Récits

Faire rêver les lecteurs en leur racontant des histoires…

RAINBOW

« On ne dégrade pas l’arc-en-ciel, il s'effectue tout seul, naturellement. La maire a déclaré qu'on piétine les arcs-en-ciel de façon permanente. C'est une rengaine bien avenue. » On ne délave pas l'arc-en-ciel L'inhumain a-faune déflorant cataclysme Société périclite plie au ras des pâquerettes Hippie style Loin d'idylle L'utopie La peace & l’overdose d'pissenlits D'ores et dej' la pluie toxique Se prend pas en flacon Bon shoot bonsoir drag-tume au crâne Pollution des loques des homards Mafios zoo malabars Columbarium bastringue prudes hommes Olé olé Rainbow saoul la plume d’icelui Arc-en-slam volleyeuses Paraphé d'lauriers roses Fanes et femmes blâmées L'encolure chromatique Choc à pic Se reflète au trottoir Pâme pavé vannes violées etc. Gens cul rivé Genre délit flag' Dislocation des Farces cyniques Nus en scène boréale Mädchen t'pisse dessus L'hospital' en grève

Un parcours souvent difficile, mais pas que

Arrêter ou continuer son chemin ? Une passade ou le résultat d’un brin ? De folie dirais-tu ? Pourtant je suis bien, un être qui va vers son destin d’amphibien. Parcours souvent très difficile, je suis brave. Sans doute moins facile que nos amis les trav. Sans cesse mis en question, sans cesse détourner, de notre identité, notre souveraineté. D’une personne à une autre discussion on est tous sujet pour notre association, d’échanges pantagruesques mis au Centre. Hey ! Non ! Ça ne se passe pas sous le bas-ventre. Entendre les commérages, ils sont très forts. Je suis vaillant sans faire le moindre effort, il suffit de laisser faire, ou bien une claque pédagogique bien sûr, je n’ai pas le trac. Viens à moi ! Discutons, nous verrons bien. Le temps est au beau fixe, revenons au « brin ». Alors ? j’ai le cul entre deux chaises, debout ? Bon allez ! Les Bi, dans la nature, un tout. Il y en a partout ! Des chèvres aux insectes. Je transpose juste parfois mon bon affect, d’une personne à l’autre, d’un genre vers un autre. Mais t’inquiète, je ne suis pas du tout apôtre. J’ai pourtant une foi, mais...

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Pour une absente (à Barbara)

Elle prend la voix S’achèvent les autres feux S’immolent les costumes La première danse chavire Isolée au centre des fauteuils Elle résonne noir Ils pensent blanc Elle prend la voix Isolée dans les tentures Détournée de sa migration Suppliant leur amour Répond le vide Sans terre Racines dures et formées Le grand escalier s’éloigne Les mots flottent comme des bouées Vous n’étiez pas au rendez-vous Mais elle attend Ici même Pas encore de voyage Elle déjà derrière Eux toujours devant L’illusion du mimosa Et des îles bétonnées Aux assassins blonds d’amour Pas tout de suite voûtée Devenue centaines Par milliers d’écume Elle s’envole contre les barreaux Jusqu’à l’arbre pigeon vole Et s’envole Elle a avalé nos violences Pour les changer en berlingots Nous tendions nos paniers d’osier Elle posait tout dedans Novembre veillait Avions-nous compris cette méchante lueur Le temps d’y réfléchir Elle s’est évanouie Même pas à Marienbad Ses plus belles insomnies Le temps qui joue au démonteur Que de fruits comestibles Croqués près des pépins Nous Nos bouches désespérées Repues dès qu’elle chantait Nous étions vénéneux Avec nos airs de piller ses Lunes Elle s’est effrayée Nous étions enfin là Nos respirations sentaient l’ivresse La joie s’est installée Tremblante dans son jardin Elle parlait d’amour Comme à chaque fois L’aigle buvait la pluie Elle s’est couchée entre ses griffes Il...

Le manuscrit

Nous étions en 1967. Il faisait beau et même chaud en cette fin avril. Le soleil n'était pas du luxe, après cet hiver long, humide qui semblait s'être endormi... Nous étions comme anesthésiés par ce manque cruel de lumière et les idées les plus sombres encombraient nos têtes lourdes. Alors ce soleil et le ciel d'un bleu limpide nous revigoraient et nous procuraient des frissons de plaisir. Encore dans mon lit dont j'avais repoussé les draps d'un blanc douteux sur le côté gauche, j'observai mon corps nu, éclairé arbitrairement par les raies de lumière diffusé par les volets fermés. Les moineaux installés dans les arbres bourgeonnant du jardin de curé sous mes fenêtres, chantaient une mélodie qui n'obtiendrait pas la première place du hit parade ; c'était pourtant celle qui m'était la plus familière et qui me donnait du tonus tous les matins. Ma peau pâle était parsemée de poils noirs et luisants surtout sur ma poitrine que je jugeais un peu creuse, et au dessus de...

