écrivain

Érik Poulet-Reney aborde la transsexualité grand-parentale

« TRANSparente » est un ouvrage pour la jeunesse mais que beaucoup d’adultes feraient bien de lire ! Secrets de famille, non-dits : la « différence » tisse sourdement ses silences intergénérationnels synonymes de rejet. Éveilleur d’émotions tues, Érik Poulet-Reney prête voix (et voie) à un « cœur de femme dans un corps d’homme ». Miss DayLire, geek du livre et de la vidéo Lina-Jane a dix-sept ans. Elle est depuis peu une booktubeuse, fière de ses « déjà » deux cents abonnés et qui espère un jour « fidéliser deux cent soixante mille addicts », à l’image de la « fameuse chaîne de cette comique américaine déjantée ». Avec son look travaillé et partiellement emprunté à « la papesse Nothomb » (« chapeau XL », « mitaines de dentelle noire », « longues nattes brunes », « rouge à lèvres vermillon »), Lina-Jane – « Lina DayLire » pour YouTube –, dont la mère enseigne le yoga, est une dévoreuse de livres. Une jeune fille d’aujourd’hui,...

Une saison en enfer

Intégrer une Grande Ecole Roman d'initiation magnifique et néanmoins récit autobiographique bouleversant, Un hiver à Paris dénonce le système scolaire spécifique des Grandes Ecoles, dont la pression et l'ambition sont les règles cruelles. Pas de pitié pour les faibles (et les différences !). Jeune provincial, le narrateur débarque à Paris pour intégrer une classe préparatoire à une grande école. Il découvre ce véritable microcosme et ses lois ; il comprend très vite qu'il n'est pas à sa place. Issu d'un milieu modeste, il est sensible, introverti, solitaire et il se cherche... Tout ce qu'il faut ne pas être pour se faire une place ici ! Le suicide d'un camarade... Le suicide inopiné d'un des camarades dont il a partagé quelques moments va le plonger dans une profonde remise en cause. Considéré ( à tort) comme le meilleur ami (et le confident) « du suicidé », il devient la cible de tous les fantasmes et de tous les intérêts, alors qu'il était invisible jusqu'alors. Sa vie est soudain dominée par l'empreinte du  jeune...

Passion amoureuse ou amitié fraternelle ? La réponse de Stéphane Lambert

http://youtu.be/MIIrofQwfso Dans Fraternelle Mélancolie, Stéphane Lambert explore l'amitié qui unit deux grands écrivains américains, Herman Melville, et Nathaniel Hawthorne. Il décrit et imagine les  stigmates d'une passion tumultueuse... Cela se déroule au milieu du 19ème siècle... Alors "outing" ou pas ? Stéphane Lambert nous donne les clés ici ! Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu rencontré Melville et Hawthorne et pourquoi leur relation t’a interpellé au point d’y consacrer un livre ? Stéphane Lambert : Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai longtemps gardé sur ma table de chevet l’épais volume de Moby Dick, qui est devenu ce qu’on appelle un livre culte, sans réussir à m’y mettre. L’idée de la chasse à la baleine me rebutait. En réalité, Moby Dick est tout sauf un hymne à la chasse à la baleine, c’est un roman de dimension mythique, qui place l’homme face aux grandes questions de l’humanité. Or Moby Dick est dédié à Hawthorne, que je ne connaissais pas. Quand j’ai enfin lu le roman de Melville,...

Manuel Blanc : je suis Elle !

Pour son nouveau roman, (quatre ans après Carnaval, le premier), Manuel Blanc se glisse dans la peau d'une trentenaire, Virginie, danseuse de "pole dance". Son héroïne, femme indépendante, blessée, à la recherche de son identité... est indéniablement très attachante. On suit les péripéties de sa vie tumultueuse avec délectation et bienveillance. Il était grand temps pour Genres de rencontrer ce garçon révélé au cinéma grâce à André Téchiné, dans J'embrasse pas, (en 1991) et qui depuis, s'éloigne irrésistiblement des sentiers battus ! Hugues Demeusy : Dans ce nouveau roman, tu as pris le parti périlleux de dire "je" en "usurpant" le sexe de ton héroïne, Virginie. Pourquoi ce choix et quelles sont les barrières que tu as du franchir pour y parvenir ? Manuel Blanc : C’est mystérieux ce choix en un sens, et l’écriture est toujours pour moi une quête, c'était un vrai challenge et cela m’a pris trois ans avant de plonger dans l’intimité de cette femme. J'ai commencé à écrire un premier texte où je...

Les bonnes mauvaises rencontres de Josyane Savigneau

CE QUI ME PLAÎT, C’EST LA SINGULARITÉ. LA DÉCOUVRIR ET TENTER DE LA DIRE, DE LA FAIRE PARTAGER. J’AIME TOUS CEUX QUI ONT UNE CERTAINE FOLIE, AFFICHENT LEUR NARCISSISME, LEUR MÉGALOMANIE S’il existe une façon de lever partiellement le voile sur qui « habite » vraiment, au-delà des clichés et autres cancans germanopratins, l’emblématique signature « Jo. S. », c’est dans La passion des écrivains que le lecteur curieux la découvrira ! Muni de ses bons yeux gourmands il récoltera ainsi, rencontre après rencontre et telles de délicates mises en bouche offertes à chaque page, les subtils indices d’une sensibilité inouïe. Icône pour certains, météorite pour d’autres, Josyane Savigneau, responsable du célèbre « Monde des Livres » entre 1991 et 2005, dont les « papiers » étaient guettés (dans la joie ou dans la crainte) par tous les acteurs de la sphère littéraire (et pas seulement !), nous partage ici une série de portraits uniques. Nous voici les invités – et non les voyeurs –...

Yves Navarre, hier, aujourd’hui et demain

Hugues Demeusy : Comment et quand as-tu « rencontré » Yves Navarre ? Philippe Leconte : A la fin des années 70. J’étais dans la mythique librairie Corman à Knokke-Le-Zoute. Je venais de choisir les poèmes de Constantin Cavafy traduits par Yourcenar, et, à côté, il y avait une pile de Loukoums en livre de poche. C’est la couverture qui m’a attiré, le dessin de David Hockney. J’ai pris le livre, l’ai lu d’une traite et n’ai eu de cesse, après, de découvrir les précédents livres de Navarre, puis, au fur et à mesure, les nouveaux, au gré de leurs parutions. Qu’est-ce qui t’a accroché dans ses écrits ? Navarre a été beaucoup trop catalogué en tant qu’écrivain homosexuel, alors que lui-même se définissait comme écrivain ET homosexuel La façon dont il abordait l’homosexualité. C’était la première fois qu’un écrivain m’en « parlait » comme quelque chose de normal. J’avais l’impression de me découvrir à travers ses livres, que ceux-ci me parlaient de moi. Á l’époque, il n’y avait...