artiste

Claudius Pan : l’art pour territoire

Peux tu tracer pour nos lecteurs en quelques phrases ton parcours atypique ? J'ai squatté assez tôt les scènes de théâtre, vers onze ans. J’ai suivi une formation à Lyon, avant de monter une compagnie avec trois autres ami(e)s « Les Représentantes », puis de tout quitter, pour des raisons personnelles, et partir vivre dans une communauté d’artistes, aux USA. Je suis resté là-bas deux ans, avant de suivre les Train Hoppers ( ceux qui vivent illégalement sur les trains marchands ) dans leurs aventures. J’ai alors vagabondé sur ces terres marginales pendant trois années de plus, passant par l’Inde, la Roumanie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle Calédonie etc Je désirais une vie romanesque, je voulais insuffler ma voix et mon corps pour les rendre outils d’une parole d’artiste. Durant ces années j’ai écrit, composé de la musique, peiint, performé, réalisé des films… Chaque instant était prompt à se transformer en oeuvre, en partage collectif. Toujours dans le but de soigner, guider le monde, comme un rituel, un sortilège. Mon corps...

Les rencontres extérieures de Julien Diez

De Bordeaux à Londres... Bordelais de 34 ans, diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts, Julien Diez se confronte à Londres aux photographes Larry Clark et Willie Doherty qui vont influencer son engagement artistique futur. De retour en France, il est l'assistant de l'artiste Alberto Sorbelli, un performeur reconnu et provocateur. Quelque 18 ans après, ces trois artistes sont encore très présents dans le travail photographique de Julien, qui sera notamment choisi dans le cadre de la commémoration des attentats de Charlie Hebdo, dans plusieurs lieux bordelais. Éphéméride La série de photo Éphéméride que nous vous présentons a été réalisée entre l'été 2016 et l'hiver 2017. Elle représente une créature hybride au corps musclé dont les prises de vues cartographient les esplanades Mériadeck de Bordeaux. Ce lieu a cela de particulier qu'il est fréquenté par différentes communautés : des groupes de sportifs s'exerçant au "parcours" ou au "cross fit", le jour et la nuit venue, les esplanades servent de terrain de chasse aux gays locaux. . Julien Diez a...

Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

Devenir Christian Dior de fil en aiguille

Une biographie de plus sur le grand couturier ? Ça aurait pu être une biographie de plus, consacrée à la carrière du couturier, après qu’en 1947, Christian Dior présente la première collection de sa maison de couture nouvellement fondée avec l’aide de l’industriel Marcel Boussac. L'auteur, François-Olivier Rousseau a décidé de raconter le long parcours de celui qui cherchait sa voie et qui a exercé différents métiers loin de de l’univers de la Mode. Quelle trajectoire que celle de cet enfant né à Granville, au bord de la Manche, au début du siècle dernier. Fils d’industriels locaux, créateurs entre autres de la fameuse lessive Saint-Marc et de l’eau de Javel Dior (on est loin des fragrances subtiles de la Haute Couture !), le jeune Christian est très attaché à sa chère maman. Pilier du Bœuf sur le toit ! Il s’inscrira à Sciences Po pour lui faire plaisir, mais à Paris. Il fréquentera alors le lieu névralgique de tous les plaisirs d’alors, rendez-vous des artistes en devenir et des...

Emmanuel Barrouyer, c’est quoi un artiste queer ?

Rencontre avec un défricheur que rien n'arrête. On peut s'égarer dans les nombreuses formes artistiques que tu proposes, alors dis-nous quelle est ta démarche ? Il est vrai qu’en France j’ai l’impression qu’on a toujours besoin d’entrer dans une case précise, au risque de perdre les gens. Moi, j’ai un besoin de créativité permanent, besoin qui n’est pas satisfait par mon métier de comédien. Je dirais que c’est une créativité en mouvement : je ne me pose pas de question, je ne me mets pas de limite, pas de cadre, j’essaye simplement d’exprimer quelque chose de sincère et les différents thèmes de mon travail sont les facettes d’une seule et même œuvre mais qui se multiplie, qui est transgenre, parce que justement je n’aime pas être dans une case. J’ai besoin de liberté. Je me sens bien dans cette créativité sans freins, sans censure (excepté sur les réseaux sociaux), en allant exactement à l’endroit où j’ai envie d’aller. Et si les gens se perdent tant mieux, cela veut dire...

