Tribunes

Prendre sa place, donner son opinion ou faire passer son coup de gueule…

« Expulser Moussa, c’est l’assassiner »

Si vous avez écouté France Inter ce matin, peut-être avez-vous vous aussi été touché par l'histoire de Moussa, ce jeune gay guinéen dont l'histoire est bouleversante : artiste acrobate de 28 ans, demandeur d’asile, il aurait dû être renvoyé dans son pays d'origine, jeudi 3 mai au matin, depuis l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Rhône). Un pays où, en raison de son orientation sexuelle, le jeune homme risque "une peine d'emprisonnement de six mois à trois ans", selon l'article 274 du Code pénal guinéen. Mais sans doute risque-t-il beaucoup plus. En France depuis 2016, il est sous le coup d'une demande d'expulsion des autorités françaises. Elles ne croient pas qu'il soit homosexuel car "il avait une compagne en Guinée"... pourtant, lui a dit avoir vu son ancien compagnon brûler devant ses yeux, du fait de son homosexualité. Plusieurs associations dont Aides, ou des personnalités comme la Maire de Paris, lui ont apporté leur soutien. L'association demande "Notre pays est-il devenu fou ? Où sont les droits de l'Homme...

Les filles à pédé(s) : Ziggy, il s’appelle Ziggy je suis folle de lui…

Les filles à PD déjà ce n’est pas joli, joli comme expression. Mais comme nous le rappelle Olivier dans son mini-glossaire des insultes, on n’a pas dit… les filles à fiotte, ni à tarlouze, ni à tapette, bref on reste dans un registre basique. Lire ou relire le mini-glossaire d’Olivier : http://genres.centrelgbtparis.org/2016/10/01/insultes-mini-glossaire-pour-bien-insulter-les-pedes/ Certains parlent aussi de Georgette des tapettes mais on n’en finira jamais d’être désagréable, aussi, trêve d’auto-flagellation. Restons moins bêtes que d’autres en gardant le sens de l’humour. Revenons à nos brebis, pour Wikipédia Fille à pédés est une expression qui qualifie l’attitude d’une femme, souvent hétérosexuelle, fréquentant des hommes homosexuels avec assiduité. Le diminutif FAP est aussi parfois utilisé. Donc c’est une bonne copine qui s’affranchit des préjugés. Elle mérite que l’on s’intéresse à elle en gardant son sens de l’humour et une certaine dérision. Qui est-elle exactement ? La FAP est parfaitement identifiée dans le Guide presque officiel de la fille à pédés écrit par Anaïs Delcroix et Jeremy Patinier. Selon la Fédération Internationale des Clichés, la FAP serait une employée extravagante le jour et...

La biographie plombée d’un écrivain maudit

Si Guillaume Dustan fut un feu de paille dans l'univers littéraire, il s'imposa comme un sacré trublion qui parvint à force de coups d'éclat, de scandales, de provocations... à obtenir une reconnaissance médiatique qui ne reposait pas sur la dimension de son œuvre mais sur la noirceur du propos. Dans les années 90, Guillaume Dustan donc, écrivain séropositif - ou l'inverse - surfa sur la baise sans capote, communément appelée bareback. Ses prises de position déclenchèrent d'une part la concupiscence de Thierry Ardisson, de Technikart... tous ces médias et journalistes à la recherche du sensationnel qui l'adoubèrent, pendant que dans le même temps l'association de lutte contre le sida Act-Up en fit son ennemi juré. Pour incarner ce combat, on opposa Dustan et Didier Lestrade, président emblématique de l'association. Les écrits de Dustan (moins d'une dizaine de textes d'autofiction), un genre dont il promut la reconnaissance à travers la collection Le Rayon Gay qu'il dirigea au sein de la maison d'édition aujourd'hui défunte Balland, ne furent pas,...

GayKitschCamp, pour que vive le patrimoine LGBT

Créée en 1989, l'association culturelle GayKitschCamp a pour vocation de promouvoir le patrimoine LGBT. Après avoir organisé en parallèle le festival de films QuestionDeGenre à Lille de 1991 à 2005, elle s’est incarnée en centre de documentation/librairie de 2000 à 2005. Installée ensuite à Montpellier, elle se concentre aujourd’hui sur sa première activité : faire découvrir à des chercheurs, des étudiants et des amateurs, des textes constitutifs de l'histoire homosexuelle au sein de la maison d’édition QuestionDe­Genre/GKC. Cette maison d’édition a lancé puis accompagné les publications d’études homosexuelles en France. Entretien avec Patrick Cardon, responsable depuis sa création et immense figure de la culture LGBT. Hugues Demeusy : Patrick, pourquoi ce nom de GayKitschCamp? Patrick Cardon : A l’origine, une affiche entrevue pour une exposition à Anvers sur le kitsch (resignification de choses banales et surtout anachroniques) et sur le camp (humour gay). Nous ajoutâmes gay, pour affirmer une identité. Quels furent ses débuts ? Gay « sans commentaire » ; Kitsch « Le temps qui passe » ; Camp « Le temps qu’il fait » : C’est ainsi qu’en...

