Le Monde

Le choc, Gai-pied censuré !

Mercredi 18 mars 1987, 16 heures. Gérard Vappereau, directeur de publication du magazine, reçoit une lettre recommandée à en-tête du ministère de l’Intérieur. Elle est signée Dominique Latournerie, directeur des Libertés publiques auprès de Charles Pasqua, qui dirige la place Beauvau depuis un an, depuis que la France s’est choisi une majorité de droite et un gouvernement de cohabitation, le tout premier du genre. Le courrier invoque l’article 14 de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, qui permet aux autorités d’interdire l’affichage, la vente et la publicité de « publications de toute nature présentant un danger pour la jeunesse en raison de leur caractère licencieux ou pornographique. » Gai Pied est dans la ligne de mire et dispose de 15 jours pour présenter ses observations. Au-delà, le magazine serait retiré des ventes en kiosques… Le choc est rude et inattendu. Mais le journal va immédiatement réagir et prévenir ses réseaux pour dénoncer cette tentative de censure et de...

Jay Alansky et ses multiples je(ux)

Musicien, auteur-compositeur (il a notamment travaillé avec Marie-France, Lio, Jil Caplan, Alain Chamfort, Les Innocents, Julien Clerc, etc.), producteur et interprète, Jay Alansky dispose d’une palette créative incroyablement diversifiée. Il est connu pour être le membre fondateur des Beautiful Losers et l’initiateur de nombreux projets électroniques (dont A Reminiscent Drive). Il exerce aussi ses talents dans le domaine des clips et de la photographie, où son travail est largement apprécié. Et, cerise sur le gâteau, il ne manque pas d’encre dans son stylo, comme il l’a déjà prouvé en 2015 avec un premier roman intitulé Hermine et le vieux jeune homme (L’Harmattan). Aujourd’hui, Jay nous revient avec un ouvrage d’une belle singularité : Le monde est un reproche. Il y relève un pari risqué – mais qu’il réussit impeccablement : entrer dans un « Je(u) » féminin et vivre une traversée de vie de femme, avec toute l’incroyable densité émotionnelle spécifique que cela implique. L’aventure romanesque est d’autant plus exaltante que ce « Je » de femme dans lequel Jay...

Mai 89, les homos font Salon

En 1989, Gai Pied Hebdo fête ses 10 ans. A cette occasion, le journal lance un événement fédérateur d’un monde militant très morcelé à la fin des années 80. Un événement appelé à se répéter et qui deviendra l’un des plus vivants meetings gais européens, le Salon de l’Homosocialité. Pendant deux jours, le samedi 27 et le dimanche 28 mai 1989, les homos vont investir le Cirque d’Hiver à Paris, pour débattre, danser, draguer… Cinéma et fête au cœur du projet Le programme commence dès le mercredi 24, avec la diffusion, pendant toute une semaine, d’un film gai chaque jour, au cinéma L’Entrepôt. Y sont proposés My Beautiful Laundrette, Once More, Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça, L’homme blessé… C’est même toute une nuit gaie qui y est organisée du vendredi soir au samedi matin. Le samedi, le public se retrouve l’après-midi rue Amelot pour débattre avec Yves Charfe, rédacteur en chef du journal, et découvrir le Club des lecteurs de GPH. Mais le moment le...

Les bonnes mauvaises rencontres de Josyane Savigneau

CE QUI ME PLAÎT, C’EST LA SINGULARITÉ. LA DÉCOUVRIR ET TENTER DE LA DIRE, DE LA FAIRE PARTAGER. J’AIME TOUS CEUX QUI ONT UNE CERTAINE FOLIE, AFFICHENT LEUR NARCISSISME, LEUR MÉGALOMANIE S’il existe une façon de lever partiellement le voile sur qui « habite » vraiment, au-delà des clichés et autres cancans germanopratins, l’emblématique signature « Jo. S. », c’est dans La passion des écrivains que le lecteur curieux la découvrira ! Muni de ses bons yeux gourmands il récoltera ainsi, rencontre après rencontre et telles de délicates mises en bouche offertes à chaque page, les subtils indices d’une sensibilité inouïe. Icône pour certains, météorite pour d’autres, Josyane Savigneau, responsable du célèbre « Monde des Livres » entre 1991 et 2005, dont les « papiers » étaient guettés (dans la joie ou dans la crainte) par tous les acteurs de la sphère littéraire (et pas seulement !), nous partage ici une série de portraits uniques. Nous voici les invités – et non les voyeurs –...

