film

L’amour est dans le pré (Seule la terre, le film)

Texte originalement publié sur la page FB de Daniel. Ambiance très rude ! Un beau film, des acteurs étonnants et très justes, avec la beauté rude, sans chichis, de la campagne du nord de l'Angleterre comme cadre, et avec sa petite touche de peinture sociale. Seule la terre, un film très... très anglais, en fait. Donc, il ne faut pas s'amuser à pointer toutes les ressemblances avec Brokeback Mountain, (même si le film s'attache à suivre le parcours de deux garçons que rien ne prédestinait à se rencontrer, le fils d'agriculteurs locaux et un saisonnier), c'est complètement une autre histoire, d'autres personnages, d'autres façons de se chercher, de se fuir ...et de se retrouver (il en existe tellement...). Quand les sentiments s'en mêlent... Si le film de Francis Lee était sorti avant, on aurait dit que celui que Ang Lee est une adaptation avec des moyens hollywoodiens. Seule la terre est différent et il est très bien comme ça. Le titre français est plutôt bien trouvé, parce qu'on pourrait mettre...

Les Initiés, grave et terrifiant

Vous êtes un garçon, vous avez 15-16 ans, eh bien, il ne fait toujours pas actuellement bon être de l’ethnie xhosa en Afrique du Sud ! C’est le moment de l’initiation, période secrète qui ne concerne que les hommes et qui fera qu’en deux semaines ces ados deviendront des « hommes ». Hommes ! Hommes ! au point de blesser, meurtrir, et bien trop souvent faire mourir ces jeunes initiés. Un prépuce fait tout la différence ! Mais voilà l’un des initiateurs, Xolani, retrouve comme tous les ans son amour bi et caché, Vija, un autre Xhosa initié devenu initiateur. Vija est un peu trop imbu de sa virilité et de son pouvoir. Près de la cascade, une nuit d’amour dans l’herbe entre eux, mais ils sont vus par l’un des jeunes initiés, le plus « féminin »… et l’homosexualité — « L’homosexualité est une maladie importée d’Occident », dixit un président d’un état africain — ne peut être. Pas le choix, il sera froidement assassiné par l’homo… Eh oui, de peur d’être reconnu homo dans...

1:54. Une course explosive

Montréal. Dans une classe de seconde. Francis aime Tim. Tim n’assume pas ses sentiments pour Francis. Il les dissimule. Les garçons populaires de la classe apprennent l’orientation sexuelle de Francis. Harcèlement. Intimidation. Drame. On pleure ce qui lui arrive mais pourtant on est responsable, par notre silence, par notre impuissance, par notre tendance à laisser l’homophobie être ordinaire. Tim veut venger son ami Francis. 1 :54, c’est le temps qu’il doit atteindre aux 800 mètres pour rendre justice à Francis, pour voler le rêve de Jeff, mais aussi pour s’accepter, lui qui cache ce qu’il est par peur des violences. Il s’agit d’une course contre les normes imposées par le groupe, contre les brimades qui en découlent, mais aussi contre ses propres limites. Être adolescent ne se fait pas sans conflit mais c’est particulièrement difficile de se construire et de s’accepter quand on ne ressemble pas pleinement au groupe. Mais pourtant, qu’est-ce que Francis a fait de mal ? Qu’est-ce que Tim a fait de mal ? L’injustice,...

Jours de France : un road movie sexuel (mais pas que)…

https://youtu.be/y9a_YircDFg Installez-vous dans l'Alfa Roméo confortable de Pierre et parcourez la France et ses habitants. Jours de France n'est pas au premier abord un film facile par sa construction, lente, contemplative, parfois austère. Mais il défend un point de vue original qui va vous redonner foi en l'être humain, celle-ci ayant été dangereusement mise en péril ces derniers temps. C'est le premier long-métrage d'un jeune réalisateur, Jérôme Reybaud, qui a fait ses classes avec des cinéastes atypiques tels que Paul Vecchiali et Jean-Claude Guiguet, deux hommes de l'ombre qui font un cinéma à part, intimiste, donnant libre cours à la poésie et à une grande humanité. Ce road-movie à travers la France "profonde" s'appuie sur un outil de rencontre ultra sophistiqué, une application bien connue des gays "Grindr" et son système de géolocalisation qui permet de rencontrer des hommes disponibles, près de l'endroit où vous vous trouvez. Cette quête de découvertes en tous genres sur des chemins de traverse, donne lieu pour Pierre, à des rencontres avec des personnages toujours singuliers,...
Moonlight

