« Expulser Moussa, c’est l’assassiner »

Si vous avez écouté France Inter ce matin, peut-être avez-vous vous aussi été touché par l'histoire de Moussa, ce jeune gay guinéen dont l'histoire est bouleversante : artiste acrobate de 28 ans, demandeur d’asile, il aurait dû être renvoyé dans son pays d'origine, jeudi 3 mai au matin, depuis l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Rhône). Un pays où, en raison de son orientation sexuelle, le jeune homme risque "une peine d'emprisonnement de six mois à trois ans", selon l'article 274 du Code pénal guinéen. Mais sans doute risque-t-il beaucoup plus. En France depuis 2016, il est sous le coup d'une demande d'expulsion des autorités françaises. Elles ne croient pas qu'il soit homosexuel car "il avait une compagne en Guinée"... pourtant, lui a dit avoir vu son ancien compagnon brûler devant ses yeux, du fait de son homosexualité. Plusieurs associations dont Aides, ou des personnalités comme la Maire de Paris, lui ont apporté leur soutien. L'association demande "Notre pays est-il devenu fou ? Où sont les droits de l'Homme...

La biographie plombée d’un écrivain maudit

Si Guillaume Dustan fut un feu de paille dans l'univers littéraire, il s'imposa comme un sacré trublion qui parvint à force de coups d'éclat, de scandales, de provocations... à obtenir une reconnaissance médiatique qui ne reposait pas sur la dimension de son œuvre mais sur la noirceur du propos. Dans les années 90, Guillaume Dustan donc, écrivain séropositif - ou l'inverse - surfa sur la baise sans capote, communément appelée bareback. Ses prises de position déclenchèrent d'une part la concupiscence de Thierry Ardisson, de Technikart... tous ces médias et journalistes à la recherche du sensationnel qui l'adoubèrent, pendant que dans le même temps l'association de lutte contre le sida Act-Up en fit son ennemi juré. Pour incarner ce combat, on opposa Dustan et Didier Lestrade, président emblématique de l'association. Les écrits de Dustan (moins d'une dizaine de textes d'autofiction), un genre dont il promut la reconnaissance à travers la collection Le Rayon Gay qu'il dirigea au sein de la maison d'édition aujourd'hui défunte Balland, ne furent pas,...

Non, Madame Millet, on ne « sort » pas d’un viol comme d’une...

Chère Catherine Millet, comme toute une chacune j’ai lu, non sans consternation doublée d’une immense tristesse, vos multiples déclarations auprès des médias concernant le viol, les hommes, et dernièrement encore votre « compassion » pour les « frotteurs ». Si vos propos n’ont pas été trahis ou tronqués, vous dites : « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle (…). » Et pour enfoncer le clou, si j’ose m’exprimer ainsi, vous ajoutez : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ». Il existe fort peu de chance pour que vous ayez entendu parler de ma petite personne, même si nous avons été réunies par les éditions du Seuil dans la même « bibliothèque rose » pour nos ouvrages respectifs (La Vie sexuelle de Catherine M. pour vous et mon roman Le Fouet). Eh oui ! j’explore les domaines des relations de soumission/domination depuis...

Harcèlement, le côté obscur de l’enseignement

Nous vivons dans un monde où le harcèlement sexuel est soudain mis en lumière. Pendant mon expérience aux Etats-Unis comme professeur et directeur dans une école privée, j'ai connu le harcèlement sexuel. Il est inconcevable que je sois le seul à avoir été harcelé ou dragué au travail. Cependant, je n'en ai jamais parlé avec mes collègues. Aujourd’hui, dans ce contexte particulier, je me rappelle mes expériences personnelles. Les écoles d'élite privées américaines (et j’imagine peut-être aussi les françaises) pensent être des bastions de la pensée libre et de la pensée sociale progressiste. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Dans une certaine mesure, surtout au début de ma carrière à Los Angeles, j’ai trouvé une certaine sécurité en étant ouvertement gay. J'ai appris à prendre quelques précautions, comme ne jamais me retrouver seul dans mon bureau porte fermée avec un étudiant masculin ; je n'ai jamais invité les étudiants chez moi ; j'étais amical, mais je ne suis jamais devenu leur ami, et quand...
Nationalk geographic couverture USA

