politique

Novembre 1989, les homos et la chute du Mur

1989. L’Europe telle qu’on la connaît depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale vit ses dernières heures. Une Europe séparée en deux, observée de près par deux grandes puissances qui semblent encore se partager le monde. Depuis 1945, l’Allemagne est divisée en deux pays ennemis. Et deux Berlin vivent depuis l’été 1961 séparés par un mur, LE mur, symbole de la Guerre Froide et du système né de l’après-guerre. Personne n’y aurait cru quelques mois plus tôt, mais ce système est en train de vivre ses dernières heures. Le jeudi 9 novembre 1989, le monde assiste ébahi à la chute du Mur. Un événement considérable pour tous les allemands bien sûr. Mais comment l’ont vécu les homos des deux côtés de la frontière ? Dès les premières heures, et durant tout le week-end qui suit, les berlinois vont à la rencontre de leurs futurs compatriotes et deux mondes totalement différents l’un de l’autre font connaissance. Les allemands de l’est, surtout, profitent d’un taux de...

1981 : la grande marche des homos, ancêtre de la gay pride

Avant même l’élection de François Mitterrand à l’Elysée, l’année 1981 est marquée par le premier défilé d’envergure, l’ancêtre des Gay Prides qui seront organisées par la suite. Le samedi 4 avril se tient à Paris la « Marche Nationale pour les Droits des Homosexuels et des Lesbiennes ». Cet événement est organisé par le CUARH, né en juillet 79, durant la première Université d’Eté Homosexuelle de Marseille. Alors que la gauche a enfin la possibilité d’arriver au pouvoir, la coordination a décidé de s’affirmer comme une force avec laquelle les politiques devront désormais compter. Une candidature homosexuelle a d’abord été envisagée, mais il se serait agi d’une simple opération médiatique, qui n’aurait pas obtenu les 500 parrainages requis. Le CUARH a donc finalement opté pour une démonstration publique, en appui à une lettre ouverte à tous les candidats et candidates. Les revendications sont claires : l’abrogation de l’article 331 aliéna 3 du Code Pénal ; l’extension à l’orientation sexuelle des lois contre le racisme ; la dissolution du groupe de...

Jean Claude Bologne : vivre en couple, toute une histoire !

Au printemps 2013, la loi dite « Taubira » consacre le « mariage pour tous ». Une définition est intégrée au Code civil, dans un nouvel article 143 : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe". Est-ce à dire que cette union officielle symbolise à elle seule l’idée du couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel ? C’est à cette passionnante question que Jean Claude Bologne, philologue formé à l’université de Liège, historien et romancier, s’est attelé, dans une très complète et impressionnante Histoire du couple, de l’Antiquité à nos jours. La polygamie : prédisposition « testiculaire » ? L’ouvrage se lit comme un roman, et pourtant il nous enseigne formidablement – voire fait ou refait notre éducation en matière de ce que nous pensons bien connaître pour l’avoir (presque) toutes et tous vécu : le couple ! N’allons pas imaginer que vivre à deux se résume à une bague passée au doigt pour le meilleur et pour le...

Le choc, Gai-pied censuré !

Mercredi 18 mars 1987, 16 heures. Gérard Vappereau, directeur de publication du magazine, reçoit une lettre recommandée à en-tête du ministère de l’Intérieur. Elle est signée Dominique Latournerie, directeur des Libertés publiques auprès de Charles Pasqua, qui dirige la place Beauvau depuis un an, depuis que la France s’est choisi une majorité de droite et un gouvernement de cohabitation, le tout premier du genre. Le courrier invoque l’article 14 de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, qui permet aux autorités d’interdire l’affichage, la vente et la publicité de « publications de toute nature présentant un danger pour la jeunesse en raison de leur caractère licencieux ou pornographique. » Gai Pied est dans la ligne de mire et dispose de 15 jours pour présenter ses observations. Au-delà, le magazine serait retiré des ventes en kiosques… Le choc est rude et inattendu. Mais le journal va immédiatement réagir et prévenir ses réseaux pour dénoncer cette tentative de censure et de...

