Libération

Mai 89, les homos font Salon

En 1989, Gai Pied Hebdo fête ses 10 ans. A cette occasion, le journal lance un événement fédérateur d’un monde militant très morcelé à la fin des années 80. Un événement appelé à se répéter et qui deviendra l’un des plus vivants meetings gais européens, le Salon de l’Homosocialité. Pendant deux jours, le samedi 27 et le dimanche 28 mai 1989, les homos vont investir le Cirque d’Hiver à Paris, pour débattre, danser, draguer… Cinéma et fête au cœur du projet Le programme commence dès le mercredi 24, avec la diffusion, pendant toute une semaine, d’un film gai chaque jour, au cinéma L’Entrepôt. Y sont proposés My Beautiful Laundrette, Once More, Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça, L’homme blessé… C’est même toute une nuit gaie qui y est organisée du vendredi soir au samedi matin. Le samedi, le public se retrouve l’après-midi rue Amelot pour débattre avec Yves Charfe, rédacteur en chef du journal, et découvrir le Club des lecteurs de GPH. Mais le moment le...

Emmanuel Pierrat, héraut du poil : l’interview

Emmanuel Pierrat et Jean Feixas n’en sont pas à leur coup d’essai question toison et autres « cressons » humains, puisqu’ils ont publié ensemble en 2015 un ouvrage remarqué sur les Barbes et Moustaches (Hoëbeke). Avec Les Petits Cheveux – Histoire non convenue de la pilosité féminine, qui paraît cet automne aux éditions de La Musardine, nos deux passionnés d’arts singuliers et d’esthétismes rebiquants (si l’on m’autorise ce néologisme) s’intéressent au cheminement ébouriffant du poil féminin au travers des siècles et de situations souvent ignorées ou oubliées. Une passionnante traversée pour les curieux de tous poils ! Détails historiques échevelants, ballades et balades en bouclettes pubiennes dont l’abondance peut constituer une authentique « végétation capillaire » (jusqu’à 1,80 mètre de long pour une Lithuanienne contrainte « d’enrouler » ses poils pubiens « autour de sa cuisse » pour « les empêcher de traîner par terre »), anecdotes contemporaines désop(o)ilantes : tout dans cet ouvrage ravit le lecteur curieux – et un brin concupiscent comme il se doi(g)t...

Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...

1er décembre 1988, le monde se lève contre le SIDA

Le monde entier mobilisé Placée sous l’égide de l’OMS, cette journée doit symboliser les actions des associations, des particuliers et des pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre le sida, partout à travers le monde. Plus de 700 manifestations diverses sont prévues aux quatre coins de la planète. Des présidents, des premiers ministres, des ministres de la santé et de hautes personnalités prévoient des déclarations sur les radios et les télés. Réunions, colloques et forums sont organisés pour réfléchir sur le droit, l’éthique, les progrès scientifiques, la recherche, les modifications de comportement, les soins de santé, les rapports entre le sida et les domaines sociaux, médicaux et sanitaires… Et la journée est enfin consacrée aussi aux malades et aux séropositifs, ainsi qu’au souvenir des milliers d’hommes et de femmes emportés par la maladie. Associations et médias en campagne Paris participe bien sûr à l’événement, qui coïncide peu ou prou au quatrième anniversaire de l’association Aides. Une manifestation gaie se tient à 18h au Champ-de-Mars, sous...

Coming out et Kevin Spacey : à faire et à ne pas faire

On ne choisit pas son homosexualité mais on choisit de faire ou pas son coming out. En tout cas c’est mieux que de se faire outer ou de le déclarer contraint et forcé comme justification de faits répréhensibles (voir Kevin Spacey). Le coming out, ou « sortie du placard » en français, désigne l’annonce volontaire d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre à son entourage familial ou professionnel. C’est un moment important quel que soit son âge dans l’acceptation et l’estime de soi. C’est aussi un acte courageux où l’on s’expose sur un plan personnel en prenant des risques affectifs et parfois professionnels car il peut mal se passer et entrainer des conséquences dommageables. Mais il permet de devenir ce que l’on est. Pourquoi et comment faire son coming out ? Pour s’aimer comme on est, pour vivre librement avec celui ou celle que l’on aime, pour éviter la honte et la culpabilité, pour s’affirmer auprès de ceux que l’on aime et prendre sa place. Pour le mode d’emploi lire à ce sujet...

La mémoire gay peine à se regrouper

Évoquée depuis près de vingt ans, la création d’un centre d’archives LGBT n’a toujours pas abouti. Face à la lenteur de la mairie de Paris, de nombreuses associations ou fonds privés se sont développés. Lire la suite sur Liberation.fr : La mémoire gay peine à se regrouper - Libération

Homophobie dans le sport, une lutte à bras-le-corps

L’homophobie dans le sport perdure et pose un certain nombre de questions liées aux contradictions entre l’esprit sportif, les valeurs qu’il véhicule (tolérance, ouverture d’esprit, accueil des différences), et la réalité quotidienne sur le terrain ou dans les vestiaires du fait du comportement de certains joueurs et supporters. Les sports collectifs (football notamment) apparaissent plus homophobes que les sports individuels, ce qui semble logique du fait de l’effet de groupe mais non acceptable pour autant. Le coming-out d’un joueur, un jeune encore plus, y semble pratiquement impossible. Le langage utilisé au quotidien et même sur les réseaux est empreint d’une homophobie ordinaire « tafiole, pédale, tapette… » évidemment banalisée. En partant du principe que l’homo est celui qui fait perdre parce que supposé féminin. Il inquiète, déstabilise, dérange. L’équipe » fait corps » contre le pédé et même les bi ou les gays anonymes se ligueront contre lui pour ne pas prêter le flanc aux soupçons et risquer d’être exclus du groupe donc de l’équipe. Compter sur la solidarité est pratiquement...
Fillon 2016

Revue de presse : droits promis…. choses dues : enjeux politiques du vote LGBT

Dans quelle société voulons-nous vivre ? Quelles sont les droits fondamentaux que nous voulons préserver ? A quelle personnalité voulons-nous confier notre avenir ? Les prochaines élections présidentielles nous amèneront forcément (LGBT ou pas) à nous poser la question. Les promesses ne doivent pas engager que ceux qui les écoutent car trop de droits semblent remis en question à la suite événements aussi important que le Brexit, l’élection de Donald Trump , les programmes de certains candidats de droite en France et les élections qui s’annoncent en Autriche notamment. D’une manière évidente la place des LGBT dans la société est devenue un  thème important de campagne électorale en France et dans de nombreux pays. Sous prétexte de préserver la famille on dénie souvent aux LGBT le droit d’en fonder une. Il convient de connaitre et d’avoir en tête les promesses des uns et des autres avant de glisser son bulletin dans l’urne. Les articles qui suivent devraient permettre de faire le point à ce sujet. Huffington Post : Pourquoi la communauté...