lesbienne

Paris Algérie

Les mots de Nina Bouraoui "Tous les hommes désirent naturellement savoir est l’histoire des nuits de ma jeunesse, de ses errances, de ses alliances et de ses déchirements. C’est l’histoire de mon désir qui est devenu une identité et un combat. J’avais dix-huit ans. J’étais une flèche lancée vers sa cible, que nul ne pouvait faire dévier de sa trajectoire. J’avais la fièvre. Quatre fois par semaine, je me rendais au Kat, un club réservé aux femmes, rue du Vieux-Colombier. Deux cœurs battaient alors, le mien et celui des années quatre-vingt. Je cherchais l’amour. J’y ai appris la violence et la soumission. Cette violence me reliait au pays de mon enfance et de mon adolescence, l’Algérie, ainsi qu’à sa poésie, à sa nature, sauvage, vierge, brutale." Nina Bouraoui présente en ces termes son dernier roman autobiographique. Entre l'Algérie et Paris, l'enfant devient femme et lesbienne Une écriture qui tranche dans le vif, grave, brute, sans enjolivures… Nina Bouraoui fait s'entrechoquer ses souvenirs de l'enfance Algérienne et les errances nocturnes parisiennes avec une bande...

Une Américaine dans la tourmente

L’histoire de Janet Flanner est indissociable de celle du New Yorker, dont elle fut la correspondante à Paris pendant un demi-siècle. Michelle Fitoussi nous emmène sur les traces de cette américaine incroyable, toujours surprenante, jamais fade ! Une jeune américaine découvre Paris Janet Flanner est féministe, pacifiste, lesbienne… mais avant cela, elle fut une américaine d'Indianapolis, élevée dans une famille quaker pas si classique que ca, puisque sa mère voulait que Janet soit comédienne (puisque bien sur elle-même n'y était pas parvenu). Adolescente, Janet part avec sa famille pour un voyage en Europe. Et c'est le choc. Elle y vivra de préférence à Paris ville des lumières. Mais avant cela elle se marie.  Le couple s'installe à New-York et infiltre le milieu de la bohème intellectuelle, où Janet rencontre une journaliste, brillante, dont elle tombe peu à peu amoureuse... Elle, elle veut écrire ! Ensuite c'est Paris, le New-Yorker dont elle devient la correspondante, (il faut bien vivre) en tant que chroniqueuse fantasque de la vie parisienne... Très...

Mojito

  À Corbeau   ____   Cheveux courts, l’air androgyne, elle capture mon regard aussitôt que j’entre dans le bar. Elle s’assoit toute seule, dans un coin, avec un verre de mojito dans la main. Ses yeux brillent d’un vert frais, comme les feuilles de menthe. La flamme tremblante de la bougie projette une lumière tamisée sur son visage. Elle a l’air d’attendre quelqu’un, ou quelque chose. Toutes les autres filles se fondent dans le décor.     Je vais vers elle. On commence à papoter. Elle raconte ses relations avec des hommes et des femmes. Elle est actuellement en couple avec un homme bisexuel, qui a de temps en temps envie d’être pris par une femme en gode-ceinture. Ce jeu d’inversion de rôles lui plaît. « Mais, » ajoute-t-elle, « ça n’a rien à voir avec le plaisir entre femmes … une femme, c’est un corps de douceur absolue. Le corps d’une femme, c’est un corps plein de collines et de vallées. Tu caresses le corps d’une femme comme tu caresses du regard un paysage...

L’amour et la liberté en héritage

Brisa et Pierre, un couple de légende Elle s’appelait Brisa, lui Pierre. Ils étaient les grands-parents de Bénédicte Martin, journaliste et romancière . Aujourd’hui, Bénédicte vit avec son fils dans leur appartement, à Paris, face à la prison de la Santé. Elle s’interroge souvent sur cet héritage "génétique" : qui étaient cet homme et cette femme, que lui ont-ils laissé, quelle femme est-elle devenue grâce ou à cause d’eux, quelle est sa dette  ? Le Paris Interlope du siècle dernier Ce roman raconte leur histoire, leur amour, fait de passion, d’une grande liberté, de non-dits aussi et de secrets. Car entre Brisa et Pierre, il y avait une femme, une héroïne singulière, une pétroleuse : Eléonore, rebaptisée dans le milieu Madame Yvonne. Fille d’un riche  armateur de Toulon et d’une blanchisseuse, elle aimait les femmes, vint à Paris, vécut des années au Lutetia à Paris, puis dans un hôtel du XVIIIe arrondissement qui était surtout un bordel. Elle avait les cheveux courts, sortait chaque soir au Monocle...