Emmanuel Barrouyer, c’est quoi un artiste queer ?

Rencontre avec un défricheur que rien n'arrête. On peut s'égarer dans les nombreuses formes artistiques que tu proposes, alors dis-nous quelle est ta démarche ? Il est vrai qu’en France j’ai l’impression qu’on a toujours besoin d’entrer dans une case précise, au risque de perdre les gens. Moi, j’ai un besoin de créativité permanent, besoin qui n’est pas satisfait par mon métier de comédien. Je dirais que c’est une créativité en mouvement : je ne me pose pas de question, je ne me mets pas de limite, pas de cadre, j’essaye simplement d’exprimer quelque chose de sincère et les différents thèmes de mon travail sont les facettes d’une seule et même œuvre mais qui se multiplie, qui est transgenre, parce que justement je n’aime pas être dans une case. J’ai besoin de liberté. Je me sens bien dans cette créativité sans freins, sans censure (excepté sur les réseaux sociaux), en allant exactement à l’endroit où j’ai envie d’aller. Et si les gens se perdent tant mieux, cela veut dire...

Emmanuel Pierrat, héraut du poil : l’interview

Emmanuel Pierrat et Jean Feixas n’en sont pas à leur coup d’essai question toison et autres « cressons » humains, puisqu’ils ont publié ensemble en 2015 un ouvrage remarqué sur les Barbes et Moustaches (Hoëbeke). Avec Les Petits Cheveux – Histoire non convenue de la pilosité féminine, qui paraît cet automne aux éditions de La Musardine, nos deux passionnés d’arts singuliers et d’esthétismes rebiquants (si l’on m’autorise ce néologisme) s’intéressent au cheminement ébouriffant du poil féminin au travers des siècles et de situations souvent ignorées ou oubliées. Une passionnante traversée pour les curieux de tous poils ! Détails historiques échevelants, ballades et balades en bouclettes pubiennes dont l’abondance peut constituer une authentique « végétation capillaire » (jusqu’à 1,80 mètre de long pour une Lithuanienne contrainte « d’enrouler » ses poils pubiens « autour de sa cuisse » pour « les empêcher de traîner par terre »), anecdotes contemporaines désop(o)ilantes : tout dans cet ouvrage ravit le lecteur curieux – et un brin concupiscent comme il se doi(g)t...

1er décembre 1988, le monde se lève contre le SIDA

Le monde entier mobilisé Placée sous l’égide de l’OMS, cette journée doit symboliser les actions des associations, des particuliers et des pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre le sida, partout à travers le monde. Plus de 700 manifestations diverses sont prévues aux quatre coins de la planète. Des présidents, des premiers ministres, des ministres de la santé et de hautes personnalités prévoient des déclarations sur les radios et les télés. Réunions, colloques et forums sont organisés pour réfléchir sur le droit, l’éthique, les progrès scientifiques, la recherche, les modifications de comportement, les soins de santé, les rapports entre le sida et les domaines sociaux, médicaux et sanitaires… Et la journée est enfin consacrée aussi aux malades et aux séropositifs, ainsi qu’au souvenir des milliers d’hommes et de femmes emportés par la maladie. Associations et médias en campagne Paris participe bien sûr à l’événement, qui coïncide peu ou prou au quatrième anniversaire de l’association Aides. Une manifestation gaie se tient à 18h au Champ-de-Mars, sous...

Homophobie et transphobie : les discriminations des LGBT au travail en 4 graphes

La journée du coming out de ce 11 octobre, dans laquelle les personnes LGBT sont appelées à se montrer publiquement, est l’occasion de rappeler les discriminations auxquelles elles sont exposées dans leur carrière. Lire l'article sur le site du Monde

En Egypte, l’étau se resserre sur la communauté homosexuelle

En Egypte, l’étau se resserre sur la communauté homosexuelle Lire l'article sur Lemonde.fr : En Egypte, l’étau se resserre sur la communauté homosexuelle