Paris

Gaston Goor, galerie Au Bonheur du Jour

La galerie « Au Bonheur du Jour », présentera durant deux mois une sélection d’une cinquantaine de peintures et dessins de Gaston Goor (1902-1977). Quelque part entre jardin d’Éden et mont Olympe, au milieu de temples perdus ou cachés dans la végétation de paysages méditerranéens, comme irréels, d’une époque pas tellement définie, les personnages des œuvres de Gaston Goor semblent échapper au monde qui les entoure. Figures allégoriques, éphèbes et demi-dieux aux poses et manières empruntées aux grands peintres de la Renaissance italienne, mais aussi nimbés de cet « érotisme presque naïf » pour reprendre l’expression de la galeriste Nicole Canet, qui nous précise aussi la flagrante influence du peintre britannique Henry Scott Tuke sur le travail de Goor. Relativement peu connu du grand public, Gaston Goor, multiplia pourtant les collaborations avec le monde de l’édition et les écrivains, en illustrant des textes de Diderot, de Montherlant, collaborant aussi avec André Gide pour plusieurs ouvrages, réalisant également les lithographies accompagnant les romans de Renaud Icard ou Roger Peyrefitte,...

Paris Algérie

Les mots de Nina Bouraoui "Tous les hommes désirent naturellement savoir est l’histoire des nuits de ma jeunesse, de ses errances, de ses alliances et de ses déchirements. C’est l’histoire de mon désir qui est devenu une identité et un combat. J’avais dix-huit ans. J’étais une flèche lancée vers sa cible, que nul ne pouvait faire dévier de sa trajectoire. J’avais la fièvre. Quatre fois par semaine, je me rendais au Kat, un club réservé aux femmes, rue du Vieux-Colombier. Deux cœurs battaient alors, le mien et celui des années quatre-vingt. Je cherchais l’amour. J’y ai appris la violence et la soumission. Cette violence me reliait au pays de mon enfance et de mon adolescence, l’Algérie, ainsi qu’à sa poésie, à sa nature, sauvage, vierge, brutale." Nina Bouraoui présente en ces termes son dernier roman autobiographique. Entre l'Algérie et Paris, l'enfant devient femme et lesbienne Une écriture qui tranche dans le vif, grave, brute, sans enjolivures… Nina Bouraoui fait s'entrechoquer ses souvenirs de l'enfance Algérienne et les errances nocturnes parisiennes avec une bande...

Une Américaine dans la tourmente

L’histoire de Janet Flanner est indissociable de celle du New Yorker, dont elle fut la correspondante à Paris pendant un demi-siècle. Michelle Fitoussi nous emmène sur les traces de cette américaine incroyable, toujours surprenante, jamais fade ! Une jeune américaine découvre Paris Janet Flanner est féministe, pacifiste, lesbienne… mais avant cela, elle fut une américaine d'Indianapolis, élevée dans une famille quaker pas si classique que ca, puisque sa mère voulait que Janet soit comédienne (puisque bien sur elle-même n'y était pas parvenu). Adolescente, Janet part avec sa famille pour un voyage en Europe. Et c'est le choc. Elle y vivra de préférence à Paris ville des lumières. Mais avant cela elle se marie.  Le couple s'installe à New-York et infiltre le milieu de la bohème intellectuelle, où Janet rencontre une journaliste, brillante, dont elle tombe peu à peu amoureuse... Elle, elle veut écrire ! Ensuite c'est Paris, le New-Yorker dont elle devient la correspondante, (il faut bien vivre) en tant que chroniqueuse fantasque de la vie parisienne... Très...

En septembre 1981 naissait la répressive brigade des parcs et jardins

En septembre 1981, notre belle capitale se dote d’un nouvel instrument de lutte en faveur de la tranquillité de ses honnêtes citoyens, la bientôt fameuse Brigade des Parcs et Jardins. Tout est parti d’une interview dans le JDD (dirigé alors par Etienne Mougeotte) : un Parisien y explique qu’il n’est plus possible de se promener tranquillement la nuit dans le bois de Boulogne sans être agressé par des prostitués et des homosexuels sans pudeur !  Afin de ne pas laisser s’installer un tel sentiment d’insécurité, la Mairie de Paris met alors en place dès la rentrée une surveillance systématique des endroits susceptibles d’être fréquentés par cette faune. On crée même des patrouilles à cheval dans les bois, afin de mieux guetter l’intérieur des taillis et des fourrés. Très vite, 80 agents sont embauchés, dans le but de « protéger la tranquillité des parcs de Paris, en particulier des personnes âgées et des enfants ». Non assermentés, ils ne sont pas habilités à verbaliser, ni même à demander la présentation de...

Le roman choral de Félicie Dubois

Que sont nos campagnes devenues - est-il possible à deux femmes en couple, issues de la grande ville, de s’y transplanter ? La greffe entre « rurbains » (avides de qualité de vie) et locaux (dont « le passé survit encore au présent ») a-t-elle pris, à l’ère de la mondialisation et de l’addiction à Internet ? Bienvenue à Sainte-Barbe, « entre mer, marais et bocages », où se déroulent Les Joies simples que Félicie Dubois nous invite à partager. Un quotidien campagnard, parfois extrait ou tombé d’une autre réalité (planète ?), qui vient ici nous rappeler avec quelle brutalité la logique des puissants s’exerce sur les jugés  « rétrogrades ». C’est le roman « incarné et souriant » de la ruralité intime que Félicie nous offre, avec toute la pudeur à la fois tendre et distanciée, mais jamais angélique, du style inimitable qui est le sien, ciselé au quart de millimètre de mot près, visant juste à tous coups. « Au début du troisième millénaire après Jésus-Christ, le monde a considérablement rétréci » C’est le constat que dresse la narratrice. Densité humaine,...

