Tribunes

Prendre sa place, donner son opinion ou faire passer son coup de gueule…

Un sacré mal de Trump

Mercredi 9 novembre, réveil 6h55, l'excitation d'un matin un peu spécial : enfin du neuf dans la routine. Aujourd'hui est-ce que j'écoute le Patrick Cohen habituel du matin, ou, suprême audace, décidé-je d'allumer la télé ? Le jeu en vaut bien la chandelle, même si au fond de moi la petite voix me dit que le résultat va être ennuyeux, torché rapidement. Hillary présidente. Une femme présidente, le sens de l'histoire. Le sens de MON histoire. Des droits LGBT qui avancent. Mais j'avoue que c'est pas vraiment ça qui me passe par l'esprit. Je pense plutôt, un chouia honteusement, une continuité ennuyeuse. J'allume la télé et je lance d'abord BFM TV par automatisme embarrassé, après m'être rappelé qu'iTélé c'est mort, muerto. Je regardais à une époque comme tout le monde, mais tout le monde a oublié. Puis je me souviens qu'il y a maintenant le France Info de la télé. En regardant cette chaîne, je me dis benoîtement, que je ne suis pas au service du Grand capitalisme ou du Grand...

GayKitschCamp, pour que vive le patrimoine LGBT

Créée en 1989, l'association culturelle GayKitschCamp a pour vocation de promouvoir le patrimoine LGBT. Après avoir organisé en parallèle le festival de films QuestionDeGenre à Lille de 1991 à 2005, elle s’est incarnée en centre de documentation/librairie de 2000 à 2005. Installée ensuite à Montpellier, elle se concentre aujourd’hui sur sa première activité : faire découvrir à des chercheurs, des étudiants et des amateurs, des textes constitutifs de l'histoire homosexuelle au sein de la maison d’édition QuestionDe­Genre/GKC. Cette maison d’édition a lancé puis accompagné les publications d’études homosexuelles en France. Entretien avec Patrick Cardon, responsable depuis sa création et immense figure de la culture LGBT. Hugues Demeusy : Patrick, pourquoi ce nom de GayKitschCamp? Patrick Cardon : A l’origine, une affiche entrevue pour une exposition à Anvers sur le kitsch (resignification de choses banales et surtout anachroniques) et sur le camp (humour gay). Nous ajoutâmes gay, pour affirmer une identité. Quels furent ses débuts ? Gay « sans commentaire » ; Kitsch « Le temps qui passe » ; Camp « Le temps qu’il fait » : C’est ainsi qu’en...

Les filles à pédé(s) : Ziggy, il s’appelle Ziggy je suis folle de lui…

Les filles à PD déjà ce n’est pas joli, joli comme expression. Mais comme nous le rappelle Olivier dans son mini-glossaire des insultes, on n’a pas dit… les filles à fiotte, ni à tarlouze, ni à tapette, bref on reste dans un registre basique. Lire ou relire le mini-glossaire d’Olivier : http://genres.centrelgbtparis.org/2016/10/01/insultes-mini-glossaire-pour-bien-insulter-les-pedes/ Certains parlent aussi de Georgette des tapettes mais on n’en finira jamais d’être désagréable, aussi, trêve d’auto-flagellation. Restons moins bêtes que d’autres en gardant le sens de l’humour. Revenons à nos brebis, pour Wikipédia Fille à pédés est une expression qui qualifie l’attitude d’une femme, souvent hétérosexuelle, fréquentant des hommes homosexuels avec assiduité. Le diminutif FAP est aussi parfois utilisé. Donc c’est une bonne copine qui s’affranchit des préjugés. Elle mérite que l’on s’intéresse à elle en gardant son sens de l’humour et une certaine dérision. Qui est-elle exactement ? La FAP est parfaitement identifiée dans le Guide presque officiel de la fille à pédés écrit par Anaïs Delcroix et Jeremy Patinier. Selon la Fédération Internationale des Clichés, la FAP serait une employée extravagante le jour et...
Skyline de Singapour

Singapour, cité-modèle homophobe

Je me rappelle l’époque, c’était en 2002, lorsque j’ai visité Singapour pour la première fois. On m’avait prévenu, contrairement au Japon où j’habitais alors, et où les gays jouissent d’une certaine tolérance, Singapour, c’est l’enfer. La soi-disant démocratie est en fait un régime totalitaire, où l’on traque les gays jusque dans les toilettes, à la Poutine. Je me souviens que les Singapouriens que j’ai rencontrés vivaient dans la peur permanente de l’arrestation. Je pensais naïvement que 13 ans après, les choses avaient sans doute changé, puis je suis tombé sur un article du Huffington. Singapour est un cas d’école de ce qui arrive quand le développement économique survient sans droits de l’homme Singapour, « exemple » de développement économique (l’un des pays les plus riches au monde où pullulent les gratte-ciels), se vante souvent d’être un modèle écolo où il fait bon vivre...en fait cette cité-état pratique sans vergogne l’homophobie et la discrimination d’état contre les LGBT. Selon Jean Song, militante LGBT, "Singapour est un cas d’école...

