Daniel Arsand

Prix du Roman Gay 2016 : Je suis en vie et tu ne m’entends...

« Où es-tu Heinz ? Il y avait ta voix sur ma peau, et tes paumes, et tout ton corps. On n’avait même pas à se dire que c’était cela vivre. » « Tu », Heinz Weiner, l’amant, est mort avant l’internement et les tortures subies par Klaus Hirschkuh (Biche…) à Buchenwald. Retour à Leipzig, la ville de sa naissance, dans sa famille dont il se sent, lui le pédé meurtri parce que pédé, de plus en plus étranger. Quatre ans, c’est long. Oui mais aussi un changement pour lui dans ce qu’il ressent quand il marche dans les rues : « Ils étaient autres. C’était eux qui étaient autres. Pourquoi ce devrait toujours à lui de l’être ? » Et puis, « Il avait acquis une indifférence qui lui permettait de se tenir à distance de la fosse et des pendus »… oui, car si l’on revient, et comment le peut-on ?… Demain? Quand on est « mort à soi-même et vivant »? Et les rappels « sale pute, tante, pissez-lui dessus… sous-homme… » puis « une règle de fer...