exposition

Gaston Goor, galerie Au Bonheur du Jour

La galerie « Au Bonheur du Jour », présentera durant deux mois une sélection d’une cinquantaine de peintures et dessins de Gaston Goor (1902-1977). Quelque part entre jardin d’Éden et mont Olympe, au milieu de temples perdus ou cachés dans la végétation de paysages méditerranéens, comme irréels, d’une époque pas tellement définie, les personnages des œuvres de Gaston Goor semblent échapper au monde qui les entoure. Figures allégoriques, éphèbes et demi-dieux aux poses et manières empruntées aux grands peintres de la Renaissance italienne, mais aussi nimbés de cet « érotisme presque naïf » pour reprendre l’expression de la galeriste Nicole Canet, qui nous précise aussi la flagrante influence du peintre britannique Henry Scott Tuke sur le travail de Goor. Relativement peu connu du grand public, Gaston Goor, multiplia pourtant les collaborations avec le monde de l’édition et les écrivains, en illustrant des textes de Diderot, de Montherlant, collaborant aussi avec André Gide pour plusieurs ouvrages, réalisant également les lithographies accompagnant les romans de Renaud Icard ou Roger Peyrefitte,...

L’artiste Marc Martin fait du vestiaire un lieu de cul(te)

Aujourd'hui Marc Martin est fier d'apporter sa collaboration à l'exposition berlinoise l'érotisme des choses, organisée au Musée Der Dinge, visible jusqu'au 27 août. Construite autour de l'oeuvre de Magnus Hirschfeld, le premier grand sociologue qui se passionna et travailla sur l'érotisme. L'exposition nous intéresse au premier plan pour la présence très remarquée de l'installation de Marc Martin, qui a reconstitué un vestiaire avec sa fantasmagorie... jusqu'à ses odeurs... Entre poésie et pornographie, son installation est un parcours artistique entre les objets qui évoquent l'érotisme latent d'un vestiaire masculin. L’accumulation de baskets usagées de différentes tailles, couleurs et matériaux, avec différentes senteurs et origines, de différentes époques, illustre le fétichisme de l’objet dans toute sa diversité. Marc Martin nous en parle : « Le vestiaire collectif, lieu de passage intensif, sexué, malodorant, rudimentaire, symbolise pour moi la passerelle entre deux univers qui se chevauchent en permanence : l’instant d’avant ou l’instant d’après. Cet endroit concrétise dans mon imaginaire la clef d’un passage secret. Il offre à mon approche une multitude...

Le beau livre #11, Garçons de joie, Nicole Canet

Il est dans les villes des endroits rares et précieux, des endroits que l’on ne voudrait n’avoir que pour soi, et dont on rechigne à donner l’adresse : la galerie de Nicole Canet, « Au bonheur du jour » est de ceux-là. Là où s’épanchent sur papier les désirs, là où sursaute d’un trait d’encre, d’inavouées passions, de curieux chromos et des obsessions derrière les crayons… dans sa nouvelle exposition « Garçons de joie » qu’accompagne la parution d’un ouvrage au titre éponyme, la promesse est tenue. Et c’est Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, mais aussi l’auteur de « La mauvaise vie » qui signe la préface de cet ouvrage dans un texte tout en suggestion, il y écrit notamment « L’un des grands mérites de Nicole Canet (…) est de nous rapporter des images insolites de ces temps envolés, de ces lieux qu’on ne trouve plus, de tous ceux qui ont écrit sans le savoir une histoire qu’on ne raconte guère. » Pousser les portes de ce bar un peu...

Les couleurs gaies de Wang Xiaochuan

WANG Xiaochuan, né en 1987 à Heilongjiang, a été diplômé en arts plastiques de l’École des Beaux-Arts de Xi’an en 2014. Depuis, il poursuit ses études en France. Wang Xiaochun présente une dizaine de peintures sur toile et sur papier en technique mixte pour présenter sa vision de l’homosexualité. Beaucoup de couleurs pour toutes les facettes de la vie et pour rendre la vie plus gaie. L’exposition de ce jeune artiste chinois, dans le plus ancien lieu gay de Paris, donnera une couleur particulière à cette 4ème édition de la Semaine LGBT chinoise. Tu es né à Heilongjiang au nord de la Chine en 1987. Quel est ton parcours artistique ? Dès l’âge de six ans, ma mère a fait venir à la maison un professeur pour m’initier à l’art de la peinture chinoise. J’ai été fasciné par les mélanges de couleurs, pouvoir créer mon propre univers. Peindre est devenu une passion, j’ai donc passé un concours pour entrer à l’École des Beaux-Arts de Xi’an (dans le centre...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Le beau livre #9, The Beard Pictures, Gilbert & George