Coming out et Kevin Spacey : à faire et à ne pas faire

On ne choisit pas son homosexualité mais on choisit de faire ou pas son coming out. En tout cas c’est mieux que de se faire outer ou de le déclarer contraint et forcé comme justification de faits répréhensibles (voir Kevin Spacey). Le coming out, ou « sortie du placard » en français, désigne l’annonce volontaire d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre à son entourage familial ou professionnel. C’est un moment important quel que soit son âge dans l’acceptation et l’estime de soi. C’est aussi un acte courageux où l’on s’expose sur un plan personnel en prenant des risques affectifs et parfois professionnels car il peut mal se passer et entrainer des conséquences dommageables. Mais il permet de devenir ce que l’on est. Pourquoi et comment faire son coming out ? Pour s’aimer comme on est, pour vivre librement avec celui ou celle que l’on aime, pour éviter la honte et la culpabilité, pour s’affirmer auprès de ceux que l’on aime et prendre sa place. Pour le mode d’emploi lire à ce sujet...

Parce qu’il faut savoir d’où on vient

Mars nous apporte son lot de bonnes nouvelles printanières. Yagg et Têtu renaissent de leurs cendres, sans doute l'effet nouvelle année chinoise avec les énergies de printemps. L'un renaît sur le web comme à son habitude, et l'autre en version papier, alors qu'il avait depuis près de deux ans poursuivi sa route sur le web. On peut se questionner sur l'opportunité de publier à nouveau sur papier en 2017, alors même qu'il existe une offre qui vit encore, en versions payante et gratuite. A qui s'adresser ? Sans doute y a-t-il encore des personnes qui préfèrent lire un magazine qu'il peuvent sentir entre leur doigts dans le train ou sur la plage. Mais le feront-il toute l'année dans le métro ou simplement en vacances ? L'avenir nous le dira. En tout cas nous leur souhaitons de réussir ! A l'heure où nous nous demandons où nous allons en élisant un président et un parlement, il est sans doute au moins aussi important de nous rappeler d'où...

Course de la Saint-Valentin : Cupidon en interview 

Hello Cupidon, de quoi viens-tu me parler aujourd’hui ?  Cupidon : Salut Genres ! Je suis venu parce que le 18 février prochain c’est la course de la Saint Valentin au parc des Buttes Chaumont, et je voudrais que tout-e-s les amoureux-ses le sachent ! Tu as piqué ma curiosité avec ta flèche de Cupidon, dis-m'en plus ! La course de la Saint-Valentin se passe le samedi le plus proche du jour de la Saint-Valentin – alors cette année c’est le samedi 18 février. Près de 1000 coureurs prendront le départ sur deux parcours : le 10 km en solo ou le 5 km en duo. Labellisé par le Comité Départemental des Courses Hors Stade de Paris, le parcours de 10km en solo constitue une des 15 épreuves du Paris Running Tour. Le parcours en duo présente la particularité d’être ouverte ouvert aux couples homme/homme, homme/femme et femme/femme. Et ça fait longtemps que vous courez ? pour tou-te-s les participant-e-s qui souhaitent courir le 5 km en duo et qui n’ont pas de...
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Cineffable 2017, festival lesbien et féministe

Le « Festival International du Film Lesbien et Féministe de Paris » en quelques chiffres : projections de plus de 50 films du monde entier des ateliers, des débats et des stands un concert et une expo permanente un bar et des bons petits plats faits maison des réalisatrices, artistes et plasticiennes présentes Plus de 1500 festivalières viennent participer à ce moment unique : venez nous rejoindre ! Comment tout a commencé ? Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Que peut-on découvrir lors du Festival ? Cette année, plus de 350 films, courts et longs métrages, ont été visionnés par l’équipe de Cineffable afin de finalement présenter une sélection de 50 films pendant le Festival. Nous sélectionnons des films réalisés par des femmes sur des thèmes lesbiens et / ou féministes qui n’ont pas encore eu la chance...
Nationalk geographic couverture USA

Trans : quand la version française du National Geographic n’a pas de couilles

Quand le National Geographic a décidé, avec une certaine audace et un parti-pris revendiqué par la rédactrice en chef, d'enquêter sur la révolution du genre et d'en faire la thème central de son numéro de janvier, le monde associatif LGBTQI américain a applaudi. Des témoignages, une approche à travers de multiples filtres, des articles audacieux comme celui sur Ashley Jackson, en couverture, cette jeune fille de 9 ans qui a initié sa transition à l'âge de 5 ans avec la bienveillance de ses parents (le père d'Ashley a par ailleurs été interviewé par le New York Times). La rédaction a aussi résisté aux multiples menaces de boycott de la droite chrétienne voire aux menaces de mort. Et puis patatras. Il semble que la transition ne s'est pas bien faite entre les deux rives de l'Atlantique, avec une version française à l'approche sensiblement différente. Il y a bien, certes, la version alternative de cette couverture réservée aux abonnés, un in-between, un ventre mou comme on dit, une version plus "consensuelle", avec des gentils...