Trans : quand la version française du National Geographic n’a pas de couilles

Quand le National Geographic a décidé, avec une certaine audace et un parti-pris revendiqué par la rédactrice en chef, d'enquêter sur la révolution du genre et d'en faire la thème central de son numéro de janvier, le monde associatif LGBTQI américain a applaudi. Des témoignages, une approche à travers de multiples filtres, des articles audacieux comme celui sur Ashley Jackson, en couverture, cette jeune fille de 9 ans qui a initié sa transition à l'âge de 5 ans avec la bienveillance de ses parents (le père d'Ashley a par ailleurs été interviewé par le New York Times). La rédaction a aussi résisté aux multiples menaces de boycott de la droite chrétienne voire aux menaces de mort. Et puis patatras. Il semble que la transition ne s'est pas bien faite entre les deux rives de l'Atlantique, avec une version française à l'approche sensiblement différente. Il y a bien, certes, la version alternative de cette couverture réservée aux abonnés, un in-between, un ventre mou comme on dit, une version plus "consensuelle", avec des gentils...

Un sacré mal de Trump

Mercredi 9 novembre, réveil 6h55, l'excitation d'un matin un peu spécial : enfin du neuf dans la routine. Aujourd'hui est-ce que j'écoute le Patrick Cohen habituel du matin, ou, suprême audace, décidé-je d'allumer la télé ? Le jeu en vaut bien la chandelle, même si au fond de moi la petite voix me dit que le résultat va être ennuyeux, torché rapidement. Hillary présidente. Une femme présidente, le sens de l'histoire. Le sens de MON histoire. Des droits LGBT qui avancent. Mais j'avoue que c'est pas vraiment ça qui me passe par l'esprit. Je pense plutôt, un chouia honteusement, une continuité ennuyeuse. J'allume la télé et je lance d'abord BFM TV par automatisme embarrassé, après m'être rappelé qu'iTélé c'est mort, muerto. Je regardais à une époque comme tout le monde, mais tout le monde a oublié. Puis je me souviens qu'il y a maintenant le France Info de la télé. En regardant cette chaîne, je me dis benoîtement, que je ne suis pas au service du Grand capitalisme ou du Grand...
Skyline de Singapour

Singapour, cité-modèle homophobe

Je me rappelle l’époque, c’était en 2002, lorsque j’ai visité Singapour pour la première fois. On m’avait prévenu, contrairement au Japon où j’habitais alors, et où les gays jouissent d’une certaine tolérance, Singapour, c’est l’enfer. La soi-disant démocratie est en fait un régime totalitaire, où l’on traque les gays jusque dans les toilettes, à la Poutine. Je me souviens que les Singapouriens que j’ai rencontrés vivaient dans la peur permanente de l’arrestation. Je pensais naïvement que 13 ans après, les choses avaient sans doute changé, puis je suis tombé sur un article du Huffington. Singapour est un cas d’école de ce qui arrive quand le développement économique survient sans droits de l’homme Singapour, « exemple » de développement économique (l’un des pays les plus riches au monde où pullulent les gratte-ciels), se vante souvent d’être un modèle écolo où il fait bon vivre...en fait cette cité-état pratique sans vergogne l’homophobie et la discrimination d’état contre les LGBT. Selon Jean Song, militante LGBT, "Singapour est un cas d’école...
Otarie mer

Mini-glossaire pour bien insulter un pédé

Les expressions fleuries à l’adresse des personnes LGBT sont légion dans notre petit monde. Résolument flatté par la créativité de ces expressions chatoyantes, contrairement à la croyance habituelle, je me suis pris à leur trouver du sens. Pédé comme un phoque Commençons par ma petite préférée, pédé comme un phoque. Premièrement, j’adore les animaux, y compris les plus infâmes (qui n'aime pas les animaux n'aime pas les hommes). Deuxièmement, qui ne tombe pas raide amoureux lorsqu’elle-il voit ces adorables petits phoques, l'air ballot et taquin ? Il semblerait que l’expression vienne de la voile avant des bateaux, le foc qui prend le vent dans le même sens que la grand-voile. Ou bien est-ce le râle un peu malsain du phoque après l’apnée qui fait penser à l’acte sexuel gay ? Bref, les avis divergent sur l'origine. On dit même que l’expression viendrait de l’anglais pédé comme un fuck. Gros pédé (ou grosse pédale) Parmi les rares pédés ou gouines qui ne sont pas obèses, avouons-le beaucoup sont sales Deuxième dans mon classement, cette expression...