adolescence

Philippe et Hervé, deux ados pas comme les autres…

http://youtu.be/23SOlW6h7a8 En 2014, l'écrivain Philippe Mezescaze évoque son enfance à La Rochelle et ses débuts d'élève comédien, qui lui donneront la chance de rencontrer un adolescent hors du commun. Apprenti comédien à la Rochelle Ça commence par un tremblement de terre, une secousse sismique qui symbolise le bouleversement qui se produit dans la vie de l’auteur, alors adolescent (les crises de démence de sa mère). A 17 ans, il quitte Paris pour s’installer à la Rochelle chez sa grand-mère. Disposant d’une grande liberté d’action, négociée avec cette dernière, il intègre la maison de la culture locale car il veut au-delà de tout devenir comédien, dans une troupe théâtrale professionnelle. La rencontre avec Hervé Il croisera alors le chemin du jeune Hervé avec qui il interprètera une scène de Caligula. Très vite, une relation amoureuse intense s’instaure comme une évidence, mais elle est contrariée par le père d’Hervé, qui voit d’un très mauvais œil son jeune fils lui échapper. Roman d’apprentissage au style épique, Deux garçons trace le portrait...

Le cahier noir d’Olivier Py : la naissance d’un artiste

https://youtu.be/Ha2zZ6sFWqI Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier "roman illustré" de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui responsable du festival d'Avignon et homme de lettre... Une enfance solitaire Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu'il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l'enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l'ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite. La quête d'absolu mais des expériences décevantes A son âge, tout est grave, définitif…...

Les Initiés, grave et terrifiant

Vous êtes un garçon, vous avez 15-16 ans, eh bien, il ne fait toujours pas actuellement bon être de l’ethnie xhosa en Afrique du Sud ! C’est le moment de l’initiation, période secrète qui ne concerne que les hommes et qui fera qu’en deux semaines ces ados deviendront des « hommes ». Hommes ! Hommes ! au point de blesser, meurtrir, et bien trop souvent faire mourir ces jeunes initiés. Un prépuce fait tout la différence ! Mais voilà l’un des initiateurs, Xolani, retrouve comme tous les ans son amour bi et caché, Vija, un autre Xhosa initié devenu initiateur. Vija est un peu trop imbu de sa virilité et de son pouvoir. Près de la cascade, une nuit d’amour dans l’herbe entre eux, mais ils sont vus par l’un des jeunes initiés, le plus « féminin »… et l’homosexualité — « L’homosexualité est une maladie importée d’Occident », dixit un président d’un état africain — ne peut être. Pas le choix, il sera froidement assassiné par l’homo… Eh oui, de peur d’être reconnu homo dans...

One Kiss, extraordinaire et tendre

One kiss, titre un peu étrange pour un film italien, mais ce second film de Ivan Cotroneo, auteur et scénariste, est débordant de vie, de joie, de sourire, de rire… puis de mort. Lorenzo est l’homo, la fausse folle qui s’assume, encouragé par ses parents adoptifs. Il revendique d’être non seulement bon en tout, mais le meilleur ! Et il explose continuellement à l’écran. Et puis Blu, la fille du trio qui semble se réveiller avec Lorenzo, ainsi que Antonio, qui réussira peu à peu à émerger dans les rigolades et sera amoureux de Blu. Ils sont tous les trois un peu autres et dans le lycée d’une petite ville du nord de l’Italie… « Un monde entier enfermé en quelques kilomètres » redit l’auteur. Oui, mais fréquenter un homo est peu recommandé dans l’équipe de sport d’un lycée. Un baiser reçu mais non assumé… Lorenzo est amoureux de Antonio, et c’est la mort dans certains contextes, certaines histoires. La vraie homophobie, que jamais l’on puisse me prendre pour un...

1:54. Une course explosive

Montréal. Dans une classe de seconde. Francis aime Tim. Tim n’assume pas ses sentiments pour Francis. Il les dissimule. Les garçons populaires de la classe apprennent l’orientation sexuelle de Francis. Harcèlement. Intimidation. Drame. On pleure ce qui lui arrive mais pourtant on est responsable, par notre silence, par notre impuissance, par notre tendance à laisser l’homophobie être ordinaire. Tim veut venger son ami Francis. 1 :54, c’est le temps qu’il doit atteindre aux 800 mètres pour rendre justice à Francis, pour voler le rêve de Jeff, mais aussi pour s’accepter, lui qui cache ce qu’il est par peur des violences. Il s’agit d’une course contre les normes imposées par le groupe, contre les brimades qui en découlent, mais aussi contre ses propres limites. Être adolescent ne se fait pas sans conflit mais c’est particulièrement difficile de se construire et de s’accepter quand on ne ressemble pas pleinement au groupe. Mais pourtant, qu’est-ce que Francis a fait de mal ? Qu’est-ce que Tim a fait de mal ? L’injustice,...

