Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Christophe Madrolle

Festival des Cultures LGBT : « passer partout et laisser une trace »

Bonjour Christophe, peux-tu te présenter en quelques mots... Je m’appelle Christophe Madrolle, je suis auteur, compositeur et interprète. J’ai été le premier artiste français à revendiquer ma pansexualité en 2012. Je viens de sortir mon premier album studio WE ARE THE LOVE. Je suis depuis peu membre du conseil d’administration de l’association Bi’Cause qui est une association culturelle et militante pour la visibilité bisexuelle. Votre travail, vos œuvres : peux-tu nous en dire plus sur ta démarche ? Je n’ai pas toujours été impliqué dans la communauté LGBT. Je n’en ressentais pas le besoin jusqu’au jour où j’ai été interviewé sur ma pansexualité. Ce qui a suscité des réactions assez virulentes de la part de lecteurs LGBTphobes. C’était avant l’épisode du mariage pour tous. Depuis je suis devenu défenseur pour l’égalité des droits et contre les discriminations. Ceci a joué un rôle important dans mes créations, aussi plusieurs de mes chansons traitent spécifiquement de ce sujet. J’ai eu aussi envie de composer la chanson du Refuge « Grandir en paix...

Marco Han : « Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant...

Tu es originaire de Mandchourie au nord de la Chine en 1983. Quel est ton parcours artistique ? Marco Han : Le dessin et la peinture ont toujours été ma passion, je les ai appris dès mon plus jeune âge, et je les pratique toujours régulièrement. J’ai également été tatoueur. Je suis venu à la photographie naturellement, comme prolongement à la peinture. Puis mon activité de photographe s’est développée au cours de mes nombreux voyages dans le monde, et au fil de mes rencontres. Je suis un photographe libre, qui me déplace souvent. Ton exposition de photos aura lieu du 25 janvier au 15 février 2017 à la librairie Les Mots à la bouche dans le cadre de la 3e Semaine LGBT chinoise. Peux-tu nous en parler ? La rue m’inspire beaucoup, ainsi que le monde de la nuit. Les hommes que je rencontre m’inspirent aussi. Je veux capturer les émotions intérieures de ces hommes, en utilisant le noir et blanc, afin d'exprimer leurs blessures et leurs forces...

Piros : « mon travail est motivé par l’étude du vivant »

Salut Piros ! En fait on aurait dû se parler l'été dernier, pour la sortie de GENRES mais mon message s'est perdu dans ton Facebook...Est-ce un prétexte pour ne pas répondre aux interviews ? (rires) Piros : Salut Olivier ! Oui j'ignore ce qui s'est passé, ton message s'est perdu dans les méandres de Facebook et il est réapparu le premier de l'an. Donc me voilà ! Au fait, est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux pour te faire connaitre ? De quelle manière ? Oui, quand il ne me joue pas des tours, Facebook est un excellent outil de communication. Après cela demande beaucoup de temps car j'essaie autant que possible de répondre aux divers messages et commentaires que l'on me laisse. Je trouve important d'avoir un vrai relationnel avec les personnes qui s'intéressent à mon travail. C'est aussi une super plate-forme pour connaître l'avis du public. Après j'utilise aussi DeviantArt mais c'est moins facile et instinctif. Bien, parlons un peu de ton boulot. Parle-nous un peu...
Zhu Mingxiang

« Camarades, encore un effort, et la Révolution triomphera ! »

Photographie par Zhu Mingxiang. Les deux premières éditions de La Semaine LGBT chinoise à Paris en 2015 et 2016 ont été un succès. Vous allez donc continuer en 2017 ? Semaine LGBT Chinoise à Paris, du 1er au 26 février 2017 Divers événements et expositions Yu Zhou : Oui. Elle a été le premier et le seul festival en France à évoquer l’homosexualité des Chinois sous l’aspect historique, politique, social et artistique. Cet événement a été co-fondé fin 2014 avec Jean-Jacques Augier, président de Têtu de l’époque. Nous avons eu les soutiens des Mairies du 3e et du 4e de Paris, du Centre LGBT de Paris, de l’Inter-LGBT et de nombreux partenaires et médias dont GENRES. L’enthousiasme du public nous encourage à continuer ce travail. Après deux éditions, est-il difficile de trouver de nouveaux talents et de nouveaux thèmes ? Effectivement. Nous espérons que cette troisième édition rencontra autant de succès avec neuf événements au total : exposition de photos Corps & Âme à la libraire Les Mots à la bouche ; deux...
deux femmes s'embrassent sur un litvideo

