Récits

Faire rêver les lecteurs en leur racontant des histoires…

Avis de tempête : Entre chien et loup – Episode 14

Tea for three Thierry, le traître, se dirige vers ce qui doit être la salle de bains pour prendre une douche... il précise avec un clin d'œil qu'on ne le dérange pas pendant ses ablutions.... Nous demeurons donc seuls, Hervé et moi, et notre gêne s’accroît de minute en minute. Je sors mon paquet de blondes et en propose une à mon hôte, qui refuse. Brrrrrr. Il ne m'invite pas à m'asseoir, pendant qu'il pose ses affaires, et je suis planté comme un idiot que je suis ne sachant que faire ni que dire, tirant sur ma clope... Il me demande au bout d'un instant qui me parait un siècle, si je veux un thé. J'accepte benoîtement, et pour briser la glace, je fais mine de m'intéresser à son travail. Il revient de la mini-cuisine et extrait quelques grandes toiles posées à même le sol. Il allume l'halogène et je découvre des garçons musclés, peu vêtus, dans des poses de guerriers modernes. Le tout est réalisé...

Retour de l’amant prodigue… Entre chien et loup – Episode 15

Si la photo est bonne... J'étais convaincu que Paris me réservait tant de découvertes, d'aventures, de voyages intérieurs... Pour l'instant, j'occupais mon temps libre à crapahuter dans Paris, avec un appareil photo acheté d'occasion, que j'utilisais pour immortaliser les belles gueules croisées lors de mes pérégrinations. Je photographiais aussi des lieux, des situations que je jugeais intéressantes et originales. L'illusion d'être le témoin de mon époque ou plutôt de capturer à tout jamais des instants éphémères, de retenir le temps qui passe... Quête peut-être naïve qui en tout cas m'entraînait dans des quartiers inconnus ou déjà bien balisés sur lesquels j'avais la prétention d'avoir un regard neuf... Solitaire, je parcourais les rues le nez au vent, l'œil aux aguets. Je me tenais prêt à saisir l'image rare, celle qui ferait la différence. Je ne possédais aucune connaissance techniques de la prise de vue et comptais sur mon intuition pour révéler un talent insoupçonné... Les rouleaux de pellicules s'accumulaient dans un tiroir d'un meuble encastré dans la petite pièce du 52...
couloir hopital

Entre chien et loup : chroniques parisiennes – épisode 5

Parents je vous hais... Olivier a eu chaud. Il est passé tout près de l'overdose. Il est hospitalisé à Saint-Antoine et Thierry a cette fois-ci été dans l'obligation de prévenir ses parents. Ils ont déboulé à Paris, vexés de ne rien avoir vu venir. Comment auraient-ils pu comprendre, ces grands bourgeois emmurés dans leur certitudes. Les parents ont débarqué dans la chambre, tels des grands seigneurs à qui tout est dû. Leur affectation malsaine pour leur fils unique et le dédain avec lequel ils nous ont presque ignoré m'a immédiatement stupéfait... J'ai compris qui était Olivier en découvrant incrédule ses parents si distants, incapables du moindre témoignage d'affection : des juges, des bourreaux ! Combien j'ai ressenti soudain la souffrance accumulée depuis l'enfance, certainement accrue durant l'adolescence... mais j'eusse préféré qu'Olivier choisisse le camp de la fuite et de l'oubli, plutôt que celui de l'autodestruction, qui leurs donne raison ! J'étais avec Isabelle et Thierry, quand ils ont débarqué dans la chambre, tels des grands seigneurs à qui tout est dû. Leur affectation malsaine pour leur...

Le clown et l’acrobate

À travers la France, les départements plus ou moins obscurs et les villes pleines d’enfants désabusés, accro aux jeux vidéo en solitaires, et aux parents trop pressés et occupés, le petit cirque familial tente bravement de survivre. Composé d’une modeste ménagerie de trois singes capucins coquins, d’un couple de zèbres loin de chez eux et d’un unique cheval-star monté et dressé par sa belle cavalière. Monsieur Loyal, Aldo propriétaire et père de famille, entouré de sa fille aînée Alina la cavalière, de son gendre Peter vétérinaire responsable de la ménagerie et dresseur de zèbres, de son fils cadet Anton acrobate, et de sa fille cadette Anita maîtresse des singes capucins et également acrobate. Les deux clowns, les frères Marco et Enzo, sont des proches de la famille. Qu’il s’élève dans les airs ou qu’il subjugue le public par ses acrobaties sur le sol, le corps d’Adonis d’Anton est un ravissement pour les yeux... Tous ces gens dans l’abnégation dévoilent des trésors de courage et d’adresse pour faire...