Wishart, la trajectoire exceptionnelle d’un enfant du 20ème siècle

Une traduction très attendue ! L'autobiographie de Wishart est parue en 1977, en langue anglaise. Il aura fallu attendre presque 40 ans pour qu’elle soit enfin traduite en français et pour qu’un éditeur prenne le risque de la publier ! Si le nom de ce peintre ne vous dit rien, ne vous détournez pas de cette autobiographie précieuse à plus d'un titre. Si ses toiles ne sont pas connues du grand-public, ce n’est pas son œuvre que l’on appréciera ici, mais le parcours d’un homme exceptionnel qui mena une vie extraordinaire, en se frottant à ce que le 20ème siècle a produit de mieux. Peintre obsessionnel Né en Angleterre dans les années 20, enfant éveillé et précoce, il atteint très rapidement la maturité artistique et peint de façon presque obsessionnelle. Parallèlement, parce qu’il baigne dans un milieu cosmopolite, il voyage dans les capitales européennes. Il s’installe à Paris, après Londres, pour suivre les cours d’une Ecole d’Art. Il prend conscience très rapidement de son ambivalence sexuelle et collectionne amants et maîtresses, tout...

Le chanteur

Quand il monte sur scène, à la première seconde je manque de souffle. La vue de ce Chanteur incroyablement talentueux charismatique et séduisant me rend fou d’amour et d’admiration. Je le connais et le suis depuis de nombreuses années. Nos chemins se croisent de temps en temps et à chaque fois ce sont de merveilleux moments fugaces intenses et inoubliables. Son beau visage s’illumine à la vie et à ses fans. Son sourire ravageur et tendre fait apparaître d’adorables fossettes sexy et mutines. Toujours le mot gentil et drôle pour attiser l’amitié ou l’amour de son public acquis. C’est un bourreau. Un tortionnaire. Conscient ou inconscient de son pouvoir de séduction, en jouant habilement, il sera éternellement pour moi l’Homme idéal. L’Artiste absolu. L’Ami que je n’aurai jamais. L’Amant impossible, il aime bien trop les femmes. Je ne suis pas une femme, juste un fan parmi tant d’autres qui rêve d’un regard, d’un sourire, d’un clin d’œil complice. Rêver c’est bien le terme approprié. Le merveilleux fantasme d’un...

« Féminin Masculin », la double identité de Zoé Weng Yu Tong (翁語彤)

Cela fait plaisir d’apprendre que Zoé Weng Yu Tong (翁語彤), une jeune artiste taïwanaise va présenter une exposition à Paris, d’autant plus que c’est une artiste qui se dit « genre fluide » et qui explore le thème de l’identité et l’expression de genre, ainsi que de leurs rapports avec les espaces urbains et les cultures qu’ils portent. Née en 1989, Zoé a une maîtrise en cinéma de la National Taiwan University of Arts (國立臺灣藝術大學). L’exposition s’appelle « Féminin Masculin ». Selon You Ren, le coordinateur de l’exposition, l’œuvre est réalisé dans la ville de Taïpei et Paris sur une base de « théorie queer ». Zoé a travaillé avec les photographes dans ces deux villes. Ces images montrent que l’identité de genre de Zoé change selon la ville dans laquelle elle vit. Ce projet est le fruit d’un parcours initiatique de ses recherches des liens entre la culture, la société et son identité de sexe. L’exposition aura aussi lieu prochainement à Taïpei. Je suis heureuse...