Dupont et Dupond, Laurel et Hardy… et Gilbert et George qui font indubitablement partie de ces couples, fictionnels ou pas, la frontière avec ces derniers étant sur ce point parfois floue, et qui de par leurs extravagances ou leurs œuvres sont devenus aussi identifiables qu’incontournables. Sur la scène de l’art contemporain les deux artistes britanniques, ils travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1967, n’ont eu de cesse de se mettre en scène dans leurs productions, ils se définissent eux-mêmes comme des Living sculptures, c’est par la performance qu’ils ont commencé. Contrebalançant leur apparence de bourgeois, le couple apparaissant en public immanquablement en costumes et cravates quasi identiques, le propos de leurs œuvres aux dimensions souvent grandiloquentes, peut se faire parfois cru, souvent dérangeant, flirtant avec le mauvais goût et l’irrévérence, explorant des thématiques parfois underground. La série d’œuvres qu’expose la galerie Thaddaeus Ropac dans son espace de Pantin, n’échappe pas aux codes et façon de faire des deux artistes, des formats gigantesques (l’une des...

Le beau livre #8, Fenster zum Klo, Toilettes publiques, affaires privées

Lorsqu’un jour l’on voudra dresser l’état des lieux du bon et du mauvais goût, du propre et du sale, du bien et du mal, et tout comme l’on s'attardera évidemment aux multiples interprétations de Fontaine de Marcel Duchamp, le ready-made urinoir qui cette année a 100 ans, il ne faudra surtout pas oublier de passer aussi par le petit coin, de visiter le petit cabinet des obsessions de Marc Martin… toujours prompt à tordre les regards, à faire dévier les idées vers d’inexplorés territoires. Dans cette approche qui souvent oscille entre caresse et audace, dans des images qui toujours nous tentent autant qu’elles nous forcent, le photographe pour ce nouveau projet, un ouvrage qui accompagne une exposition à Berlin au Schwules Museum, s’intéresse aux toilettes publiques, lieu de fantasmes et de réalité, public et privé, là où se confond le besoin et l’interdit, sur des murs où s’inscrit l’obscène et le désir à coup de marqueur maladroit. Là où s’est joué et noué, un...

Le beau livre #6, Les musées Yves Saint Laurent : Paris, Marrakech

« J'aimerais que dans cent ans on étudie mes robes, mes dessins. » Yves Saint Laurent, 1992. En 1961 le couple Yves Saint Laurent - Pierre Bergé ouvre leur maison de couture, d’abord rue Spontini, puis en 1974 ils déménagent et s’installent au 5 avenue Marceau, cette adresse que ne quitteront plus les ateliers, le studio et les salons de la maison, dès sa création, il est décidé d’archiver l’intégralité du travail du couturier, les modèles des défilés, mais aussi, tous les croquis, fiches d’ateliers, photographies, coupures et dossiers de presse, accessoires... c’est cet ensemble qui constitue aujourd’hui une trace unique de l’activité d’une maison de Haute couture au vingtième siècle. En 2002, le 7 janvier, Yves Saint Laurent, annonce son retrait, la maison de Haute couture ferme ses portes aprés un dernier défilé rétrospective au Centre Georges Pompidou, puis le 5 avenue Marceau devient la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, le couturier disparaît en 2008, et c’est en ce début du mois...

Simon Bocanegra capte la lumière intérieure de l’underground

Simon Bocanegra : photographe clandestin... Orphelin né à la fin de la guerre à Lyon, il est baptisé du nom de ce célèbre opéra de Verdi ! Une entrée en matière en fanfare ! Simon Bocanegra cultive tout d'abord son corps, avant de s'occuper de son esprit ! Il est strip-teaser à New-York. C’est à l’âge de 20 ans qu’il réalise ses premiers portraits en s’appropriant un appareil photo dans un vestiaire à Hawaii. ...devenu portraitiste des nuits Parisiennes les plus folles De retour en France en 1978, l’année de l’ouverture du Palace, il est très vite adopté par Fabrice Emaer. Cet hôte nous rappelle que « le Palace, c’est d’abord un théâtre. C’est aux gens d’assumer leur théâtralité. À la fois acteurs et spectateurs d’eux-mêmes. » À travers l'univers flamboyant de ce lieu unique, il devient accro au glamour de la mode. Désertant les podiums des défilés, il leur préfère l’effervescence des backstages où règne un climat d’impériosité propice à la montée en puissance de son désir. Il a besoin de cette proximité pour créer un contact...