2017 : mes 5 livres « MAJUSCULE »

2017 se carapate... Tout le long de cette année politiquement surprenante et épuisante, dont les rebondissements auraient pu être imaginés par un scénariste légèrement torturé, ces livres ont illuminées les journées souvent sombres d'un Parisien casanier. Ils continueront à briller comme des étoiles dans mon ciel ! Les voici dans le désordre : Dakota Song par Ariane Bois chez Belfond http://genres.centrelgbtparis.org/2017/06/08/immeuble-dakota-new-york-1970/ Parlez-moi encore de lui de Lisa Vignol, chez Stock http://genres.centrelgbtparis.org/2017/06/03/portrait-clair-obscur-dune-etoile-filante/ La vie serait simple à Manneville de Pierre Cochez L'Escale http://genres.centrelgbtparis.org/2017/05/02/de-manneville-monde-parcours-extraordinaire/ Place des Vosges de Michel Braudeau au Seuil http://genres.centrelgbtparis.org/2017/03/30/marais-1970/ Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse chez Grasset http://genres.centrelgbtparis.org/2017/02/13/peggy-roche-femme-amoureuse-de-sagan/ Bien sûr, je vous les recommande chaudement et surtout,  je vous souhaite de nombreuses découvertes littéraires en 2018 !

Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...

Jouons avec Fillon !

Nawak nous fait la gentillesse d'accepter de publier régulièrement ses dessins dans Genres. Incisif et drôle, il met le doigt sur la bêtise de certain-e-s pour démonter leur méchanceté et leurs contradictions. Il tient un blog où il croque l'actualité, LGBT et autre, et il publie également sur Yagg et sur l'Obs.

« Rubyfruit Jungle », du rire aux larmes

Rita Mae Brown est une autrice lesbienne, une féministe et une militante des droits des personnes LGBT. Dans les années soixante, elle se tourne vers la politique et participe notamment aux émeutes de Stonewall. Elle travaille pour l’Organisation Nationale des Femmes (N.O.W.) qu’elle quitte en 1970 en protestation contre la volonté affichée de la présidente de se distancier des organisations lesbiennes. Elle s’engage alors dans la lutte contre l’exclusion des lesbiennes dans le mouvement féministe. Pour l’anecdote, Rita Mae Brown fut la compagne de Martina Navratilova et celle de Fanny Flagg, l’autrice de Beignets de Tomates Vertes. En 1973, elle publie Rubyfruit Jungle, un roman partiellement autobiographique. Rubyfruit Jungle est un livre à la fois émouvant et plein d’humour. On y passe du rire aux larmes en quelques pages Rubyfruit Jungle retrace l’histoire de Molly Bolt, la fille adoptive d’un couple vivant dans la misère, dans le sud des Etats-Unis. En dépit d’un départ dans la vie qui semble ne lui laisser aucune chance, Molly utilise...
Village de pêcheurs Malte

Pourquoi il fait bon vivre à Malte (sans mariage pour tous)

Les critères retenus par l'ILGA, une association de promotion des droits des LGBT dont la branche européenne est financée par l'UE (NDLR : et dont le Centre LGBT Paris IDF est membre), concernent la famille, l'égalité et la non-discrimination, le traitement de l'incitation à la haine et la violence, la reconnaissance de genre, la liberté d'association et l'asile. Le plus incroyable dans l'histoire c'est que Malte a réussi à se hisser à la première place du classement de l'ILGA des pays "LGBT-friendly" sans avoir même légalisé le mariage pour tous. Et à Malte, 40% de la population se rend encore régulièrement à la messe selon l'article sur le sujet du Huffington Post, contre 15% en France. A bas donc les clichés peuple religieux = conservatisme sociétal et moral. Le média en ligne nous explique que la cause derrière cette politique LGBT-friendly est à aller chercher du côté de la nécessité pour la gauche de se différencier de la droite sur des sujets autres qu'économiques, plutôt consensuels dans le pays....