Moonlight, au clair de lune les garçons noirs sont tristes (mais nous heureux)

Màj du 28/02/17 : le film a reçu l'Oscar du Meilleur Film. Tiré de la pièce "In moonlight, black boys look blue", Moonlight est la chronique d'un enfant noir du quartier de Liberty City, Miami. Ici règnent la drogue et la loi du plus fort. On le découvre à travers trois époques et à travers ses trois noms : Little, Chiron et Black. Cet enfant perdu dans un univers d'adultes est un résistant, il surnage dans un milieu social difficile. Ce film de survivant nous montre un enfant qui grandit trop vite et en même temps un enfant qui ne devient jamais vraiment adulte. Moonlight c'est aussi l'histoire d'un garçon qui n'a rien à faire là, qui n'est pas armé pour se confronter à une vie d'injustice, où le danger rôde partout, jusqu'à la maison. C'est le drame d'un enfant différent et qui aime différemment. Confronté à la trahison de tous, il est le seul à rester fidèle. Chiron pourrait mourir à tout moment. Ce qui le maintient en vie, c'est un moonlight, un moment au clair de lune où...
deux femmes s'embrassent sur un litvideo

Chéries-Chéris : « la qualité des films cette année est exceptionnelle »

Kevin Reynaud : Pouvez-vous nous présenter le festival en quelques mots ? Cyril Legann : Le festival Chéries-Chéris existe depuis 22 ans et a pour but de promouvoir la culture LGBT au cinéma. Il répond au départ à un besoin de visibilité des films qui n’étaient que peu distribués en France. Aujourd’hui la problématique a changé, avec internet et l’avènement des supports domestiques (DVD, BluRay…) les films sont plus faciles à voir. Nous avons donc créé une compétition depuis 2010, et notre but, plus que jamais est d’apporter une plus-value au spectateur en créant un espace de convivialité et d’échange. Pour cela nous nous attelons à faire venir des équipes de films, cette année nous avons des réalisateurs qui viennent de pays très divers : USA, Canada, Israël, Lituanie, Portugal… c’est exceptionnel ! Et puis il y a tous les courts-métrages, des rendez-vous toujours appréciés par le public car ces films-là, souvent très riches, ne sont pas visibles ailleurs. Et on ressent également l’enthousiasme des équipes qui ont parfois...
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Juste la dernière folie de Xavier Dolan

La dernière scène de Juste la fin du monde résonne avec le générique de début, interprété par Camille. "Home is where it hurts, home is not a harbor", la maison c'est là où ça fait mal, la maison ce n'est pas un refuge. Dans cette maison qui héberge une famille dysfonctionnelle où rien n'est à sa place, où les paroles des uns répondent à celles des autres de manière incohérente. Une famille avec des hommes mais sans figure masculine, où les personnages parlent dans le vide et ne communiquent pas. Où les hommes ont abandonné la place, où la raison a vaqué la place. Où le seul personnage hors du système sclérosé est une pièce rapportée, interprétée par Marion Cotillard, la seule qui a compris la vérité : la mort imminente du jeune frère, Louis, interprêté par Gaspard Ulliel. Vides et absence On comprend l'absence du père, un vide abyssal qu'Antoine, le grand frère "symptôme" interprété par Vincent Cassel, essaye de combler. Où la brutalité prend toute la place. Antoine est un fou furieux, qui...

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...