Entretiens

Echange entre deux personnes L, G, B, T ou ++ sur un sujet d’un commun intérêt…

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...
Christophe Madrolle

Festival des Cultures LGBT : « passer partout et laisser une trace »

Bonjour Christophe, peux-tu te présenter en quelques mots... Je m’appelle Christophe Madrolle, je suis auteur, compositeur et interprète. J’ai été le premier artiste français à revendiquer ma pansexualité en 2012. Je viens de sortir mon premier album studio WE ARE THE LOVE. Je suis depuis peu membre du conseil d’administration de l’association Bi’Cause qui est une association culturelle et militante pour la visibilité bisexuelle. Votre travail, vos œuvres : peux-tu nous en dire plus sur ta démarche ? Je n’ai pas toujours été impliqué dans la communauté LGBT. Je n’en ressentais pas le besoin jusqu’au jour où j’ai été interviewé sur ma pansexualité. Ce qui a suscité des réactions assez virulentes de la part de lecteurs LGBTphobes. C’était avant l’épisode du mariage pour tous. Depuis je suis devenu défenseur pour l’égalité des droits et contre les discriminations. Ceci a joué un rôle important dans mes créations, aussi plusieurs de mes chansons traitent spécifiquement de ce sujet. J’ai eu aussi envie de composer la chanson du Refuge « Grandir en paix...

Passion amoureuse ou amitié fraternelle ? La réponse de Stéphane Lambert

http://youtu.be/MIIrofQwfso Dans Fraternelle Mélancolie, Stéphane Lambert explore l'amitié qui unit deux grands écrivains américains, Herman Melville, et Nathaniel Hawthorne. Il décrit et imagine les  stigmates d'une passion tumultueuse... Cela se déroule au milieu du 19ème siècle... Alors "outing" ou pas ? Stéphane Lambert nous donne les clés ici ! Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu rencontré Melville et Hawthorne et pourquoi leur relation t’a interpellé au point d’y consacrer un livre ? Stéphane Lambert : Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai longtemps gardé sur ma table de chevet l’épais volume de Moby Dick, qui est devenu ce qu’on appelle un livre culte, sans réussir à m’y mettre. L’idée de la chasse à la baleine me rebutait. En réalité, Moby Dick est tout sauf un hymne à la chasse à la baleine, c’est un roman de dimension mythique, qui place l’homme face aux grandes questions de l’humanité. Or Moby Dick est dédié à Hawthorne, que je ne connaissais pas. Quand j’ai enfin lu le roman de Melville,...

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...

Décryptage réussi d’une légende du cinéma américain

Hugues Demeusy : Tu nous présentes aujourd'hui un essai sur la grande légende américaine Montgomery Clift, tu précises que ce n'est pas une biographie ? Sébastien Monod : En effet, ce n’en est pas une. Montgomery Clift – L’enfer du décor est un travail d’analyse des choix de carrière de l’acteur, complétée de l’étude des films eux-mêmes. Et je démontre tout au long de mon livre que ces choix ne sont ni innocents ni anodins ; ils sont, certes, réfléchis, car celui qu’on appelle communément Monty était un perfectionniste, mais ils procèdent surtout d’un facteur tout à fait subjectif, inéluctable : lui. Lui en tant qu’homme. Et c’est pourquoi mon travail est néanmoins proche de la biographie, car je m’appuie sur de nombreux éléments privés pour montrer combien sa vie d’homme – et précisément son homosexualité – a influé sur sa carrière. Ce n’est pas par hasard qu’il a choisi des rôles de personnes rejetées ou rebelles, pas un hasard si une grande partie de ces rôles...

Jean Claude Bologne : vivre en couple, toute une histoire !

Au printemps 2013, la loi dite « Taubira » consacre le « mariage pour tous ». Une définition est intégrée au Code civil, dans un nouvel article 143 : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe". Est-ce à dire que cette union officielle symbolise à elle seule l’idée du couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel ? C’est à cette passionnante question que Jean Claude Bologne, philologue formé à l’université de Liège, historien et romancier, s’est attelé, dans une très complète et impressionnante Histoire du couple, de l’Antiquité à nos jours. La polygamie : prédisposition « testiculaire » ? L’ouvrage se lit comme un roman, et pourtant il nous enseigne formidablement – voire fait ou refait notre éducation en matière de ce que nous pensons bien connaître pour l’avoir (presque) toutes et tous vécu : le couple ! N’allons pas imaginer que vivre à deux se résume à une bague passée au doigt pour le meilleur et pour le...

Une famille homoparentale européenne à Hong-Kong

Avant notre arrivée à Hong Kong nous avions contacté le groupe Facebook Rainbow Families of Hong Kong. Cécile et Claire ont tout de suite répondu qu’elles étaient partantes pour nous rencontrer. Cécile est Française, Claire est britannique. Elles ont eu ensemble Elodie qui a aujourd’hui 5 ans. Elles vivent actuellement à Hong Kong où elles travaillent toutes les deux. Nous les avons rencontrées un après midi, dans un parc au milieu de la ville. Pendant que les enfants s’amusaient, nous avons l’occasion de les interviewer. Ce fut une fois de plus une très belle rencontre. Découvrez ici leur histoire, leur passion commune, leurs difficultés pour obtenir leur visa pour Hong Kong… Lien direct vers la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=U1o1092vYcM&t=1s

Une women story devenue success story grâce aux réseaux sociaux

Dans ses « remerciements » qui précèdent le texte de son roman, Stéphanie Vidonne indique : « Merci… à vous lecteurs, sans qui ce projet littéraire n’existerait pas ». D’abord parue en feuilleton sur son site Internet (http://www.mavieenlila.com), l’histoire a très vite capté bon nombre de personnes, pour atteindre les 2000, ce qui a évidemment encouragé Stéphanie à prévoir une édition « papier » de son livre. Alors de quoi s’agit-il ? De deux femmes qui se cherchent – c’est le cas de le dire puisque l’une d’elles est aveugle, mais l’on constatera que le livre fait voler en éclats tous nos a priori de « voyants » sur ce sujet ! –, l’une étant bisexuelle et l’autre pas. Celle qui « voit » le mieux sur le plan des pétillements du désir n’est bien sûr pas celle que l’on croit, et même si le « je » qui s’exprime ne revendique aucune homosexualité, la révélation vécue, à la fois psychologique et physique, prête à...

Yves Navarre, hier, aujourd’hui et demain

Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu « rencontré » Yves Navarre ? Philippe Leconte : A la fin des années 70. J’étais dans la mythique librairie Corman à Knokke-Le-Zoute. Je venais de choisir les poèmes de Constantin Cavafy traduits par Yourcenar, et, à côté, il y avait une pile de Loukoums en livre de poche. C’est la couverture qui m’a attiré, le dessin de David Hockney. J’ai pris le livre, l’ai lu d’une traite et n’ai eu de cesse, après, de découvrir les précédents livres de Navarre, puis, au fur et à mesure, les nouveaux, au gré de leurs parutions. Qu’est-ce qui t’a accroché dans ses écrits ? Navarre a été beaucoup trop catalogué en tant qu’écrivain homosexuel, alors que lui-même se définissait comme écrivain ET homosexuel La façon dont il abordait l’homosexualité. C’était la première fois qu’un écrivain m’en « parlait » comme quelque chose de normal. J’avais l’impression de me découvrir à travers ses livres, que ceux-ci me parlaient de moi. Á l’époque, il n’y avait...