Fronteras, le film espagnol qui fait traverser les frontières

Si le cinéma a le pouvoir de faire exister un autre monde à l'écran, force est de constater que, malheureusement, la tendance est souvent de montrer les mêmes images, les mêmes normes, les mêmes stéréotypes. Dans Fronteras (2014), l'Espagnol Mikel Rueda choisit de placer sa caméra ailleurs, de cadrer différemment et de nous montrer autre chose. Le thème est pourtant fréquent au cinéma : il s'agit d'un film sur les premiers émois de l'adolescence. Cependant, Rafa, dont le groupe d'amis est composé de jeunes gens plutôt machos et qui le poussent à sortir avec la belle Marta, pose son regard sur Ibra, adolescent venu du Maroc et menacé d’expulsion. Loin des clichés, ce film nous parle d'homophobie et de racisme mais surtout d'un premier amour mis à mal par la situation précaire du jeune migrant. Il nous montre aussi des franchissements de frontières, celle, physique, entre deux pays, celle, symbolique, imposée par la norme du groupe, et enfin, dernier franchissement, il nous montre le passage...

L’Orgueil de Nankin

Mais, en toute logique, je n'aurais pas dû non plus connaître Lu le Perspicace, mon ami physicien. Alors pourquoi s'étonner d'entendre dire nos anciens : "Mille lis ne peuvent empêcher une rencontre prédestinée." L'Université de Nankin était une grande école, on arrivait tout de même à atteindre ses murs. Tant d'occasions permettaient aux étudiants de tisser des liens d'amitié : les soirées dansantes au réfectoire, les cours de beaux-arts et de musique classique dans la salle des fêtes, les rencontres sportives sur le grand stade et le hasard des allées qui les amenaient aux salles de classe, à la bibliothèque, à la salle de lecture. A l'école, je menais une vie sobre, en dehors de la zone sud dite de vie, de la zone nord d'enseignement, je sortais rarement dans la rue sauf parfois pour voir un film instructif ou acheter un pantalon à la mode, un veston d'hiver ou quelque chose de ce genre. La plupart du temps je restais "sur mon banc...
A normal lost phone

A normal lost phone (fouillez dans la vie de Sam)

439 contributeurs. 11 227 euros.  Le projet "A normal lost phone" date de la Global Game Jam de 2016, à peu près il y a un an jour pour jour, un événement qui consiste à challenger des équipes de développeurs (généralement jeunes) pour qu'ils créent un jeu en 48h. Puis le jeu a continué tranquillement son développement sur la plateforme de financement participatif Ulule. Nous en avions d'ailleurs parlé dans Genres en juin dernier, et aujourd'hui le jeu sort enfin de terre : il est disponible sur la plateforme de jeux PC Steam, sur IOS et sur Android (2,99€). Il s'agit d'un jeu de découverte narrative, où vous trouvez un téléphone et vous découvrez son contenu petit à petit, à travers les mêmes fonctionnalités qu'un smartphone classique, à savoir les mails, les textos, les photos, etc. De cette façon, qu'on peut considérer comme "intrusive", vous enquêterez et apprendrez à connaitre Sam et son univers d'ado...les histoires de cœur et de jalousie, l'homophobie, les angoisses, les mensonges, le mal-être, la quête...
Moonlight

Moonlight, au clair de lune les garçons noirs sont tristes (mais nous heureux)

Màj du 28/02/17 : le film a reçu l'Oscar du Meilleur Film. Tiré de la pièce "In moonlight, black boys look blue", Moonlight est la chronique d'un enfant noir du quartier de Liberty City, Miami. Ici règnent la drogue et la loi du plus fort. On le découvre à travers trois époques et à travers ses trois noms : Little, Chiron et Black. Cet enfant perdu dans un univers d'adultes est un résistant, il surnage dans un milieu social difficile. Ce film de survivant nous montre un enfant qui grandit trop vite et en même temps un enfant qui ne devient jamais vraiment adulte. Moonlight c'est aussi l'histoire d'un garçon qui n'a rien à faire là, qui n'est pas armé pour se confronter à une vie d'injustice, où le danger rôde partout, jusqu'à la maison. C'est le drame d'un enfant différent et qui aime différemment. Confronté à la trahison de tous, il est le seul à rester fidèle. Chiron pourrait mourir à tout moment. Ce qui le maintient en vie, c'est un moonlight, un moment au clair de lune où...