années 70

Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...

Savez-vous d’où vient le drapeau arc-en-ciel ?

Gilbert Baker était un artiste américain qui a marqué et représenté le mouvement LGBT. Mettant à profit ses talents en couture, il avait inventé le "rainbow flag", le célèbre drapeau aux huit couleurs pour la journée de la liberté homosexuelle à la fin des années 70, un événement qui a ensuite inspiré les gay prides qui sont devenues des institutions à travers le monde.   Harvey Milk était un homme politique et un militant américain pour les droits des LGBT. Il fut le premier élu conseiller municipal ouvertement homosexuel de la ville de San Francisco. Il a été assassiné avec le maire de San Francisco, George Moscone, le 27 novembre 1978. A San Francisco, il avait notamment participé au mouvement pour les droits des homos au début des années 70, époque à laquelle il avait rencontré des figures importantes du mouvement, dont Harvey Milk. Les couleurs de l'arc-en-ciel du drapeau reflètent la diversité de la communauté LGBT. Lorsque Gilbert Baker a soulevé le drapeau arc-en-ciel à San Francisco le 25 juin 1978, il...

Marais, 1970

Avant d'être un musée à ciel ouvert pour touristes et une vitrine pour créateurs fashion, le quartier parisien du Marais fut populaire, artisanal avec des petits commerçants, des fabriques... A la fin des années 70, des homos s'y installèrent, ouvrirent des commerces, qui rameutèrent rapidement une population nouvelle annonçant l'apogée du Ghetto gay. C'est dans le Marais des années 70, avant que les façades des hôtels particuliers ne soient rénovés, que Michel Braudeau crée avec des potes une communauté dans un vieil appartement donnant accès à la vénérable Place des Vosges, et traverse la Seine tous les jours pour travailler au Seuil où il est traducteur. Il découvre un quartier typique et atypique, où il croisera une faune d'intellectuels post-révolutionnaires, de Jean-Edern Hallier à Jean-François Bizot qui lance Actuel, de Michel Foucault à Roland Barthes, Philippe Sollers... Dans une ambiance libertaire, entre ambitions littéraires, découvertes, voyages initiatiques, drogues, amours et amitiés hors-norme, l'itinéraire de notre anti-Rastignac le ramène toujours à la Place des Vosges, son centre névralgique,...

« Rubyfruit Jungle », du rire aux larmes

Rita Mae Brown est une autrice lesbienne, une féministe et une militante des droits des personnes LGBT. Dans les années soixante, elle se tourne vers la politique et participe notamment aux émeutes de Stonewall. Elle travaille pour l’Organisation Nationale des Femmes (N.O.W.) qu’elle quitte en 1970 en protestation contre la volonté affichée de la présidente de se distancier des organisations lesbiennes. Elle s’engage alors dans la lutte contre l’exclusion des lesbiennes dans le mouvement féministe. Pour l’anecdote, Rita Mae Brown fut la compagne de Martina Navratilova et celle de Fanny Flagg, l’autrice de Beignets de Tomates Vertes. En 1973, elle publie Rubyfruit Jungle, un roman partiellement autobiographique. Rubyfruit Jungle est un livre à la fois émouvant et plein d’humour. On y passe du rire aux larmes en quelques pages Rubyfruit Jungle retrace l’histoire de Molly Bolt, la fille adoptive d’un couple vivant dans la misère, dans le sud des Etats-Unis. En dépit d’un départ dans la vie qui semble ne lui laisser aucune chance, Molly utilise...
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Mai 82, la fin d’une époque

Cette fois, il jette donc l’éponge, toujours en fustigeant ce monde qu’il a de plus en plus de mal à comprendre. Il ferme le club qui permet encore chaque semaine de se retrouver, échanger, danser… Le club était né en 1957, trois ans après la création de la revue Arcadie. La société CLESPALA avait pour objet la gestion d’un « club privé visant à permettre à tous nos amis de se connaître dans une ambiance de sécurité, d’amitié, pour le grand bien de tous » et désignait André Baudry comme « le seul responsable sur le plan moral ». D’abord installée dans un appartement de 4 pièces derrière la place de la République à Paris, au 19 rue Béranger, elle avait déménagé en 1969 dans un ancien théâtre de quartier près de la mairie du Xème arrondissement. Tous les dimanches, ses bals avaient longtemps été un grand rendez-vous des homos ; ses membres étaient tenus de s’abonner à la revue Arcadie, et devaient surtout bien...

Yves Navarre, hier, aujourd’hui et demain

Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu « rencontré » Yves Navarre ? Philippe Leconte : A la fin des années 70. J’étais dans la mythique librairie Corman à Knokke-Le-Zoute. Je venais de choisir les poèmes de Constantin Cavafy traduits par Yourcenar, et, à côté, il y avait une pile de Loukoums en livre de poche. C’est la couverture qui m’a attiré, le dessin de David Hockney. J’ai pris le livre, l’ai lu d’une traite et n’ai eu de cesse, après, de découvrir les précédents livres de Navarre, puis, au fur et à mesure, les nouveaux, au gré de leurs parutions. Qu’est-ce qui t’a accroché dans ses écrits ? Navarre a été beaucoup trop catalogué en tant qu’écrivain homosexuel, alors que lui-même se définissait comme écrivain ET homosexuel La façon dont il abordait l’homosexualité. C’était la première fois qu’un écrivain m’en « parlait » comme quelque chose de normal. J’avais l’impression de me découvrir à travers ses livres, que ceux-ci me parlaient de moi. Á l’époque, il n’y avait...