L’amour et la liberté en héritage

Brisa et Pierre, un couple de légende Elle s’appelait Brisa, lui Pierre. Ils étaient les grands-parents de Bénédicte Martin, journaliste et romancière . Aujourd’hui, Bénédicte vit avec son fils dans leur appartement, à Paris, face à la prison de la Santé. Elle s’interroge souvent sur cet héritage "génétique" : qui étaient cet homme et cette femme, que lui ont-ils laissé, quelle femme est-elle devenue grâce ou à cause d’eux, quelle est sa dette  ? Le Paris Interlope du siècle dernier Ce roman raconte leur histoire, leur amour, fait de passion, d’une grande liberté, de non-dits aussi et de secrets. Car entre Brisa et Pierre, il y avait une femme, une héroïne singulière, une pétroleuse : Eléonore, rebaptisée dans le milieu Madame Yvonne. Fille d’un riche  armateur de Toulon et d’une blanchisseuse, elle aimait les femmes, vint à Paris, vécut des années au Lutetia à Paris, puis dans un hôtel du XVIIIe arrondissement qui était surtout un bordel. Elle avait les cheveux courts, sortait chaque soir au Monocle...

Peintre et modèle : une psychanalyse picturale par Jean-Philippe Blondel

Dans la mise à nu, son dernier roman, Jean-Philippe Blondel dont on avait adoré Une saison à Paris, raconte les retrouvailles entre un professeur d'anglais en fin de carrière et un des ses élèves devenu peintre. Jean-Philippe Blondel explore dans ses livres les relations intimes qui se créent entre des personnages ayant des parcours très éloignés, et qui bouleversent leur vie. Et même s'il s'en défend dans l'interview qui suit, il crée des caractères d'homosexuels qui ont un rôle important voire crucial dans la suite de l'intrigue. Rencontre avec un auteur secret peu bavard mais dont les romans sont des joyaux... Hugues Demeusy : Dans la mise à nu, un vieux professeur d'anglais retrouve un de ses anciens élèves devenu peintre à succès. Ils vont vivre une expérience extraordinaire ? Jean-Philippe Blondel : Oui, ils vont entreprendre une expérience peu commune - le professeur va devenir le modèle de son ancien élève et poser pour lui. Ce tête à tête va les obliger à se regarder, à se considérer,...

Une saison en enfer

Intégrer une Grande Ecole Roman d'initiation magnifique et néanmoins récit autobiographique bouleversant, Un hiver à Paris dénonce le système scolaire spécifique des Grandes Ecoles, dont la pression et l'ambition sont les règles cruelles. Pas de pitié pour les faibles (et les différences !). Jeune provincial, le narrateur débarque à Paris pour intégrer une classe préparatoire à une grande école. Il découvre ce véritable microcosme et ses lois ; il comprend très vite qu'il n'est pas à sa place. Issu d'un milieu modeste, il est sensible, introverti, solitaire et il se cherche... Tout ce qu'il faut ne pas être pour se faire une place ici ! Le suicide d'un camarade... Le suicide inopiné d'un des camarades dont il a partagé quelques moments va le plonger dans une profonde remise en cause. Considéré ( à tort) comme le meilleur ami (et le confident) « du suicidé », il devient la cible de tous les fantasmes et de tous les intérêts, alors qu'il était invisible jusqu'alors. Sa vie est soudain dominée par l'empreinte du  jeune...

Quartiers gays, espaces de liberté ou « gayttos » ?

Nous aimons tous et toutes nous retrouver avec nos pairs dans des lieux conviviaux et rassurants où nous pouvons ressentir que nous ne sommes pas seuls sur terre et partager des moments de complicité et d’amitié. Pour les personnes en cours d’acceptation et de recherche personnelle ils sont aussi essentiels afin de sortir de leur milieu d’origine souvent peu tolérant. Or ces endroits ne sont-ils pas aussi des lieux d’entre soi, d’exclusion, de repli, fermés à ceux qui ne partagent pas forcément les mêmes goûts, les mêmes orientations ? Les quartiers gays évoluent et de manières différentes. Ils peuvent s’embourgeoiser, devenir trop commerciaux et trop touristiques. Ils peuvent devenir aussi exclusivement gays et trop peu ouverts aux autres cultures. Comment et pourquoi naissent les quartiers gays ? Toutes les raisons, convivialité, sociabilité, opportunités économiques sont parfaitement analysées par le sociologue Colin Giraud dans l’entretien à lire ci-dessous. Source : Les Inrocks https://www.lesinrocks.com/2014/10/12/actualite/marais-devenu-sorte-disneyland-gay-11527955/ S’approprier un espace géographique déterminé pour être soi Mais plutôt que des bars gays dans un quartier, pourquoi ne pas rêver à un...