médias

Non, Madame Millet, on ne « sort » pas d’un viol comme d’une...

Chère Catherine Millet, comme toute une chacune j’ai lu, non sans consternation doublée d’une immense tristesse, vos multiples déclarations auprès des médias concernant le viol, les hommes, et dernièrement encore votre « compassion » pour les « frotteurs ». Si vos propos n’ont pas été trahis ou tronqués, vous dites : « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle (…). » Et pour enfoncer le clou, si j’ose m’exprimer ainsi, vous ajoutez : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ». Il existe fort peu de chance pour que vous ayez entendu parler de ma petite personne, même si nous avons été réunies par les éditions du Seuil dans la même « bibliothèque rose » pour nos ouvrages respectifs (La Vie sexuelle de Catherine M. pour vous et mon roman Le Fouet). Eh oui ! j’explore les domaines des relations de soumission/domination depuis...

Daho décodé ?

Une bible sur Daho Fruit d'une collaboration étroite de pas moins de dix ans entre les deux garçons, c'est une véritable bible que nous propose Flammarion sur Daho, déjà éditée une première fois en 2008 et enrichie pour cette nouvelle version. Vie professionnelle, vie intime et au delà, portrait d'une époque de plusieurs décennies, le tout étroitement imbriqué dans un parcours exceptionnel qu'on apprécie ici dans le moindre détail. Car l'érudition d'un grand documentaliste, d'un passionné de musique et d'un amoureux de Daho est réunie pour composer cette biographie qui entre dans notre tête comme une mélodie élaborée par les meilleurs musiciens. Si Daho possède ce don singulier de flairer les sons les plus novateurs, il cultive une exigence acharnée, de celle qui abattent les montagnes à une discrétion légendaire. La musique : point barre. On en saura donc pas d'avantage sur l'orientation sexuelle de celui qui prétend qu'il est transparent et que les paroles de ses chansons révèlent tout. Il suffit d'écouter... La bisexualité affirmée On se reportera (entre autres)...

1987 : la une coup de tonnerre du Nouvel Obs

Fin octobre 1987. Le monde se débat et se noie dans l’épidémie de sida. En France, le seuil des 2 000 cas recensés a été atteint à mi-année. La lutte contre le sida a été déclarée « grande cause nationale pour l’année 1987 », et le nouveau plan gouvernemental a décidé la vente libre de seringues en pharmacie et l’abrogation de la loi interdisant la publicité pour les préservatifs. L’AZT est distribuée depuis un an, encore au compte-goutte. Aucune nouvelle rassurante à l’horizon... C’est dans ce contexte noir que Le Nouvel Observateur publie un numéro coup de poing. Le 30 octobre, la une de l’hebdo affiche, en grosses lettres rouges, « Mon sida ». Et un regard, celui de Jean-Paul Aron, écrivain et intellectuel français. Première annonce publique Pour la première fois en France, une personnalité annonce officiellement sa maladie. D’autres sont mortes avant lui, sans dire. D’autres au contraire ont dû fermement démentir des rumeurs insistantes, comme Isabelle Adjani, obligée de venir témoigner sur le...

La mémoire gay peine à se regrouper

Évoquée depuis près de vingt ans, la création d’un centre d’archives LGBT n’a toujours pas abouti. Face à la lenteur de la mairie de Paris, de nombreuses associations ou fonds privés se sont développés. Lire la suite sur Liberation.fr : La mémoire gay peine à se regrouper - Libération

Homophobie dans le sport, une lutte à bras-le-corps

L’homophobie dans le sport perdure et pose un certain nombre de questions liées aux contradictions entre l’esprit sportif, les valeurs qu’il véhicule (tolérance, ouverture d’esprit, accueil des différences), et la réalité quotidienne sur le terrain ou dans les vestiaires du fait du comportement de certains joueurs et supporters. Les sports collectifs (football notamment) apparaissent plus homophobes que les sports individuels, ce qui semble logique du fait de l’effet de groupe mais non acceptable pour autant. Le coming-out d’un joueur, un jeune encore plus, y semble pratiquement impossible. Le langage utilisé au quotidien et même sur les réseaux est empreint d’une homophobie ordinaire « tafiole, pédale, tapette… » évidemment banalisée. En partant du principe que l’homo est celui qui fait perdre parce que supposé féminin. Il inquiète, déstabilise, dérange. L’équipe » fait corps » contre le pédé et même les bi ou les gays anonymes se ligueront contre lui pour ne pas prêter le flanc aux soupçons et risquer d’être exclus du groupe donc de l’équipe. Compter sur la solidarité est pratiquement...

