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Avant internet, la drague sur le 3615

Au milieu des années 80, la France découvre peu à peu les joies de la télématique. Alors que ni Internet ni les mails n’existent encore, les PTT proposent aux foyers français une petite boîte cubique qui leur permet de se connecter à un réseau public, le Minitel. Le 16 janvier 1986, les gais à leur tout ont leur propre service, et vont pouvoir se lancer à corps perdu dans des discussions nocturnes interminables. Le journal Gai Pied Hebdo lance son tout nouveau réseau télématique ; le 3615 GPH est lancé. Le journal n’en est pas à sa première tentative. En décembre 84, il avait déjà lancé le 614.91.66 CLIPP et son service GRAFFITI, qui proposait déjà peu ou prou le même contenu. Mais ce premier service minitel était entre les mains d’une association qui touchait tous les bénéfices et n’en reversait qu’une petite part à Gai Pied. Au bout de quelques mois, Gérard Vappereau, directeur du journal, a donc dénoncé ce contrat initial (non sans...

Arthur Dreyfuss : l’enfant qui est en chacun de nous

Il écrit avec des images dans la tête On vous connaît d’abord comme écrivain... C’est vrai, mais j’ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m’ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m’ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d’Agota Kristof qu’à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu’à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin. Comment est né votre travail photographique ? L’idée de la trace m’obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j’ai beaucoup photographié et filmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m’est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s’inventer une liberté. À vingt ans, un ami m’a offert un vieil argentique, que j’ai emporté partout. J’ai entrepris de cerner mes obsessions – tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme...

Emmanuel Pierrat, héraut du poil : l’interview

Emmanuel Pierrat et Jean Feixas n’en sont pas à leur coup d’essai question toison et autres « cressons » humains, puisqu’ils ont publié ensemble en 2015 un ouvrage remarqué sur les Barbes et Moustaches (Hoëbeke). Avec Les Petits Cheveux – Histoire non convenue de la pilosité féminine, qui paraît cet automne aux éditions de La Musardine, nos deux passionnés d’arts singuliers et d’esthétismes rebiquants (si l’on m’autorise ce néologisme) s’intéressent au cheminement ébouriffant du poil féminin au travers des siècles et de situations souvent ignorées ou oubliées. Une passionnante traversée pour les curieux de tous poils ! Détails historiques échevelants, ballades et balades en bouclettes pubiennes dont l’abondance peut constituer une authentique « végétation capillaire » (jusqu’à 1,80 mètre de long pour une Lithuanienne contrainte « d’enrouler » ses poils pubiens « autour de sa cuisse » pour « les empêcher de traîner par terre »), anecdotes contemporaines désop(o)ilantes : tout dans cet ouvrage ravit le lecteur curieux – et un brin concupiscent comme il se doi(g)t...

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la drague en extérieur !

Réservés aux hommes qui veulent des relations sexuelles avec des hommes, les lieux de drague extérieure ont connu leur heure de gloire avant les années 1980 et la naissance des quartiers gays avec leur lot de bars et lieux de sociabilité en tout genre. Situés le plus souvent en périphérie des villes, on les trouve parfois en plein cœur de la cité dans des lieux atypiques, souvent abandonnés... La revue Urbanité qui s'intéresse à la sociologie et à la sociabilisation urbaine consacre un article très intéressant, ultra documenté et exhaustif, sur les lieux de rencontres homosexuelles. A lire dans la revue Urbanité

Il sublime le corps des garçons et murmure à leur esprit

Hugues : Comment es-tu venu à la photo ? Jean-Baptiste : J'ai eu mon premier appareil reflex à 15 ans et j'ai commencé surtout à prendre la famille, les amis. Puis, j'ai fait des études de cinéma car je voulais devenir directeur de la photo ou monteur. Finalement j'ai opté pour le montage car j'avais une opportunité dans le milieu de la télévision. Mais j'ai continué à prendre en photo des gens que j'aimais autour de moi et ce jusqu'à maintenant. C'était devenu une passion, un hobby. J'ai toujours été en admiration pour des photographes tels que Man Ray, Mapplethorpe, et beaucoup plus tard, Helmut Newton, Peter Lindberg, Bruce Weber, Herb Ritts, Pierre et Gilles et Paul Freeman qui ont toujours su capter des émotions particulières et des corps dans toute leur splendeur, toujours parsemées d'érotisme. Je suis aussi très fan de la peinture de la Renaissance. Je pense que l'ambiance de mes photos reflète donc tout cela. Quel rapport entretiens tu avec tes modèles ? Comment les recrutes-tu  ? J'ai besoin...

Gaspard Noël, photographe habité dans le plus simple appareil

Hugues Demeusy : Comment es tu venu à la photo ? Gaspard Noël : Mon père, féru de voyages et de photographie, nous y a initiés très jeunes, mon frère et moi. Je devais avoir une dizaine d'années lorsque j'ai eu droit à mon premier petit boitier et je n'ai depuis jamais cessé de photographier. Quel sens donnes-tu à ton travail photographique ? J'envisage ma pratique de la photographie, que j'appelle "Autoportraits métaphysiques", comme une pratique de vie, et j'essaye d'y insuffler tout ce que peuvent m'inspirer à la fois mon quotidien, l'actualité, mes expériences personnelles, et les univers littéraires et visuels que je croise. Je crois que la meilleure façon d'aborder mon univers, très touffu, est de le considérer comme une recherche philosophique. Par conséquent, on y retrouve principalement des interrogations sur la raison d'être de l'homme sur Terre, sur ce que pourrait être une existence juste, à la fois sage, pacifique et non-ennuyeuse. Dans cette recherche, je donne effectivement beaucoup d'importance au plaisir infini que peut...