histoire

L’heure de vérité de Le Pen

Le sidaïque (...) il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. Près de 30 ans plus tard, ses propos sont encore dans toutes les mémoires : « Le sidaïque, si vous voulez, j’emploie ce mot-là, c’est un néologisme, il n’est pas très beau, mais je n’en connais pas d’autres, celui-là, il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux. Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. » Poursuivant sur la voie des contre-vérités pseudo-médicales, il explique aussi, sans donner plus de détails, « On a dit aux Français qu’il suffisait de se doter de préservatifs pour se mettre à l’abri de la contagion. C’est faux. ». Dérapage ? Pas vraiment. Le Pen contrôle bien ses propos et les a volontairement prononcés. Il reprend les thèmes et les mots qu’il développe depuis plusieurs semaines déjà, à la suite...
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Février 1984, fermeture de saunas US

Ils visent à obtenir l’organisation d’un référendum sur le sujet, en même temps que les prochaines élections municipales. La maire de la ville, Dianne Feinstein, évite de trancher elle-même, et confie une mission d’étude au docteur Mervyn F. Silverman, chef des services de santé de la ville, qui pourra, s’il le juge nécessaire, lancer un arrêté municipal pour fermer tout établissement jugé dangereux pour la santé publique. Au-delà de San Francisco, les saunas sont dans l’œil du cyclone dans la totalité des Etats-Unis. Les ligues de moralité prennent prétexte du danger sanitaire pour réclamer la fermeture de tous les lieux de promiscuité sexuelle. Ceci alors même que les clients se montrent de plus en plus frileux, que la fréquentation des saunas baisse d’elle-même et que les rapports y deviennent de plus en plus prudents. Les militants dénoncent une opération masquée de nettoyage puritain avant la convention démocrate prévue en juillet dans la ville Aussi, les propriétaires s’efforcent très vite de diffuser des campagnes de prévention au sein...
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« Amants des hommes » : déportation homosexuelle et homophobie

Traitant de la déportation homosexuelle durant la seconde guerre mondiale, Isabelle s'appuie sur l’œuvre autobiographique de Pierre Seel, le premier à témoigner de sa déportation pour cause d'homosexualité. "Amants des hommes" parle aussi beaucoup de l'homophobie de la société des années 1940, mais aussi de celle des années 2000 à travers les témoignages de différents acteurs qui se sont battus pour la reconnaissance de cette déportation. Pour nous présenter son travail, rien de mieux qu'une petite conversation avec Isabelle elle-même. Rencontre. Kevin Reynaud : Bonjour Isabelle, tout d'abord, quel est votre parcours ? Isabelle Darmangeat : Je suis née à Tulle en Corrèze, et j’ai effectuée mes études, en cinéma, à l’Université de Poitiers, avec une spécialisation en documentaire avec un DESS réalisation documentaire. Je vis et travaille à Paris depuis 2004. D'où est née l'envie de créer ce projet ? Avez-vous un lien personnel avec cette partie de l'Histoire ? Passionnée d’histoire, j’ai toujours été intéressée par la seconde guerre mondiale et particulièrement l’Holocauste. Je savais que les homosexuels...
Act up paris die in

Comment Act Up a dynamité la France de 1989

Samedi 24 juin 1989 : alors que la Lesbian & Gay Pride défile dans les rues de Paris, une quinzaine d’individus investissent la Marche, arborant un T-shirt noir orné d’un triangle rose retourné, sous-titré « Silence = Mort ». Arrivés devant le Louvre, ils s’étendent sur le sol et font les morts devant les caméras de télévision, ravies. Un nouveau mode d’action arrive en France. Act Up-Paris est née… Act Up a vu le jour à New-York en 1987, sous l’impulsion de Larry Kramer, déjà à l’origine du Gay Men’s Health Crisis. Elle compte désormais une quarantaine d’antennes à travers les États-Unis, notamment à San Francisco. Act Up-Londres est née en janvier 1989. En France, l’association est créée par Didier Lestrade (son premier président), Luc Coulavin et Pascal Loubet (Bureau). Les trois sont journalistes et veulent mettre en place un groupe de pression politique et de pression sur les médias. Un groupe homosexuel beaucoup plus combatif que les associations déjà présentes, consacrées à l’aide aux...