Novembre 1981, première crise à radio Fréquence Gaie

Revenons au début des années 80, et aux débuts de feu la radio homo parisienne... En juillet 1981, l’association Fréquence Gaie est créée, anticipant la libération de la bande FM et l’autorisation des radios libres, promises par le nouveau Président, François Mitterrand. Elle est soutenue par Patrick Oger, qui finance les installations et la location d’un petit appartement rue de Belleville. La diffusion commence dès le 10 septembre, et c’est un vrai succès. Très vite, plus de 100 personnes participent à l’animation de la station, qui au bout de 6 mois sera écoutée par 40.000 auditeurs chaque semaine et rentrera dans le peloton de tête des radios libres les plus écoutées en Ile-de-France… Mais en interne, la situation se tend très rapidement. De plus en plus de collaborateurs reprochent à leur nouveau président son culte du secret : il s’obstine à garder l’anonymat (officiellement, on ne doit parler que de « Patrick O. » dans les médias), ce qui est vécu comme une trahison ; sa...

Le web est-il mon chéri ?

Apple croit que chacun mérite une chance de s’épanouir dans un environnement exempt de stigmatisation et discrimination. Nous soutenons les efforts faits en faveur d’une meilleure acceptation, et non l’inverse. Cette déclaration de la firme à la pomme était l’une des premières à dénoncer la décision de l’administration américaine de revenir en arrière sur les droits des personnes transgenres. Le monde du web et ses prestations sont-ils gay-friendly ? Nés en Californie, initiés par des jeunes gens issus de milieux et d’origines géographiques et culturels extrêmement diversifiés, ayant appris et prenant plaisir à travailler en collaboration, l’univers et l’industrie du numérique semblent beaucoup plus tolérants et ouverts à l’acceptation des différences. Donc la réponse est sans nul doute affirmative. Lire à ce sujet "La Silicon Valley s’oppose de nouveau à l’administration Trump dans « la bataille des toilettes" (Source : Le Monde) http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/02/24/la-silicon-valley-s-oppose-de-nouveau-a-l-administration-trump-dans-la-bataille-des-toilettes_5084982_4408996.html "Les entreprises du Web s’affichent en faveur des LGBT et veulent le faire savoir" (Source : Le Monde) http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/03/11/les-entreprises-du-web-s-affichent-en-faveur-des-lgbt-et-veulent-le-faire-savoir_5092891_4408996.html Faire avancer une cause, défricher des terrains vierges cela reste dans les gênes de...
Hommes qui s'enlacent

Les chemins égarés : à la découverte des lieux de drague extérieurs…

Très difficiles d'accès, ils sont le plus souvent réservés à des initiés et on y parvient après une longue recherche, en actionnant notre "gaydar" ! Le plus souvent à l'écart, cachés, isolés... leur situation s'explique par la crainte des descentes de police et des "casseurs de pédés". L’exposition photographique est à découvrir jusqu’au 18 février 2017. Galerie VU Hôtel Paul Delaroche, 58 rue Saint-Lazare 75009 Paris – Tel.: 01 53 01 85 85 Au départ situés au cœur des villes, (le jardin des Tuileries, Jaurès, les allées du Trocadéro...), les lieux de drague extérieurs se sont peu à peu déplacés vers la périphérie, en même temps que se développaient dans les années 80 des lieux de sociabilité gay : bars, boîtes, sex-clubs, saunas... A noter également que leur fréquentation "sociologique" a beaucoup évolué : aujourd'hui, s'y retrouve une population d'hommes qui ne se définissent pas comme homosexuels mais recherchent l'anonymat et une expérience sexuelle rapide. Ces spots réservés aux habitués sortent aujourd'hui de la clandestinité et font l'objet d'une exposition singulière. Les Chemins égarés est...
Nationalk geographic couverture USA

Trans : quand la version française du National Geographic n’a pas de couilles

Quand le National Geographic a décidé, avec une certaine audace et un parti-pris revendiqué par la rédactrice en chef, d'enquêter sur la révolution du genre et d'en faire la thème central de son numéro de janvier, le monde associatif LGBTQI américain a applaudi. Des témoignages, une approche à travers de multiples filtres, des articles audacieux comme celui sur Ashley Jackson, en couverture, cette jeune fille de 9 ans qui a initié sa transition à l'âge de 5 ans avec la bienveillance de ses parents (le père d'Ashley a par ailleurs été interviewé par le New York Times). La rédaction a aussi résisté aux multiples menaces de boycott de la droite chrétienne voire aux menaces de mort. Et puis patatras. Il semble que la transition ne s'est pas bien faite entre les deux rives de l'Atlantique, avec une version française à l'approche sensiblement différente. Il y a bien, certes, la version alternative de cette couverture réservée aux abonnés, un in-between, un ventre mou comme on dit, une version plus "consensuelle", avec des gentils...