Chéries-Chéris : « la qualité des films cette année est exceptionnelle »

Kevin Reynaud : Pouvez-vous nous présenter le festival en quelques mots ? Cyril Legann : Le festival Chéries-Chéris existe depuis 22 ans et a pour but de promouvoir la culture LGBT au cinéma. Il répond au départ à un besoin de visibilité des films qui n’étaient que peu distribués en France. Aujourd’hui la problématique a changé, avec internet et l’avènement des supports domestiques (DVD, BluRay…) les films sont plus faciles à voir. Nous avons donc créé une compétition depuis 2010, et notre but, plus que jamais est d’apporter une plus-value au spectateur en créant un espace de convivialité et d’échange. Pour cela nous nous attelons à faire venir des équipes de films, cette année nous avons des réalisateurs qui viennent de pays très divers : USA, Canada, Israël, Lituanie, Portugal… c’est exceptionnel ! Et puis il y a tous les courts-métrages, des rendez-vous toujours appréciés par le public car ces films-là, souvent très riches, ne sont pas visibles ailleurs. Et on ressent également l’enthousiasme des équipes qui ont parfois...

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...

Yves Navarre, hier, aujourd’hui et demain

Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu « rencontré » Yves Navarre ? Philippe Leconte : A la fin des années 70. J’étais dans la mythique librairie Corman à Knokke-Le-Zoute. Je venais de choisir les poèmes de Constantin Cavafy traduits par Yourcenar, et, à côté, il y avait une pile de Loukoums en livre de poche. C’est la couverture qui m’a attiré, le dessin de David Hockney. J’ai pris le livre, l’ai lu d’une traite et n’ai eu de cesse, après, de découvrir les précédents livres de Navarre, puis, au fur et à mesure, les nouveaux, au gré de leurs parutions. Qu’est-ce qui t’a accroché dans ses écrits ? Navarre a été beaucoup trop catalogué en tant qu’écrivain homosexuel, alors que lui-même se définissait comme écrivain ET homosexuel La façon dont il abordait l’homosexualité. C’était la première fois qu’un écrivain m’en « parlait » comme quelque chose de normal. J’avais l’impression de me découvrir à travers ses livres, que ceux-ci me parlaient de moi. Á l’époque, il n’y avait...
homme en survetement vertvideo

« Amants des hommes » : déportation homosexuelle et homophobie

Traitant de la déportation homosexuelle durant la seconde guerre mondiale, Isabelle s'appuie sur l’œuvre autobiographique de Pierre Seel, le premier à témoigner de sa déportation pour cause d'homosexualité. "Amants des hommes" parle aussi beaucoup de l'homophobie de la société des années 1940, mais aussi de celle des années 2000 à travers les témoignages de différents acteurs qui se sont battus pour la reconnaissance de cette déportation. Pour nous présenter son travail, rien de mieux qu'une petite conversation avec Isabelle elle-même. Rencontre. Kevin Reynaud : Bonjour Isabelle, tout d'abord, quel est votre parcours ? Isabelle Darmangeat : Je suis née à Tulle en Corrèze, et j’ai effectuée mes études, en cinéma, à l’Université de Poitiers, avec une spécialisation en documentaire avec un DESS réalisation documentaire. Je vis et travaille à Paris depuis 2004. D'où est née l'envie de créer ce projet ? Avez-vous un lien personnel avec cette partie de l'Histoire ? Passionnée d’histoire, j’ai toujours été intéressée par la seconde guerre mondiale et particulièrement l’Holocauste. Je savais que les homosexuels...
Nawak homophobie

Dessine-moi Nawak !

Hugues Demeusy : Bonjour Nawak. On voit de plus en plus tes dessins qui s’attaquent notamment à la Manif pour tous ? D’où viens-tu ? Nawak : Je me suis lancé dans le dessin depuis deux ans et demi. Au départ, je souhaitais principalement dessiner pour des entreprises ou des collectivités. J’avais donc un style plutôt consensuel, adapté à ces organisations, que je signais sous le pseudonyme de Nawak et j’utilisais mon vrai prénom pour les dessins plus polémiques. Nous étions au début de l’année 2013 avec les débats autour du mariage pour tous. Il est devenu de plus en plus difficile de gérer deux identités. Au bout de quelques semaines, j’ai fini par assumer totalement mes positions. J’ai publié un dessin sous le nom de Nawak dénonçant l’homophobie des « manifs pour tous ». Celui-ci a été retweeté par SOS homophobie et tout s’est emballé ! On l’a vu dans tes dessins, tu es très en colère contre les « intégristes » de la Manif pour...