enfant

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Le zizi des mots, la suite

Enfin ! le second tome de ce petit délice de 48 pages que fut le Zizi des mots numéro un, où l’on redécouvrait avec humour à quel point notre langue bipolaire (!) est sexiste. Les deux compères Élisabeth Brami pour le texte et Fred L. pour les illustrations soulignent à nouveau cet « affront ». Page de gauche, un dessin et le nom masculin d’un homme, je n’ose pas dire d’un humain ! qui caractérise un travail sérieux, important, ou une fonction indispensable. Page de droite, et là nous sommes dans l’inverse d’un magazine commercial, une chose au féminin donc, que des choses, que du féminin… du « machin » comme ils disent. Un loupiot, une loupiote, un matelot, une matelote… C’est aussi rageant que drôle, mais instructif ! Aussi pour former les « loupiot.es ». Éditions Talents Hauts - 13 € - ISBN 9782362661877. Ce livre est soutenu par Amnesty International : Réfléchir aux sens des mots pour lutter contre les discriminations.
arbre et racines

L’arbre de vie

Il saute, court, tombe, se relève, retombe et court encore. C’est un enfant heureux et innocent qui joue dans le grand jardin de sa maison. Autour de lui il y a des petits arbres fraîchement plantés, dont un le jour de sa naissance. Son arbre de « chance », comme l’ont baptisé ses parents. Dix ans plus tard, l’arbrisseau a grandi pour laisser place à un jeune arbre au tronc robuste et volontaire. De timides fleurs roses commencent à bourgeonner sur des branches solides, en ce début de printemps. L’adolescent le regarde en pensant que si la chance ne dépendait que de cet arbre stupide il serait un chêne majestueux et lui un amoureux comblé. Seulement la vie a décidé d’être cruelle et injuste avec lui. On l’empêche d’aimer qui il veut et de plus, on le culpabilise d’être différent de ses frères. Foot, rugby, bagarre et surtout draguer les minettes. Lui préfère la solitude contemplative et la culture artistique. Il est intelligent, doué pour les études...