Des paillettes à la révolution ! Entre chien et loup – épisode 6

Olivier a disparu ! Sa chambre est vide. Ses affaires ont disparu. Thierry est effondré, totalement vidé par la violence de ce qu'il vient de vivre. Les mots se bousculent dans sa bouche. Nous comprenons, Isabelle et moi,  que les parents d'Olivier sont venus tôt le matin pour emmener leur fils, comme des voleurs ! Le mot de kidnapping nous brûle les lèvres, même si bien sûr, ce n'en est pas un. Sans doute, ont-ils fomenté ce retour chez eux avec la Direction de l'Hôpital. Ils ont certainement fait intervenir leurs relations haut-placées et cette sortie a été programmée dans le plus grand secret, tout au moins dans notre dos ! Nous n'avons jamais entendu quoi que ce soit concernant son départ. Pourtant nous étions là, chacun à notre tour. Nous avions confiance dans le personnel soignant. On nous a trompé. Quand nous avons réclamé des explications concernant cette décision, on nous a bien fait comprendre que nous n'avions aucun droit sur Olivier. On ne voulait plus nous voir traîner dans les parages. Cela avait le mérite d'être clair ! En...

Un parcours souvent difficile, mais pas que

Arrêter ou continuer son chemin ? Une passade ou le résultat d’un brin ? De folie dirais-tu ? Pourtant je suis bien, un être qui va vers son destin d’amphibien. Parcours souvent très difficile, je suis brave. Sans doute moins facile que nos amis les trav. Sans cesse mis en question, sans cesse détourner, de notre identité, notre souveraineté. D’une personne à une autre discussion on est tous sujet pour notre association, d’échanges pantagruesques mis au Centre. Hey ! Non ! Ça ne se passe pas sous le bas-ventre. Entendre les commérages, ils sont très forts. Je suis vaillant sans faire le moindre effort, il suffit de laisser faire, ou bien une claque pédagogique bien sûr, je n’ai pas le trac. Viens à moi ! Discutons, nous verrons bien. Le temps est au beau fixe, revenons au « brin ». Alors ? j’ai le cul entre deux chaises, debout ? Bon allez ! Les Bi, dans la nature, un tout. Il y en a partout ! Des chèvres aux insectes. Je transpose juste parfois mon bon affect, d’une personne à l’autre, d’un genre vers un autre. Mais t’inquiète, je ne suis pas du tout apôtre. J’ai pourtant une foi, mais...

A la lumière des sexes

Sur la glissée du drap, on compte quelques amours. La lumière ne s’en souciant guère, ma main suspendue tenant la cigarette, le soir s’est transformé en une nuit paisible et claire. Que pouvait bien faire l’autre main ?     Posée comme endormie, si sage, elle s’est tenue là quelques temps sans se faire remarquer. Cette main de l’inconscient repos si profond. Mon téléphone a clignoté signifiant la réception d’un message. Je n’ai pas éteint la lampe de chevet et ne porte qu’un t-shirt. Quand j’ai dégagé le drap mon sexe fut exposé au milieu des poils pubiens, au centre du lit, dans un coin de la pièce. Mon regard s’est porté sur mon pénis dans une sensation d’image adoucie. J’ai aimé l’absence de détails désagréables. La musique sort d’une enceinte à la technologie bluetooth. Il n’y a pas eu de cigarette, j’ai menti. Il reste les mots si préservés qui se suivent ainsi : madame rêve au jour le jour Irène, Irène immortels Brest. Et plus loin, période bleue. Le barman plutôt...

Petits Contes Lesbiens – 2

Je me suis avancée entre tes cuisses, d’abord un peu timide, puis aventurière de tes désirs. Une sorte d’arche s’est ouverte à la naissance de ton ventre, je me suis approchée car elle semblait solide. Mais chaque fois que je m’approchais l’arche disparaissait, s’évanouissant au-dessus de l’oreiller où la houle de tes cheveux ondulait. Mes lèvres se sont alors promenées sur ton mont de Vénus, si chaud qu’il me sembla gorgé de soleil nocturne, comme si l’astre avait éteint la lumière mais gardé toute son incandescence. L’arche réapparut ; je vis des couleurs s’y dessiner, cependant je ne pus mettre un nom sur ces teintes-là, car je sentais bien qu’elles n’existaient pas en réalité, et que c’était ton plaisir qui les créait au fur et à mesure de ses vagues. Ton clitoris m’apparut tel le centre d’un coeur - la petite zone ultra-sensible où tout se résume, tout se joue dans un si minuscule espace pourtant - tout se construit et se déconstruit au rythme de pulsations...

L’Orgueil de Nankin

Mais, en toute logique, je n'aurais pas dû non plus connaître Lu le Perspicace, mon ami physicien. Alors pourquoi s'étonner d'entendre dire nos anciens : "Mille lis ne peuvent empêcher une rencontre prédestinée." L'Université de Nankin était une grande école, on arrivait tout de même à atteindre ses murs. Tant d'occasions permettaient aux étudiants de tisser des liens d'amitié : les soirées dansantes au réfectoire, les cours de beaux-arts et de musique classique dans la salle des fêtes, les rencontres sportives sur le grand stade et le hasard des allées qui les amenaient aux salles de classe, à la bibliothèque, à la salle de lecture. A l'école, je menais une vie sobre, en dehors de la zone sud dite de vie, de la zone nord d'enseignement, je sortais rarement dans la rue sauf parfois pour voir un film instructif ou acheter un pantalon à la mode, un veston d'hiver ou quelque chose de ce genre. La plupart du temps je restais "sur mon banc...