Récits

Faire rêver les lecteurs en leur racontant des histoires…

Un parcours souvent difficile, mais pas que

Arrêter ou continuer son chemin ? Une passade ou le résultat d’un brin ? De folie dirais-tu ? Pourtant je suis bien, un être qui va vers son destin d’amphibien. Parcours souvent très difficile, je suis brave. Sans doute moins facile que nos amis les trav. Sans cesse mis en question, sans cesse détourner, de notre identité, notre souveraineté. D’une personne à une autre discussion on est tous sujet pour notre association, d’échanges pantagruesques mis au Centre. Hey ! Non ! Ça ne se passe pas sous le bas-ventre. Entendre les commérages, ils sont très forts. Je suis vaillant sans faire le moindre effort, il suffit de laisser faire, ou bien une claque pédagogique bien sûr, je n’ai pas le trac. Viens à moi ! Discutons, nous verrons bien. Le temps est au beau fixe, revenons au « brin ». Alors ? j’ai le cul entre deux chaises, debout ? Bon allez ! Les Bi, dans la nature, un tout. Il y en a partout ! Des chèvres aux insectes. Je transpose juste parfois mon bon affect, d’une personne à l’autre, d’un genre vers un autre. Mais t’inquiète, je ne suis pas du tout apôtre. J’ai pourtant une foi, mais...

Petits Contes Lesbiens – 1

Ton sein dans ma bouche je vole. Le bout est ma capsule tendre et dure à la fois, un logis malléable où ma langue se faufile, roule et ondule. Ton sein dans ma bouche je vole. Je l’absorbe et me le prends entier comme moisson délicieuse du désir de ton corps en attente. Je suis la saison qui fait mûrir ton sein, et voilà je le cueille, je le mords, le croque et m’en délecte, sa chair gorgée de soleil me régénère, je m’en emplis jusqu’à l’ivresse. Je vole. Mes bras t’enserrent, ma bouche mange ton sein et je vole. J’ai percé la voûte du ciel et là tu as gémi, tu as senti que je franchissais la sphère humaine, tu t’es accouplée à mon décollage, voilà nous sommes deux dans la capsule de ton sein, nous sommes soudées et presque réduites à un corps. Mais non, ton sein s’arrondit, se durcit entre mes lèvres, il me pénètre et me remplit, je sais que tu...

Sans domicile fixe. Entre chien et loup – Episode 10

Adresse inconnue Il s'en est passé des choses depuis notre entrevue cruciale avec le Commissaire du Quai des Orfèvres. Il nous a reçu, Yann et moi, après nous avoir fait patienter dans un bureau sous les toits. C'était bien sûr la première fois que nous visitions cet endroit emblématique et nous nous sommes perdu dans les dédales de ces couloirs sans fin ! Très loin des clichés planant sur l'univers policier et ses excès, nous avons été reçu par un quadra souriant, méthodique, direct et respectueux. Grand, bien découplé, il ne manquait pas de charme et son look décontracté pouvait paraître presque anachronique dans ce lieu froid où la tension était palpable. Nous étions intimidés, apeurés, la gorge sèche. Notre hôte nous a offert deux cafés fumants pour détendre l'atmosphère que nous avons accepter dubitatifs, surpris par cet accueil presque suspect ! (Nous avons compris par la suite que prévenu par Jean, il était averti de notre arrivée). Après avoir décliné notre identité à tour de rôle, j'ai monopolisé la parole et raconté brièvement...

Bonne résolution de nouvelle année

Comme tous les 1er janvier, dans le monde entier, des millions de femmes, et quelques milliers d’hommes, se promettent de faire attention à leur ligne par un régime et du sport. Surtout du sport. Mais combien honnêtement respectent cette promesse au-delà d’un mois, voire deux pour les plus courageux. N’étant pas différente du commun des mortels, je me suis aussi faite cette vaine promesse. Donc, bravement et sérieusement, je me suis inscrite pour une séance de découverte dans un club sportif parisien. Me voilà dans mon plus beau survêtement noir, bien sûr pour cacher les rondeurs honteuses, à tester mes limites très limitées. Je souffre, j’en bave mais je continue. Deux heures de supplice qui au final m’ont convaincu de rempiler. Mais c’est moins pour l’amour du sport que pour la coach. Une splendeur. Une perfection. Tout semble si facile pour elle. Si fluide, alors que pour nous… Prochaine séance la semaine prochaine, avec le même entrain. Facile quand la jeune femme la plus...

