Récits

Faire rêver les lecteurs en leur racontant des histoires…

Un parcours souvent difficile, mais pas que

Arrêter ou continuer son chemin ? Une passade ou le résultat d’un brin ? De folie dirais-tu ? Pourtant je suis bien, un être qui va vers son destin d’amphibien. Parcours souvent très difficile, je suis brave. Sans doute moins facile que nos amis les trav. Sans cesse mis en question, sans cesse détourner, de notre identité, notre souveraineté. D’une personne à une autre discussion on est tous sujet pour notre association, d’échanges pantagruesques mis au Centre. Hey ! Non ! Ça ne se passe pas sous le bas-ventre. Entendre les commérages, ils sont très forts. Je suis vaillant sans faire le moindre effort, il suffit de laisser faire, ou bien une claque pédagogique bien sûr, je n’ai pas le trac. Viens à moi ! Discutons, nous verrons bien. Le temps est au beau fixe, revenons au « brin ». Alors ? j’ai le cul entre deux chaises, debout ? Bon allez ! Les Bi, dans la nature, un tout. Il y en a partout ! Des chèvres aux insectes. Je transpose juste parfois mon bon affect, d’une personne à l’autre, d’un genre vers un autre. Mais t’inquiète, je ne suis pas du tout apôtre. J’ai pourtant une foi, mais...

RAINBOW

« On ne dégrade pas l’arc-en-ciel, il s'effectue tout seul, naturellement. La maire a déclaré qu'on piétine les arcs-en-ciel de façon permanente. C'est une rengaine bien avenue. » On ne délave pas l'arc-en-ciel L'inhumain a-faune déflorant cataclysme Société périclite plie au ras des pâquerettes Hippie style Loin d'idylle L'utopie La peace & l’overdose d'pissenlits D'ores et dej' la pluie toxique Se prend pas en flacon Bon shoot bonsoir drag-tume au crâne Pollution des loques des homards Mafios zoo malabars Columbarium bastringue prudes hommes Olé olé Rainbow saoul la plume d’icelui Arc-en-slam volleyeuses Paraphé d'lauriers roses Fanes et femmes blâmées L'encolure chromatique Choc à pic Se reflète au trottoir Pâme pavé vannes violées etc. Gens cul rivé Genre délit flag' Dislocation des Farces cyniques Nus en scène boréale Mädchen t'pisse dessus L'hospital' en grève

Mojito

  À Corbeau   ____   Cheveux courts, l’air androgyne, elle capture mon regard aussitôt que j’entre dans le bar. Elle s’assoit toute seule, dans un coin, avec un verre de mojito dans la main. Ses yeux brillent d’un vert frais, comme les feuilles de menthe. La flamme tremblante de la bougie projette une lumière tamisée sur son visage. Elle a l’air d’attendre quelqu’un, ou quelque chose. Toutes les autres filles se fondent dans le décor.     Je vais vers elle. On commence à papoter. Elle raconte ses relations avec des hommes et des femmes. Elle est actuellement en couple avec un homme bisexuel, qui a de temps en temps envie d’être pris par une femme en gode-ceinture. Ce jeu d’inversion de rôles lui plaît. « Mais, » ajoute-t-elle, « ça n’a rien à voir avec le plaisir entre femmes … une femme, c’est un corps de douceur absolue. Le corps d’une femme, c’est un corps plein de collines et de vallées. Tu caresses le corps d’une femme comme tu caresses du regard un paysage...

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Dessine-moi un clitoris

Autour du bar ils étaient nombreux mais nous étions en intimité. La conversation prenait son rythme aux couleurs des guirlandes électriques ; je portais le rouge à lèvres Tendre bordeau acheté avec Lison à Monoprix et le vernis à ongle violet que Mireille m’avait prêté. Nous parlions boucles d’oreilles. Celle de Raphaël, mon colocataire, brillait à côté de son sourire. Il posa son verre sur sa cuisse et attrapa le journal Le Monde de l’autre main. Il fêtera ses soixante ans durant son voyage au Mexique, Terra e Liberdade. - J’ai vu des boucles d’oreilles en forme de clitoris, sur internet ! Lançai-je en hurlant un brin. J’avais récemment connu la coupe de l’organe génital féminin dans un hors-série de Causette. Ça m’avait intrigué de voir ce dessin... J’avais récemment connu la coupe de l’organe génital féminin dans un hors-série de Causette. Ça m’avait intrigué de voir ce dessin, contemplé par Sandrine sur une grande table en bois, à Paimpol. J’ai cru y voir le pénis d’un homme, mais...

