Récits

Faire rêver les lecteurs en leur racontant des histoires…

Sexe et dépendance. Entre chien et loup – Episode 12

Sexe et dépendance Je me retrouvais en ce printemps 1982 en deuil de l'optimisme, de la bonté de Yann. Il avait éclairé ma vie d'un nouveau jour. Trouverai-je un autre astre pour réchauffer mes os ? Je tentais de m’enivrer dans un tourbillon de sorties et de nuits agitées, et découvrais ces lieux que je ne connaissais pas encore, et j'en devenais rapidement un habitué ! Le Broad, rue de la Ferronnerie dans les Halles, Haute Tension, le BH et ses mauvais garçons... Les dimanches avaient également leur soif d'illusoires ivresses et après les tea dances du Palace et ses nombreux adeptes, au torse nu et huilé, muscles exhibés sur rythmes endiablés, je préférais prendre mes habitudes au Rex Club, où les kikis dont les houppes et les grosses pompes militaires me faisaient tourner la tête. Vêtu d'un bombers bleu marine, d'un polo orné d'une couronne de laurier, d'un 501 et de mes paraboots, les cheveux rasés sur les côtés, j'étais paré pour me fondre dans la communauté...

Le manuscrit

Nous étions en 1967. Il faisait beau et même chaud en cette fin avril. Le soleil n'était pas du luxe, après cet hiver long, humide qui semblait s'être endormi... Nous étions comme anesthésiés par ce manque cruel de lumière et les idées les plus sombres encombraient nos têtes lourdes. Alors ce soleil et le ciel d'un bleu limpide nous revigoraient et nous procuraient des frissons de plaisir. Encore dans mon lit dont j'avais repoussé les draps d'un blanc douteux sur le côté gauche, j'observai mon corps nu, éclairé arbitrairement par les raies de lumière diffusé par les volets fermés. Les moineaux installés dans les arbres bourgeonnant du jardin de curé sous mes fenêtres, chantaient une mélodie qui n'obtiendrait pas la première place du hit parade ; c'était pourtant celle qui m'était la plus familière et qui me donnait du tonus tous les matins. Ma peau pâle était parsemée de poils noirs et luisants surtout sur ma poitrine que je jugeais un peu creuse, et au dessus de...

Le chanteur

Quand il monte sur scène, à la première seconde je manque de souffle. La vue de ce Chanteur incroyablement talentueux charismatique et séduisant me rend fou d’amour et d’admiration. Je le connais et le suis depuis de nombreuses années. Nos chemins se croisent de temps en temps et à chaque fois ce sont de merveilleux moments fugaces intenses et inoubliables. Son beau visage s’illumine à la vie et à ses fans. Son sourire ravageur et tendre fait apparaître d’adorables fossettes sexy et mutines. Toujours le mot gentil et drôle pour attiser l’amitié ou l’amour de son public acquis. C’est un bourreau. Un tortionnaire. Conscient ou inconscient de son pouvoir de séduction, en jouant habilement, il sera éternellement pour moi l’Homme idéal. L’Artiste absolu. L’Ami que je n’aurai jamais. L’Amant impossible, il aime bien trop les femmes. Je ne suis pas une femme, juste un fan parmi tant d’autres qui rêve d’un regard, d’un sourire, d’un clin d’œil complice. Rêver c’est bien le terme approprié. Le merveilleux fantasme d’un...

New-York New-York – Entre chien et loup Episode 11

Résumé des épisodes précédents Hugues, la vingtaine, débarque à Paris afin de suivre une formation en Communication. Très vite, il intègre une bande de fêtards et hante les lieux nocturnes. Nous sommes à la fin des années 70... le Palace, les Bains Douches sont les aimants de sa nouvelle vie, et Olivier son compagnon de débauche. Mais la drogue rôde et fait d'Olivier sa victime. Une overdose alerte les parents de ce dernier, qui l'enferme dans un centre de désintoxication en Province. Hugues a rencontré Yann, un jeune comédien au chômage, qui devient, outre son partenaire sexuel, son ange-gardien. Pendant que Yann entame à contre cœur une carrière de mannequin, Hugues rencontre Jean, un grand militant qui porte le projet de créer une revue homosexuelle. Mais Hugues et Yann sont poursuivis par les dealers d'Olivier. Ils tentent de leur échapper avec l'aide éclairée de Jean. Nous sommes maintenant au début des années 80. Une nouvelle décennie débute, la gauche arrive au pouvoir avec son cortège...

