fiction

Comment réinventer le cas zéro de sida en France

Que s'est-il passé dans la tête de Sarah Baruck pour décider de planter l'intrigue de son deuxième roman dans le service de Médecine Interne de l'Hôpital Saint Louis, en 1982, où le docteur Valensi va prendre en charge un malade atteint d'une pathologie encore inconnue. Hôpital Saint-Louis 1982 Tout commence donc par un cas incompréhensible et très inquiétant, un patient atteint de . symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner ce patient mis à l'écart par le Chef du Service… N'écoutant que son éthique professionnelle et humaine, Valensi va soigner clandestinement cet homme qui se révélera être le premier patient atteint du LAV, le premier nom donné au VIH. Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre...

Brahim Metiba, au cœur de la différence

Les mots de Brahim Metiba tintent comme un désespoir de cristal. On passe le doigt dessus et ça sonne juste, c’est pur, chaque phrase fait mouche, offerte là sans fioritures. Subtilement évidente sans être simple pourtant. Car c’est l’inextricable équation de la – ou plutôt des différences qui est posée ici, avec son cortège douloureux de non-réponses synonymes d’exclusion. Récit d’une solitude de sang aux résonances plurielles. « Nous », « eux », « les autres » Brahim Metiba – ou du moins son « double », comme il nous le précise dans l’entretien ci-dessous, s’agissant d’un récit « auto-fictionnel » – a « du mal » avec le « nous » lorsque ce dernier fait référence aux musulmans. « C’est pourtant simple », explique la mère, « il y a “nous”, puis il y a “eux”, les autres, les non-musulmans, les juifs par exemple ». L’assertion est monolithique, surgie d’une vérité elle-même inébranlable. Le « je » qui s’exprime cherche tout de même une faille...

Entre chien et loup : chroniques parisiennes – épisode 1

 Episode 1  J'ai débarqué à la Gare de Lyon avec ma grosse valise marron. Après quelques hésitations, j'ai enfin trouvé la ligne de métro qui me mènera chez Cousine Marcelle, rue de la Clé, dans le 5ème arrondissement. Tout mon passé pèse lourd au bout de mon bras. Pourtant cette grande valise ne contient que quelques vêtements et un nécessaire de toilette... Ça se résume donc à ça, quelque vingt ans d'existence : une enfance choyée mais solitaire, une adolescence difficile, esseulée, interminable... C'est sans aucun doute la dernière épreuve que je dois vaincre pour me débarrasser à tout jamais de cette vie pitoyable, cette vie d'avant sur laquelle je ne compte pas me retourner. Jamais ! Alors, franchement, ça en vaut la peine ! Cousine Marcelle loge au troisième étage dans un bel immeuble en pierre de taille, dans cette rue étroite et calme à cette heure de la journée. Je commence à gravir l'escalier éclairé par des grandes fenêtres en verre dépoli, en traînant ma valise...