Mojito

  À Corbeau   ____   Cheveux courts, l’air androgyne, elle capture mon regard aussitôt que j’entre dans le bar. Elle s’assoit toute seule, dans un coin, avec un verre de mojito dans la main. Ses yeux brillent d’un vert frais, comme les feuilles de menthe. La flamme tremblante de la bougie projette une lumière tamisée sur son visage. Elle a l’air d’attendre quelqu’un, ou quelque chose. Toutes les autres filles se fondent dans le décor.     Je vais vers elle. On commence à papoter. Elle raconte ses relations avec des hommes et des femmes. Elle est actuellement en couple avec un homme bisexuel, qui a de temps en temps envie d’être pris par une femme en gode-ceinture. Ce jeu d’inversion de rôles lui plaît. « Mais, » ajoute-t-elle, « ça n’a rien à voir avec le plaisir entre femmes … une femme, c’est un corps de douceur absolue. Le corps d’une femme, c’est un corps plein de collines et de vallées. Tu caresses le corps d’une femme comme tu caresses du regard un paysage...

Retour de l’amant prodigue… Entre chien et loup – Episode 15

Si la photo est bonne... J'étais convaincu que Paris me réservait tant de découvertes, d'aventures, de voyages intérieurs... Pour l'instant, j'occupais mon temps libre à crapahuter dans Paris, avec un appareil photo acheté d'occasion, que j'utilisais pour immortaliser les belles gueules croisées lors de mes pérégrinations. Je photographiais aussi des lieux, des situations que je jugeais intéressantes et originales. L'illusion d'être le témoin de mon époque ou plutôt de capturer à tout jamais des instants éphémères, de retenir le temps qui passe... Quête peut-être naïve qui en tout cas m'entraînait dans des quartiers inconnus ou déjà bien balisés sur lesquels j'avais la prétention d'avoir un regard neuf... Solitaire, je parcourais les rues le nez au vent, l'œil aux aguets. Je me tenais prêt à saisir l'image rare, celle qui ferait la différence. Je ne possédais aucune connaissance techniques de la prise de vue et comptais sur mon intuition pour révéler un talent insoupçonné... Les rouleaux de pellicules s'accumulaient dans un tiroir d'un meuble encastré dans la petite pièce du 52...

Petits Contes Lesbiens – 3

Martine Roffinella continue de nous présenter sa série des Petits Contes Lesbiens. Tel un patineur immobile sur le lac dur et souple de mon corps, tu t’es posée, ton sexe aux aguets, cherchant peut-être la direction où s’élancer, laissant entrevoir sa fierté de héros ; se tenant prêt aux glissades et au tournis de l’envol. Je me sentais immense et minuscule, petite île logée en plein cœur de l’Univers et en même temps l’Univers lui-même, qui allait t’englober tout en redevenant petite île. Je me sentais illimitée et restreinte, belle et hideuse, jeune et centenaire, femme et homme ; on eût dit que je me métamorphosais avec toi sur moi, qui commençais à glisser doucement sur mon pubis, ta chaleur inondant la mienne pour ne former qu’une seule atmosphère incandescente. Soudain je m’y enflammai. Mon lac devint eaux tropicales où la végétation luxuriante se mit à s’enrouler autour de tes hanches, tes jambes en mouvement, tes cuisses fermes. Mon ventre devint un port, ou peut-être...

Avis de tempête : Entre chien et loup – Episode 14

Tea for three Thierry, le traître, se dirige vers ce qui doit être la salle de bains pour prendre une douche... il précise avec un clin d'œil qu'on ne le dérange pas pendant ses ablutions.... Nous demeurons donc seuls, Hervé et moi, et notre gêne s’accroît de minute en minute. Je sors mon paquet de blondes et en propose une à mon hôte, qui refuse. Brrrrrr. Il ne m'invite pas à m'asseoir, pendant qu'il pose ses affaires, et je suis planté comme un idiot que je suis ne sachant que faire ni que dire, tirant sur ma clope... Il me demande au bout d'un instant qui me parait un siècle, si je veux un thé. J'accepte benoîtement, et pour briser la glace, je fais mine de m'intéresser à son travail. Il revient de la mini-cuisine et extrait quelques grandes toiles posées à même le sol. Il allume l'halogène et je découvre des garçons musclés, peu vêtus, dans des poses de guerriers modernes. Le tout est réalisé...