Le clown et l’acrobate

À travers la France, les départements plus ou moins obscurs et les villes pleines d’enfants désabusés, accro aux jeux vidéo en solitaires, et aux parents trop pressés et occupés, le petit cirque familial tente bravement de survivre. Composé d’une modeste ménagerie de trois singes capucins coquins, d’un couple de zèbres loin de chez eux et d’un unique cheval-star monté et dressé par sa belle cavalière. Monsieur Loyal, Aldo propriétaire et père de famille, entouré de sa fille aînée Alina la cavalière, de son gendre Peter vétérinaire responsable de la ménagerie et dresseur de zèbres, de son fils cadet Anton acrobate, et de sa fille cadette Anita maîtresse des singes capucins et également acrobate. Les deux clowns, les frères Marco et Enzo, sont des proches de la famille. Qu’il s’élève dans les airs ou qu’il subjugue le public par ses acrobaties sur le sol, le corps d’Adonis d’Anton est un ravissement pour les yeux... Tous ces gens dans l’abnégation dévoilent des trésors de courage et d’adresse pour faire...
motos

Silence, je revis

Apercevant Julian dans la cour, Mathieu court vers lui : « Attends ! Demain c’est mon jour de repos, je pourrais te faire visiter notre petite ville si ça te dit ? » « Avec plaisir ! Mais tu as peut-être mieux à faire que jouer les guides. » « Si je te le propose c’est que j’en ai envie. Alors tu acceptes ? … Parfait ! Je viens te chercher demain matin chez toi vers dix heures. » Voyage en moto pour une vraie partie de campagne. Ciel bleu, temps radieux et paysages verdoyants. Tout pour contribuer à une visite guidée des plus réussies. Mathieu montre au nouveau venu tout ce qu’il y a de plus beau à voir dans la région, à sa connaissance. Et plus particulièrement un endroit « secret » où il vient parfois se ressourcer afin d’évacuer un trop plein de stress. Il s’agit d’une petite crique au bord de la rivière, assez retirée de la ville. En tout cas suffisamment pour se...

Un parcours souvent difficile, mais pas que

Arrêter ou continuer son chemin ? Une passade ou le résultat d’un brin ? De folie dirais-tu ? Pourtant je suis bien, un être qui va vers son destin d’amphibien. Parcours souvent très difficile, je suis brave. Sans doute moins facile que nos amis les trav. Sans cesse mis en question, sans cesse détourner, de notre identité, notre souveraineté. D’une personne à une autre discussion on est tous sujet pour notre association, d’échanges pantagruesques mis au Centre. Hey ! Non ! Ça ne se passe pas sous le bas-ventre. Entendre les commérages, ils sont très forts. Je suis vaillant sans faire le moindre effort, il suffit de laisser faire, ou bien une claque pédagogique bien sûr, je n’ai pas le trac. Viens à moi ! Discutons, nous verrons bien. Le temps est au beau fixe, revenons au « brin ». Alors ? j’ai le cul entre deux chaises, debout ? Bon allez ! Les Bi, dans la nature, un tout. Il y en a partout ! Des chèvres aux insectes. Je transpose juste parfois mon bon affect, d’une personne à l’autre, d’un genre vers un autre. Mais t’inquiète, je ne suis pas du tout apôtre. J’ai pourtant une foi, mais...

Dessine-moi un clitoris

Autour du bar ils étaient nombreux mais nous étions en intimité. La conversation prenait son rythme aux couleurs des guirlandes électriques ; je portais le rouge à lèvres Tendre bordeau acheté avec Lison à Monoprix et le vernis à ongle violet que Mireille m’avait prêté. Nous parlions boucles d’oreilles. Celle de Raphaël, mon colocataire, brillait à côté de son sourire. Il posa son verre sur sa cuisse et attrapa le journal Le Monde de l’autre main. Il fêtera ses soixante ans durant son voyage au Mexique, Terra e Liberdade. - J’ai vu des boucles d’oreilles en forme de clitoris, sur internet ! Lançai-je en hurlant un brin. J’avais récemment connu la coupe de l’organe génital féminin dans un hors-série de Causette. Ça m’avait intrigué de voir ce dessin... J’avais récemment connu la coupe de l’organe génital féminin dans un hors-série de Causette. Ça m’avait intrigué de voir ce dessin, contemplé par Sandrine sur une grande table en bois, à Paimpol. J’ai cru y voir le pénis d’un homme, mais...
traces de pas dans le sable

Une rencontre, une révélation, une belle journée d’été

Je me doute bien que les gens que je croise s'éloignent de quelques pas pour me laisser passer. Merci à eux ! 'Merci à eux'. Je les entends qui me disent : « Excusez-moi » et je souris, heureuse de cela. Laissez-moi me présenter un peu plus. Je m'appelle Gabriella, j'ai 20 ans et suis mal voyante. Je suis venue ici avec ma famille à Bormes les Mimosas pour les vacances. Quelle joie ! Je suis d'un naturel calme mais dans un environnement de confiance, je suis tout autre et ce, malgré mon handicap visuel. J'aime faire la fête, du sport et passer du temps avec mes proches. Du haut de mes 20 ans, je n'ai jamais eu de relation amoureuse avec personne... même pas un béguin. Je sais que mes proches, notamment mes parents, s'en inquiètent mais moi je ne m'en préoccupe pas. Je profite de la vie et c'est très bien ainsi. Mes proches, due à ma très mauvaise vue, notamment, m'attribuent la capacité...