RAINBOW

« On ne dégrade pas l’arc-en-ciel, il s'effectue tout seul, naturellement. La maire a déclaré qu'on piétine les arcs-en-ciel de façon permanente. C'est une rengaine bien avenue. » On ne délave pas l'arc-en-ciel L'inhumain a-faune déflorant cataclysme Société périclite plie au ras des pâquerettes Hippie style Loin d'idylle L'utopie La peace & l’overdose d'pissenlits D'ores et dej' la pluie toxique Se prend pas en flacon Bon shoot bonsoir drag-tume au crâne Pollution des loques des homards Mafios zoo malabars Columbarium bastringue prudes hommes Olé olé Rainbow saoul la plume d’icelui Arc-en-slam volleyeuses Paraphé d'lauriers roses Fanes et femmes blâmées L'encolure chromatique Choc à pic Se reflète au trottoir Pâme pavé vannes violées etc. Gens cul rivé Genre délit flag' Dislocation des Farces cyniques Nus en scène boréale Mädchen t'pisse dessus L'hospital' en grève

Petits Contes Lesbiens – 2

Je me suis avancée entre tes cuisses, d’abord un peu timide, puis aventurière de tes désirs. Une sorte d’arche s’est ouverte à la naissance de ton ventre, je me suis approchée car elle semblait solide. Mais chaque fois que je m’approchais l’arche disparaissait, s’évanouissant au-dessus de l’oreiller où la houle de tes cheveux ondulait. Mes lèvres se sont alors promenées sur ton mont de Vénus, si chaud qu’il me sembla gorgé de soleil nocturne, comme si l’astre avait éteint la lumière mais gardé toute son incandescence. L’arche réapparut ; je vis des couleurs s’y dessiner, cependant je ne pus mettre un nom sur ces teintes-là, car je sentais bien qu’elles n’existaient pas en réalité, et que c’était ton plaisir qui les créait au fur et à mesure de ses vagues. Ton clitoris m’apparut tel le centre d’un coeur - la petite zone ultra-sensible où tout se résume, tout se joue dans un si minuscule espace pourtant - tout se construit et se déconstruit au rythme de pulsations...

New-York New-York – Entre chien et loup Episode 11

Résumé des épisodes précédents Hugues, la vingtaine, débarque à Paris afin de suivre une formation en Communication. Très vite, il intègre une bande de fêtards et hante les lieux nocturnes. Nous sommes à la fin des années 70... le Palace, les Bains Douches sont les aimants de sa nouvelle vie, et Olivier son compagnon de débauche. Mais la drogue rôde et fait d'Olivier sa victime. Une overdose alerte les parents de ce dernier, qui l'enferme dans un centre de désintoxication en Province. Hugues a rencontré Yann, un jeune comédien au chômage, qui devient, outre son partenaire sexuel, son ange-gardien. Pendant que Yann entame à contre cœur une carrière de mannequin, Hugues rencontre Jean, un grand militant qui porte le projet de créer une revue homosexuelle. Mais Hugues et Yann sont poursuivis par les dealers d'Olivier. Ils tentent de leur échapper avec l'aide éclairée de Jean. Nous sommes maintenant au début des années 80. Une nouvelle décennie débute, la gauche arrive au pouvoir avec son cortège...

Le clown et l’acrobate

À travers la France, les départements plus ou moins obscurs et les villes pleines d’enfants désabusés, accro aux jeux vidéo en solitaires, et aux parents trop pressés et occupés, le petit cirque familial tente bravement de survivre. Composé d’une modeste ménagerie de trois singes capucins coquins, d’un couple de zèbres loin de chez eux et d’un unique cheval-star monté et dressé par sa belle cavalière. Monsieur Loyal, Aldo propriétaire et père de famille, entouré de sa fille aînée Alina la cavalière, de son gendre Peter vétérinaire responsable de la ménagerie et dresseur de zèbres, de son fils cadet Anton acrobate, et de sa fille cadette Anita maîtresse des singes capucins et également acrobate. Les deux clowns, les frères Marco et Enzo, sont des proches de la famille. Qu’il s’élève dans les airs ou qu’il subjugue le public par ses acrobaties sur le sol, le corps d’Adonis d’Anton est un ravissement pour les yeux... Tous ces gens dans l’abnégation dévoilent des trésors de courage et d’adresse pour faire...

Entre chien et loup : chroniques parisiennes – épisode 1

 Episode 1  J'ai débarqué à la Gare de Lyon avec ma grosse valise marron. Après quelques hésitations, j'ai enfin trouvé la ligne de métro qui me mènera chez Cousine Marcelle, rue de la Clé, dans le 5ème arrondissement. Tout mon passé pèse lourd au bout de mon bras. Pourtant cette grande valise ne contient que quelques vêtements et un nécessaire de toilette... Ça se résume donc à ça, quelque vingt ans d'existence : une enfance choyée mais solitaire, une adolescence difficile, esseulée, interminable... C'est sans aucun doute la dernière épreuve que je dois vaincre pour me débarrasser à tout jamais de cette vie pitoyable, cette vie d'avant sur laquelle je ne compte pas me retourner. Jamais ! Alors, franchement, ça en vaut la peine ! Cousine Marcelle loge au troisième étage dans un bel immeuble en pierre de taille, dans cette rue étroite et calme à cette heure de la journée. Je commence à gravir l'escalier éclairé par des grandes fenêtres en verre dépoli, en traînant ma valise...