Tout ce qui est à toi… de Sandra Scoppettone

L’autrice Sandra Scoppettone est née dans le New Jersey en 1936. Elle publie ses premiers romans policiers sous le pseudonyme de Jack Early, mais révèle finalement sa véritable identité lorsque sa série de romans policiers ayant pour héroïne Lauren Laurano, une détective privée lesbienne vivant à New York, rencontre le succès. Elle fait son coming out en 1970 et vit à Long Island avec sa compagne. Le roman Tout ce qui est à toi est construit comme un roman policier. Le travail de détective de Lauren y est décrit avec soin, tout comme la progression de son enquête. Les morts, les fausses pistes (parfois un peu trop nombreuses) et les révélations se succèdent avec un bon rythme qui permet au suspense de se maintenir, sans pour autant tomber dans l’exagération. Dès les premières pages de l’histoire, nous nous retrouvons plongé-e-s dans le début des années 1990, avec des cabines téléphoniques à chaque coin de rue et le démarrage d’Internet et de ses dangers. Pour autant, les violences...

Mai 89, les homos font Salon

En 1989, Gai Pied Hebdo fête ses 10 ans. A cette occasion, le journal lance un événement fédérateur d’un monde militant très morcelé à la fin des années 80. Un événement appelé à se répéter et qui deviendra l’un des plus vivants meetings gais européens, le Salon de l’Homosocialité. Pendant deux jours, le samedi 27 et le dimanche 28 mai 1989, les homos vont investir le Cirque d’Hiver à Paris, pour débattre, danser, draguer… Cinéma et fête au cœur du projet Le programme commence dès le mercredi 24, avec la diffusion, pendant toute une semaine, d’un film gai chaque jour, au cinéma L’Entrepôt. Y sont proposés My Beautiful Laundrette, Once More, Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça, L’homme blessé… C’est même toute une nuit gaie qui y est organisée du vendredi soir au samedi matin. Le samedi, le public se retrouve l’après-midi rue Amelot pour débattre avec Yves Charfe, rédacteur en chef du journal, et découvrir le Club des lecteurs de GPH. Mais le moment le...

Non, Madame Millet, on ne « sort » pas d’un viol comme d’une...

Chère Catherine Millet, comme toute une chacune j’ai lu, non sans consternation doublée d’une immense tristesse, vos multiples déclarations auprès des médias concernant le viol, les hommes, et dernièrement encore votre « compassion » pour les « frotteurs ». Si vos propos n’ont pas été trahis ou tronqués, vous dites : « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle (…). » Et pour enfoncer le clou, si j’ose m’exprimer ainsi, vous ajoutez : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ». Il existe fort peu de chance pour que vous ayez entendu parler de ma petite personne, même si nous avons été réunies par les éditions du Seuil dans la même « bibliothèque rose » pour nos ouvrages respectifs (La Vie sexuelle de Catherine M. pour vous et mon roman Le Fouet). Eh oui ! j’explore les domaines des relations de soumission/domination depuis...

Le son différent de Brooklyn

Un immeuble à Brooklyn Depuis la mort de son mari, Celia vit dans l’ombre de ce dernier. Propriétaire d’un petit immeuble à Brooklyn, elle loge des gens atypiques, avec qui elle entretient des rapports distants. Jusqu’à ce qu’arrive Hope, une femme fuyant un mari infidèle… Avec Le bruit des autres, Amy Grace Loyd signe son premier roman en 2014, avec une maîtrise incontestable et un sujet bouleversant :  une femme choisit de s’isoler parce qu’elle ne parvient pas à faire le deuil de son mari ; elle s’est enfermée dans la routine, dans une vie en demi-teinte mais va soudain vivre une expérience qui la fera enfin réagir et redevenir « humaine" Une femme brisée Célia, la quarantaine affirmée, vit à Brooklyn, dans un petit immeuble vétuste, dont elle est la propriétaire. Oui, c’est bien de Brooklyn dont il s’agit, sa bohème, sa « coolitude », quartier en mutation où vit une population très cosmopolite. Célia, elle, montre un visage fermé. On pourrait presque dire qu’elle est acariâtre....

Une famille homoparentale Chinoise qui fait bouger les choses !

https://youtu.be/Sr9Og70zs8Q Lors de notre passage à Pékin nous avons pu rencontrer Rui et sa partenaire Chen ainsi que leurs jumeaux Helen et Harry. Rui était mon contact principal en Chine et c’est grâce à elle et au réseau LGBT qu’elle a pu tisser en Chine que nous avons pu vivre cette incroyable expérience humaine en Chine. Rui et Chen se sont rencontrées au travail alors qu’elles étaient toutes les deux employées d’une Organisation Non Gouvernementale chinoise. En 2014, elles ont vécu en Grande Bretagne pendant quelques mois pour faire un master. La Grande Bretagne autorisant l’accès à la procréation médicalement assisté pour les couples de lesbiennes, Rui et Chen ont tenté deux fécondations in vitro mais qui n’ont malheureusement pas fonctionné. En 2015, elles sont de retour en Chine et ont toujours pour souhait de devenir mamans. Elles décident donc de faire une fécondation in vitro (FIV) dans une clinique de Portland aux Etats-Unis.C’est Rui qui a porté les jumeaux mais ce sont les ovules de Chen qui ont...