littérature

Le cahier noir d’Olivier Py : la naissance d’un artiste

https://youtu.be/Ha2zZ6sFWqI Olivier Py écrit pendant son adolescence solitaire à Grasse, un cahier intime, où il consigne ses pensées les plus sombres et réalise des croquis fantasmatiques. En 2015, Actes Sud édite ce Cahier noir, premier "roman illustré" de l’homme de théâtre, dramaturge, metteur en scène, directeur du Théâtre de l'Odéon, aujourd'hui responsable du festival d'Avignon et homme de lettre... Une enfance solitaire Le jeune Olivier s’ennuie ferme dans la ville de Grasse, qu'il décrit grise, triste, austère, loin des clichés de carte postale de cette cité méditerranéenne dont le soleil et les parfums sont ici absents. Entre le lycée et la famille, où il joue le rôle de l'enfant lambda, il y a la place pour les fantasmes les plus exacerbés et extrêmes et pour l'ado singulier, qui se créé un imaginaire flamboyant mais très sombre. Entre les lignes, se dessinent la fougue et le jusqu’au-boutisme d’un adolescent au purgatoire, qui s’invente des chemins de croix dans une quête d’absolu sans limite. La quête d'absolu mais des expériences décevantes A son âge, tout est grave, définitif…...

Jacques de Bascher, dandy de l’ombre

Vénéneux, hypnotique, addictif, stupéfiant, empoisonnant, dandy morbide… c’est presque immanquablement que s’impose le champ lexical des drogues et du ravage lorsque l’on évoque Jacques de Bascher. Ange ou démon ? Ses aléas et turpitudes, valaient bien une biographie, riche de documents et de témoignages, la journaliste Marie Ottavi, livre le récit d’une vie, que nombre de romanciers auraient aimé imaginer, dans les paroles de ceux qui l’ont aimé ou détesté, c’est aussi le portrait de toute cette période à part, du Paris nocturne et sans limite des années 80. D’ascensions fulgurantes, en chute vertigineuse, croiser Jacques de Bascher, même sur le papier, c’est frôler l’insolence et la décadence, c’est tutoyer les plus grands, c’est brosser le portrait de toute une époque, des bas fonds et de ce que brille, de toute une nuée de célébrités, héritières, fils et filles de, noblesse désargentée, artistes et bien sûr les deux légendes que sont Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld, c’est d’ailleurs autour de ce dernier que s’articulera...

le beau livre #2 Clair-obscur, Pierre et Gilles

Lorsque l’on se penchera, un jour prochain, sur l’histoire du bon et du mauvais goût, du beau et du laid, il ne faudra surtout pas oublier de faire un détour par l’atelier des artistes Pierre et Gilles. En attendant, 2017, c’est assurément l’année Pierre et Gilles, c’est l’année qui célèbre 40 ans de création et la construction d’une œuvre commune identifiable au premier coup d’œil, 40 ans pour la réalisation d’un ensemble d’images devenues cultes, photos témoins d’époques glamour ou fabrication d’icônes en devenir, célébrités et anonymes cohabitent dans le panthéon du photographe Pierre Commoy et du peintre Gilles Blanchard. Superstars des foires d’art contemporain, ou leurs photographies repeintes, toujours des pièces uniques impressionnent immanquablement, les artistes ont aussi réalisé un important nombre de pochettes de disques, Étienne Daho, Amanda Lear, Arielle Dombasle… des affiches de film, des couvertures de magazine, initiant déjà ce dialogue entre un art, disons à vocation muséale, et la culture populaire. Ainsi l’œuvre de l’inséparable binôme, intrigue au moins...

Autrice plutôt qu’auteure : démystifier les histoires

Cette démarche s’inscrit dans un premier temps dans une dynamique de récupération d’un terme ayant été effacé au cours de l’Histoire, afin d’invisibiliser celles qu’il désigne, perçues comme des concurrentes menaçantes. En effet, le terme autrice, vient du latin auctor, auctrix, celui/celle qui crée. En 1581, la première occurrence de la traduction autrice au sens d’écrivaine accompagne l’émergence de l’imprimerie. L’intervention des femmes en art est intensifiée par le XVIIe siècle, qui voit l’éducation féminine se développer à une époque où être écrivain devient une profession à part entière. Dès lors, une nouvelle génération de femmes de lettres émerge et les salons littéraires, souvent présidés par des femmes, prennent alors tout leur essor. Cependant, le XVIIe siècle voit également naître la codification de la langue française. Richelieu crée en 1635 l’Académie française, composée uniquement d’hommes, dont la principale mission est de créer le premier dictionnaire unilingue de la langue française. La langue française est réformée, et ces changements sont institutionnalisés par les nouvelles règles et...

