Récits

Faire rêver les lecteurs en leur racontant des histoires…

Anne-Claire Thevenot / Carnets temporels

Fantômes du genre

Ni homme ni femme, ni bien ni mal, ni tendu ni relâché, de quoi est fait ce rien. Etre une anguille c’est être absent, c’est être dissolu et pourtant on les voit, tous ces visages si présents si perdus.     Je me promène en fantôme et pense régulièrement à la fin de ma vie. Je ne la vois pas comme une fin, seulement un moment. C’est un moment imaginé, préparé, il possède son lieu et son heure. Aujourd’hui sur la côte de granit rose, où même le ciel a fini par rosir et où les rochers sont éclairés à l’horizon par les lumières d’un soleil devenu invisible, je pense à cet instant. L’abandon du sexe Etre en seul Sur ce rocher rose Au-dessus du vide, les pieds sur les rochers que des enfants ont appelé des montagnes, je perçois le froid du ressac et la dureté de la chute. Je n’ai aucune envie de mourir ici. L’abandon du visage Le regard ne se pose sur rien Quand le ciel est tout bleu Peut-être qu’une fois chez moi, dans ce...
couloir hopital

Entre chien et loup : chroniques parisiennes – épisode 5

Parents je vous hais... Olivier a eu chaud. Il est passé tout près de l'overdose. Il est hospitalisé à Saint-Antoine et Thierry a cette fois-ci été dans l'obligation de prévenir ses parents. Ils ont déboulé à Paris, vexés de ne rien avoir vu venir. Comment auraient-ils pu comprendre, ces grands bourgeois emmurés dans leur certitudes. Les parents ont débarqué dans la chambre, tels des grands seigneurs à qui tout est dû. Leur affectation malsaine pour leur fils unique et le dédain avec lequel ils nous ont presque ignoré m'a immédiatement stupéfait... J'ai compris qui était Olivier en découvrant incrédule ses parents si distants, incapables du moindre témoignage d'affection : des juges, des bourreaux ! Combien j'ai ressenti soudain la souffrance accumulée depuis l'enfance, certainement accrue durant l'adolescence... mais j'eusse préféré qu'Olivier choisisse le camp de la fuite et de l'oubli, plutôt que celui de l'autodestruction, qui leurs donne raison ! J'étais avec Isabelle et Thierry, quand ils ont débarqué dans la chambre, tels des grands seigneurs à qui tout est dû. Leur affectation malsaine pour leur...