Gay Games

Sport et diversité gagnent des points

Si vous vous rendez au Centre LGBT de Paris en ce moment, vous découvrirez les œuvres réalisées par le photographe Franck Weens et le peintre Serge Krewiss. Comment et pourquoi les deux artistes ont associé leur talent pour créer ces "tableaux" à la gloire du Sport et de la diversité ? Nous avons voulu le savoir en rencontrant un des deux  membres de ce duo artistique prometteur, Franck Weens… Hugues Demeusy : Vous exposez votre travail  pour célébrer les Gay-Games de Paris au Centre LGBT Paris Ile de France durant le mois d’août. Racontez nous tout d'abord votre parcours artistique ? Franck : J'ai découvert la photo en 2005, au début de l’ère de la photographie numérique, puis suis devenu photographe professionnel en 2010. J'aime particulièrement les photos de sport, d’où ma participation en tant que responsable d’équipe et photographe pour Paris 2018 / Gay Games 10. Je suis également le photographe officiel de la European Snow Pride à Tignes qui a lieu tous les ans en...

Homophobie dans le sport : Manuel Picaud, coprésident de Paris 2018, fait le point

"En 2018, on compte encore plus de 70 pays condamnant l’homosexualité, dont 12 par la peine de mort. Ce n’est qu’en 1982, année de création des Gay Games, que la France a totalement dépénalisé l’homosexualité. les militants lesbiennes, gays, bis et trans ont obtenu que la loi punisse les discriminations et défende l’égalité de tous les couples face au mariage. Pour autant, l’homophobie reste prégnante dans la société, comme le révèle chaque année SOS Homophobie. Une étude sur le football révèle ainsi qu’un homme sur deux déclare avoir un jugement négatif sur l’homosexualité et que celle-ci reste un tabou chez 63% des joueurs professionnels et 74% des jeunes joueurs de football. Sur le terrain, « enculé » et « pédé » figurent parmi les insultes les plus fréquemment utilisées. La course à la surperformance, la valorisation de la virilité et le fanatisme des supporters semblent légitimer ces préjugés homophobes. L’homosexualité s’en trouve par conséquent niée, comme lorsque les gens déclarent « il n’y a pas...

En août 1982 naissaient les Gay Games

Tous sont venus applaudir le défilé des 1300 athlètes des deux sexes, représentant de 15 pays, qui vont s’affronter jusqu’au 5 septembre dans 17 disciplines différentes. Une torche olympique est partie le 13 juin de New York, symboliquement allumée devant le Stonewall Inn, à Christopher Street. Elle entre finalement dans le stade, portée par deux anciens compétiteurs des JO, George Frenn et Susan Mc Greivy. La cérémonie se tient en présence de Doris Ward, adjointe à la maire de San Francisco et de Phil Burton, député républicain. C’est Tina Turner en personne qui anime le show de la soirée. Ces jeux d’un nouveau genre ont été organisés par Tom Waddell, capitaine de l’équipe américaine de décathlon aux JO de Mexico en 1968. Ils visent à promouvoir la confraternité gaie à travers le sport. Bien sûr, le 9 août, un tribunal saisi par le Comité Olympique américain a refusé que cet événement utilise le qualificatif « olympique ». Qu’importe, le succès reste au rendez-vous. Et 10.000 personnes...

Homophobie dans le sport, une lutte à bras-le-corps

L’homophobie dans le sport perdure et pose un certain nombre de questions liées aux contradictions entre l’esprit sportif, les valeurs qu’il véhicule (tolérance, ouverture d’esprit, accueil des différences), et la réalité quotidienne sur le terrain ou dans les vestiaires du fait du comportement de certains joueurs et supporters. Les sports collectifs (football notamment) apparaissent plus homophobes que les sports individuels, ce qui semble logique du fait de l’effet de groupe mais non acceptable pour autant. Le coming-out d’un joueur, un jeune encore plus, y semble pratiquement impossible. Le langage utilisé au quotidien et même sur les réseaux est empreint d’une homophobie ordinaire « tafiole, pédale, tapette… » évidemment banalisée. En partant du principe que l’homo est celui qui fait perdre parce que supposé féminin. Il inquiète, déstabilise, dérange. L’équipe » fait corps » contre le pédé et même les bi ou les gays anonymes se ligueront contre lui pour ne pas prêter le flanc aux soupçons et risquer d’être exclus du groupe donc de l’équipe. Compter sur la solidarité est pratiquement...