Ananda Devi, autrice polymorphe

Ethnologue de formation, traductrice de profession et autrice de confession, Ananda Devi est confrontée très rapidement à l’emploi de différentes langues : au cours de sa scolarité l’anglais et le français, qu’elle retiendra comme langue d’expression littéraire, le créole parlé sur l’île, mais aussi l’hindi et le telugu, langues de ses parents et ancêtres indiens. La société mauricienne est une société plurielle aux catégorisations complexes, et cette difficile multiplicité se retrouve dans les questionnements identitaires parsemant l’œuvre d’Ananda Devi. Dès l’âge de quinze ans, elle est récompensée de son talent en gagnant le concours d’écriture ORTF de Radio France Dès l’âge de quinze ans, elle est récompensée de son talent en gagnant le concours d’écriture ORTF de Radio France, ouvrant la voie aux nombreux prix ultérieurs dont elle se verra récompensée. Après avoir vécu quelques temps au Congo-Brazzaville, l’écrivaine polymorphe qui a écrit romans, nouvelles et recueils poétiques s’installe en Suisse, où elle vit depuis. Indian Tango est le premier roman qu’Ananda Devi situe en Inde. Paru en...

Porte sur l’Inde : Ismat Chughtai

Considérée comme l'enfant terrible de la littérature ourdoue, nombre des textes de Ismat Chughtai furent bannis en Asie du Sud, en ce que leurs contenus féministes et réformateurs offensèrent les conservateurs et leurs idéologies. Sa nouvelle la plus illustre, Lihaaf, traduite en anglais sous le titre de The Quilt, la couette (au sens d'édredon), est publiée en 1942 dans le journal littéraire ourdou Adab-i-Latif. Peu de temps après, de nombreuses lettres courroucées sont envoyées à la rédaction du journal, accusant l'histoire de blasphème. Ismat Chughtai et sa nouvelle sont donc convoquées devant la justice de Lahore (actuel Pakistan) en 1946, et doivent répondre aux charges d'obscénité leur étant opposées. Ismat Chughtai choisit de contester le chef d'accusation plutôt que de s'excuser, et elle remporte le procès, dans la mesure où rien dans le texte ne fait de référence explicite à l'homoérotisme ; la nouvelle n'est donc pas obscène... Lihaaf narre l'histoire de la vie de la Begum Jaan, qui, à l'époque féodale, est mariée à un...
Zhu Mingxiang

« Camarades, encore un effort, et la Révolution triomphera ! »

Photographie par Zhu Mingxiang. Les deux premières éditions de La Semaine LGBT chinoise à Paris en 2015 et 2016 ont été un succès. Vous allez donc continuer en 2017 ? Semaine LGBT Chinoise à Paris, du 1er au 26 février 2017 Divers événements et expositions Yu Zhou : Oui. Elle a été le premier et le seul festival en France à évoquer l’homosexualité des Chinois sous l’aspect historique, politique, social et artistique. Cet événement a été co-fondé fin 2014 avec Jean-Jacques Augier, président de Têtu de l’époque. Nous avons eu les soutiens des Mairies du 3e et du 4e de Paris, du Centre LGBT de Paris, de l’Inter-LGBT et de nombreux partenaires et médias dont GENRES. L’enthousiasme du public nous encourage à continuer ce travail. Après deux éditions, est-il difficile de trouver de nouveaux talents et de nouveaux thèmes ? Effectivement. Nous espérons que cette troisième édition rencontra autant de succès avec neuf événements au total : exposition de photos Corps & Âme à la libraire Les Mots à la bouche ; deux...
Philippe Besson 2011

Philippe Besson, forever young

Qui ne voudrait pas l’être ? A priori, rien ni personne ne pouvait résister au charme fatal blond (à la Marilyn Monroe), de cet enfant binoclard, petit et voûté, qu’Hollywood allait bien vite (trop vite ?) ériger en « Petit Prince » du grand écran. Cet orphelin trop vite abandonné par sa mère allait la rejoindre, trop vite sûrement, dans un destin tragique digne d’un long-métrage d’Elia Kazan. « Comme elle est partie, Jim a les nerfs. Jimmy boit du gin dans sa Chrysler. La presqu’île, le boulevard de la mer est con. Comme elle est partie, attention : Jimmy tourne en rond. » Je suis donc devenu compagnon de La Ballade De Jim (A. Souchon), de ses premiers cours de claquettes, jusqu’à son dernier claquage (car vous vous doutez bien de la fin de l’histoire…). Que vous en dire ? Jimmy, éternellement jeune, demeure un mystère. Et je dois relever le talent de l’auteur, qui n’a pas cherché à peindre un portrait trop cru...