Petits Contes Lesbiens

Petits Contes Lesbiens – 3

Martine Roffinella continue de nous présenter sa série des Petits Contes Lesbiens. Tel un patineur immobile sur le lac dur et souple de mon corps, tu t’es posée, ton sexe aux aguets, cherchant peut-être la direction où s’élancer, laissant entrevoir sa fierté de héros ; se tenant prêt aux glissades et au tournis de l’envol. Je me sentais immense et minuscule, petite île logée en plein cœur de l’Univers et en même temps l’Univers lui-même, qui allait t’englober tout en redevenant petite île. Je me sentais illimitée et restreinte, belle et hideuse, jeune et centenaire, femme et homme ; on eût dit que je me métamorphosais avec toi sur moi, qui commençais à glisser doucement sur mon pubis, ta chaleur inondant la mienne pour ne former qu’une seule atmosphère incandescente. Soudain je m’y enflammai. Mon lac devint eaux tropicales où la végétation luxuriante se mit à s’enrouler autour de tes hanches, tes jambes en mouvement, tes cuisses fermes. Mon ventre devint un port, ou peut-être...

Petits Contes Lesbiens – 2

Je me suis avancée entre tes cuisses, d’abord un peu timide, puis aventurière de tes désirs. Une sorte d’arche s’est ouverte à la naissance de ton ventre, je me suis approchée car elle semblait solide. Mais chaque fois que je m’approchais l’arche disparaissait, s’évanouissant au-dessus de l’oreiller où la houle de tes cheveux ondulait. Mes lèvres se sont alors promenées sur ton mont de Vénus, si chaud qu’il me sembla gorgé de soleil nocturne, comme si l’astre avait éteint la lumière mais gardé toute son incandescence. L’arche réapparut ; je vis des couleurs s’y dessiner, cependant je ne pus mettre un nom sur ces teintes-là, car je sentais bien qu’elles n’existaient pas en réalité, et que c’était ton plaisir qui les créait au fur et à mesure de ses vagues. Ton clitoris m’apparut tel le centre d’un coeur - la petite zone ultra-sensible où tout se résume, tout se joue dans un si minuscule espace pourtant - tout se construit et se déconstruit au rythme de pulsations...

Petits Contes Lesbiens – 1

Ton sein dans ma bouche je vole. Le bout est ma capsule tendre et dure à la fois, un logis malléable où ma langue se faufile, roule et ondule. Ton sein dans ma bouche je vole. Je l’absorbe et me le prends entier comme moisson délicieuse du désir de ton corps en attente. Je suis la saison qui fait mûrir ton sein, et voilà je le cueille, je le mords, le croque et m’en délecte, sa chair gorgée de soleil me régénère, je m’en emplis jusqu’à l’ivresse. Je vole. Mes bras t’enserrent, ma bouche mange ton sein et je vole. J’ai percé la voûte du ciel et là tu as gémi, tu as senti que je franchissais la sphère humaine, tu t’es accouplée à mon décollage, voilà nous sommes deux dans la capsule de ton sein, nous sommes soudées et presque réduites à un corps. Mais non, ton sein s’arrondit, se durcit entre mes lèvres, il me pénètre et me remplit, je sais que tu...