Arabe

Brahim Metiba, au cœur de la différence

Les mots de Brahim Metiba tintent comme un désespoir de cristal. On passe le doigt dessus et ça sonne juste, c’est pur, chaque phrase fait mouche, offerte là sans fioritures. Subtilement évidente sans être simple pourtant. Car c’est l’inextricable équation de la – ou plutôt des différences qui est posée ici, avec son cortège douloureux de non-réponses synonymes d’exclusion. Récit d’une solitude de sang aux résonances plurielles. « Nous », « eux », « les autres » Brahim Metiba – ou du moins son « double », comme il nous le précise dans l’entretien ci-dessous, s’agissant d’un récit « auto-fictionnel » – a « du mal » avec le « nous » lorsque ce dernier fait référence aux musulmans. « C’est pourtant simple », explique la mère, « il y a “nous”, puis il y a “eux”, les autres, les non-musulmans, les juifs par exemple ». L’assertion est monolithique, surgie d’une vérité elle-même inébranlable. Le « je » qui s’exprime cherche tout de même une faille...

Désorientale de Négar Djavadi

Un livre qui nous rend content-e-s d’avoir appris à lire ! Comme le jaillissement des profondeurs de l’obscurité, de la connerie, de la dictature, de l’intégrisme religieux… La vie tout à coup surgit dans la joie des mots et des phrases. Quel style ! Une vie, certes, et quelle vie ! Née en Iran, scolarisée au lycée français de Téhéran, Négar Djavadi est obligée de « fuir » son pays à pieds et à cheval avec sa mère et ses deux sœurs, le père est déjà exilé. La famille n’aime pas le nouveau fascisme – Révolution islamique, 1979, seconde invasion arabe – pas plus que le précédent – celui de Reza Pahlavi, le Shah – et cette haine est réciproque ! Après des études de cinéma en Belgique, des œuvres de cinéastes et des prix, puis des scenari, elle écrit son premier livre. Elle a 47 ans, et son livre déjà trois prix ! Elle a toujours écrit pour le cinéma, la télévision, des pièces de théâtre, aussi. Désorientale...