Non, Madame Millet, on ne « sort » pas d’un viol comme d’une...

Chère Catherine Millet, comme toute une chacune j’ai lu, non sans consternation doublée d’une immense tristesse, vos multiples déclarations auprès des médias concernant le viol, les hommes, et dernièrement encore votre « compassion » pour les « frotteurs ». Si vos propos n’ont pas été trahis ou tronqués, vous dites : « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle (…). » Et pour enfoncer le clou, si j’ose m’exprimer ainsi, vous ajoutez : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ». Il existe fort peu de chance pour que vous ayez entendu parler de ma petite personne, même si nous avons été réunies par les éditions du Seuil dans la même « bibliothèque rose » pour nos ouvrages respectifs (La Vie sexuelle de Catherine M. pour vous et mon roman Le Fouet). Eh oui ! j’explore les domaines des relations de soumission/domination depuis...

Coming out et Kevin Spacey : à faire et à ne pas faire

On ne choisit pas son homosexualité mais on choisit de faire ou pas son coming out. En tout cas c’est mieux que de se faire outer ou de le déclarer contraint et forcé comme justification de faits répréhensibles (voir Kevin Spacey). Le coming out, ou « sortie du placard » en français, désigne l’annonce volontaire d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre à son entourage familial ou professionnel. C’est un moment important quel que soit son âge dans l’acceptation et l’estime de soi. C’est aussi un acte courageux où l’on s’expose sur un plan personnel en prenant des risques affectifs et parfois professionnels car il peut mal se passer et entrainer des conséquences dommageables. Mais il permet de devenir ce que l’on est. Pourquoi et comment faire son coming out ? Pour s’aimer comme on est, pour vivre librement avec celui ou celle que l’on aime, pour éviter la honte et la culpabilité, pour s’affirmer auprès de ceux que l’on aime et prendre sa place. Pour le mode d’emploi lire à ce sujet...

Harcèlement, le côté obscur de l’enseignement

Nous vivons dans un monde où le harcèlement sexuel est soudain mis en lumière. Pendant mon expérience aux Etats-Unis comme professeur et directeur dans une école privée, j'ai connu le harcèlement sexuel. Il est inconcevable que je sois le seul à avoir été harcelé ou dragué au travail. Cependant, je n'en ai jamais parlé avec mes collègues. Aujourd’hui, dans ce contexte particulier, je me rappelle mes expériences personnelles. Les écoles d'élite privées américaines (et j’imagine peut-être aussi les françaises) pensent être des bastions de la pensée libre et de la pensée sociale progressiste. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Dans une certaine mesure, surtout au début de ma carrière à Los Angeles, j’ai trouvé une certaine sécurité en étant ouvertement gay. J'ai appris à prendre quelques précautions, comme ne jamais me retrouver seul dans mon bureau porte fermée avec un étudiant masculin ; je n'ai jamais invité les étudiants chez moi ; j'étais amical, mais je ne suis jamais devenu leur ami, et quand...
video

Cineffable 2017, festival lesbien et féministe

Le « Festival International du Film Lesbien et Féministe de Paris » en quelques chiffres : projections de plus de 50 films du monde entier des ateliers, des débats et des stands un concert et une expo permanente un bar et des bons petits plats faits maison des réalisatrices, artistes et plasticiennes présentes Plus de 1500 festivalières viennent participer à ce moment unique : venez nous rejoindre ! Comment tout a commencé ? Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Que peut-on découvrir lors du Festival ? Cette année, plus de 350 films, courts et longs métrages, ont été visionnés par l’équipe de Cineffable afin de finalement présenter une sélection de 50 films pendant le Festival. Nous sélectionnons des films réalisés par des femmes sur des thèmes lesbiens et / ou féministes qui n’ont pas encore eu la chance...

Qu’est-ce que le genre ? Qu’est-ce que la féminité ?

Trans-it-I-on par Misia-O’ est une exposition d'envergure internationale itinérante, qui lors de chaque présentation unique questionne le genre et la transidentité, autour de différentes problématiques abordées. Misia-O’ est une artiste photographe Française basée à Londres qui, au travers de ses photographies au style épuré, met en avant et en valeur les attributs féminins et masculins de chacun de ses modèles. Après Paris et Londres, l’exposition Trans-it-I-on par l’artiste Misia-O' prend ses quartiers d'été à Arles au Festival International de Photographie Voies Off, 22ème édition. Ceci au sein de deux lieux d'exposition : Du 03 juillet au 08 juillet 2017, dans le cadre de la semaine d'inauguration au Fournil de la Roquette, 9, Rue Fleury Prudhon, 13200 Arles. Exposition en extérieur, dans un lieu Arlésien authentique, charmant et atypique. En plein coeur du quartier de la Roquette, carrefour central de rencontres et d’échanges artistiques des Voies Off, et ouvert à tous. Du 03 juillet au 24 septembre 2017, au Restaurant Palao, 12, Rue des Porcelets, 13200 Arles. Haut lieu de la gastronomie locale,...