Australie, Jacqui Tomlins se bat pour le mariage homosexuel et les familles homoparentales

Lien direct vers la vidéo Jacqui se définit elle même dans son blog comme "écrivain, conférencière, éducateur et défenseur avec plus de 25 ans d'expérience sur les sujets LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et queer)". J'ai contacté Jacqui il y a un an pour lui faire part de notre projet et lui demander si elle accepterait d'être interviewée. Elle m'a répondu et était très enthousiaste au sujet de notre projet. Non seulement Jacqui a accepté d'être interviewée, mais elle nous a invités à dormir chez elle et à partager le quotidien de sa famille pendant une journée et demie. 61,6% des Australiens ont voté oui au sondage pour le mariage pour les personnes de meme sexe Nous avons rencontré Jacqui et sa famille à la fin du mois de novembre. C'était une période particulière pour les familles homoparentales en Australie. Les résultats du sondage postal ont révélé que 61,6% de la population étaient en faveur du mariage homosexuel et la communauté LGBT attendait le début des débats au...

Peintre et modèle : une psychanalyse picturale par Jean-Philippe Blondel

Dans la mise à nu, son dernier roman, Jean-Philippe Blondel dont on avait adoré Une saison à Paris, raconte les retrouvailles entre un professeur d'anglais en fin de carrière et un des ses élèves devenu peintre. Jean-Philippe Blondel explore dans ses livres les relations intimes qui se créent entre des personnages ayant des parcours très éloignés, et qui bouleversent leur vie. Et même s'il s'en défend dans l'interview qui suit, il crée des caractères d'homosexuels qui ont un rôle important voire crucial dans la suite de l'intrigue. Rencontre avec un auteur secret peu bavard mais dont les romans sont des joyaux... Hugues Demeusy : Dans la mise à nu, un vieux professeur d'anglais retrouve un de ses anciens élèves devenu peintre à succès. Ils vont vivre une expérience extraordinaire ? Jean-Philippe Blondel : Oui, ils vont entreprendre une expérience peu commune - le professeur va devenir le modèle de son ancien élève et poser pour lui. Ce tête à tête va les obliger à se regarder, à se considérer,...