New-York New-York – Entre chien et loup Episode 11

Résumé des épisodes précédents Hugues, la vingtaine, débarque à Paris afin de suivre une formation en Communication. Très vite, il intègre une bande de fêtards et hante les lieux nocturnes. Nous sommes à la fin des années 70... le Palace, les Bains Douches sont les aimants de sa nouvelle vie, et Olivier son compagnon de débauche. Mais la drogue rôde et fait d'Olivier sa victime. Une overdose alerte les parents de ce dernier, qui l'enferme dans un centre de désintoxication en Province. Hugues a rencontré Yann, un jeune comédien au chômage, qui devient, outre son partenaire sexuel, son ange-gardien. Pendant que Yann entame à contre cœur une carrière de mannequin, Hugues rencontre Jean, un grand militant qui porte le projet de créer une revue homosexuelle. Mais Hugues et Yann sont poursuivis par les dealers d'Olivier. Ils tentent de leur échapper avec l'aide éclairée de Jean. Nous sommes maintenant au début des années 80. Une nouvelle décennie débute, la gauche arrive au pouvoir avec son cortège...

Sexe et dépendance. Entre chien et loup – Episode 12

Sexe et dépendance Je me retrouvais en ce printemps 1982 en deuil de l'optimisme, de la bonté de Yann. Il avait éclairé ma vie d'un nouveau jour. Trouverai-je un autre astre pour réchauffer mes os ? Je tentais de m’enivrer dans un tourbillon de sorties et de nuits agitées, et découvrais ces lieux que je ne connaissais pas encore, et j'en devenais rapidement un habitué ! Le Broad, rue de la Ferronnerie dans les Halles, Haute Tension, le BH et ses mauvais garçons... Les dimanches avaient également leur soif d'illusoires ivresses et après les tea dances du Palace et ses nombreux adeptes, au torse nu et huilé, muscles exhibés sur rythmes endiablés, je préférais prendre mes habitudes au Rex Club, où les kikis dont les houppes et les grosses pompes militaires me faisaient tourner la tête. Vêtu d'un bombers bleu marine, d'un polo orné d'une couronne de laurier, d'un 501 et de mes paraboots, les cheveux rasés sur les côtés, j'étais paré pour me fondre dans la communauté...

Petits Contes Lesbiens – 3

Martine Roffinella continue de nous présenter sa série des Petits Contes Lesbiens. Tel un patineur immobile sur le lac dur et souple de mon corps, tu t’es posée, ton sexe aux aguets, cherchant peut-être la direction où s’élancer, laissant entrevoir sa fierté de héros ; se tenant prêt aux glissades et au tournis de l’envol. Je me sentais immense et minuscule, petite île logée en plein cœur de l’Univers et en même temps l’Univers lui-même, qui allait t’englober tout en redevenant petite île. Je me sentais illimitée et restreinte, belle et hideuse, jeune et centenaire, femme et homme ; on eût dit que je me métamorphosais avec toi sur moi, qui commençais à glisser doucement sur mon pubis, ta chaleur inondant la mienne pour ne former qu’une seule atmosphère incandescente. Soudain je m’y enflammai. Mon lac devint eaux tropicales où la végétation luxuriante se mit à s’enrouler autour de tes hanches, tes jambes en mouvement, tes cuisses fermes. Mon ventre devint un port, ou peut-être...

Avis de tempête : Entre chien et loup – Episode 14

Tea for three Thierry, le traître, se dirige vers ce qui doit être la salle de bains pour prendre une douche... il précise avec un clin d'œil qu'on ne le dérange pas pendant ses ablutions.... Nous demeurons donc seuls, Hervé et moi, et notre gêne s’accroît de minute en minute. Je sors mon paquet de blondes et en propose une à mon hôte, qui refuse. Brrrrrr. Il ne m'invite pas à m'asseoir, pendant qu'il pose ses affaires, et je suis planté comme un idiot que je suis ne sachant que faire ni que dire, tirant sur ma clope... Il me demande au bout d'un instant qui me parait un siècle, si je veux un thé. J'accepte benoîtement, et pour briser la glace, je fais mine de m'intéresser à son travail. Il revient de la mini-cuisine et extrait quelques grandes toiles posées à même le sol. Il allume l'halogène et je découvre des garçons musclés, peu vêtus, dans des poses de guerriers modernes. Le tout est réalisé...