lesbienne

« Rubyfruit Jungle », du rire aux larmes

Rita Mae Brown est une autrice lesbienne, une féministe et une militante des droits des personnes LGBT. Dans les années soixante, elle se tourne vers la politique et participe notamment aux émeutes de Stonewall. Elle travaille pour l’Organisation Nationale des Femmes (N.O.W.) qu’elle quitte en 1970 en protestation contre la volonté affichée de la présidente de se distancier des organisations lesbiennes. Elle s’engage alors dans la lutte contre l’exclusion des lesbiennes dans le mouvement féministe. Pour l’anecdote, Rita Mae Brown fut la compagne de Martina Navratilova et celle de Fanny Flagg, l’autrice de Beignets de Tomates Vertes. En 1973, elle publie Rubyfruit Jungle, un roman partiellement autobiographique. Rubyfruit Jungle est un livre à la fois émouvant et plein d’humour. On y passe du rire aux larmes en quelques pages Rubyfruit Jungle retrace l’histoire de Molly Bolt, la fille adoptive d’un couple vivant dans la misère, dans le sud des Etats-Unis. En dépit d’un départ dans la vie qui semble ne lui laisser aucune chance, Molly utilise...
Sappho

Sappho, poétesse de l’antiquité, notre ancêtre

Elle naît à Lesbos et vit à Mytilène au VIIe siècle avant notre ère. Née dans une famille marchande aisée, elle instruit la jeunesse dorée au chant poétique et dit son amour pour une jeune femme dans certains poèmes. Elle aurait participé à un complot contre le tyran et doit s’exiler de Mytilène : elle se réfugie en Sicile où elle poursuit son œuvre et reprend son enseignement. Confondue avec une Sappho courtisane née à Erése, elle tombe amoureuse du jeune Phaon alors qu’elle est à l’âge mûr. Cet amour n’est pas réciproque et de désespoir Sappho se précipite depuis le Leucade dans la mer : elle disparaît ainsi sans laisser de trace mais son suicide entre dans la légende. Il se pare d’une dimension romantique et absolue qui traverse les siècles et accompagne la gloire de la poétesse. Le talent de Sappho sera reconnu dès l’Antiquité : son poème qui saisit l’instant où la vie se retire à la vue de l’être aimé a inspiré...

Porte sur l’Inde : Ismat Chughtai

Considérée comme l'enfant terrible de la littérature ourdoue, nombre des textes de Ismat Chughtai furent bannis en Asie du Sud, en ce que leurs contenus féministes et réformateurs offensèrent les conservateurs et leurs idéologies. Sa nouvelle la plus illustre, Lihaaf, traduite en anglais sous le titre de The Quilt, la couette (au sens d'édredon), est publiée en 1942 dans le journal littéraire ourdou Adab-i-Latif. Peu de temps après, de nombreuses lettres courroucées sont envoyées à la rédaction du journal, accusant l'histoire de blasphème. Ismat Chughtai et sa nouvelle sont donc convoquées devant la justice de Lahore (actuel Pakistan) en 1946, et doivent répondre aux charges d'obscénité leur étant opposées. Ismat Chughtai choisit de contester le chef d'accusation plutôt que de s'excuser, et elle remporte le procès, dans la mesure où rien dans le texte ne fait de référence explicite à l'homoérotisme ; la nouvelle n'est donc pas obscène... Lihaaf narre l'histoire de la vie de la Begum Jaan, qui, à l'époque féodale, est mariée à un...
Patricia Highsmith

Patricia Highsmith : Carol, les eaux dérobées

Si Patricia Highsmith (1921–1995) est surtout connue pour ses romans policiers, fins thrillers psychologiques, qui inspirèrent le cinéma d’Alfred Hitchcock, son deuxième roman, intitulé Carol, est le roman d’une passion lesbienne mettant en scène deux personnages principaux féminins répondant respectivement aux noms de Therese et Carol. Carol (The Price of Salt en langue originale) est un roman publié en 1952. Le manuscrit en ayant d’abord été refusé par son éditeur en raison de la hardiesse du sujet, Patricia Highsmith décida de le faire paraître sous le pseudonyme Claire Morgan. Finalement, en 2015, le livre a été adapté au cinéma par Todd Haynes. Le film britannico-américain retrace fidèlement l’histoire du livre. Therese est une jeune femme vendeuse dans un grand magasin au rayon des jouets, mais ce travail n’est qu’alimentaire car elle rêve en réalité de créer des décors de théâtre. Richard est un ami proche. Tellement proche qu’il est, en fait, profondément épris de Therese. Cependant, rien n’y fait car elle ne se sent pas séduite...

Cineffable, festival lesbien et féministe

Né en 1989 sous l’impulsion des membres d’un ciné-club lesbien, Cineffable a pour vocation de rendre visible le cinéma lesbien et féministe, souvent peu ou pas diffusé dans les salles de cinéma grand public. Se rassembler, partager, découvrir des réalisatrices et des artistes travaillant elles-mêmes dans ce sens, tels sont les enjeux majeurs de Cineffable, qui par la pluralité des représentations lesbiennes et féministes que ce festival donne à voir se montre profondément conscient des différentes sensibilités. Souhaitant rendre le festival accessible au plus grand nombre, tous les films présentés lors de cette 28ème édition seront sous-titrés, comme chaque année, pour les personnes sourdes et malentendantes, et les présentations de séances, les rencontres et débats seront interprétés en langue des signes française (LSF) dans la mesure du possible. Un accès pour les personnes à mobilité réduite est également prévu. Afin d’en savoir plus sur le programme de cette nouvelle édition et d’évoquer tant les fondements que l’avenir du festival, GENRES est allé à la rencontre...