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Le prix du Roman Gay 2018 est attribué à……

Alors que la rentrée littéraire bat son plein, le 12 octobre, vous saurez qui est le lauréat du prix du Roman Gay 2018. Il sera remis au Centre LGBT Paris, à partir de 18 heures. Pourquoi cette idée d'un prix "communautaire", quelles sont ses ambitions ? C'est ce que Genres a voulu savoir en rencontrant Gérard Coyet, son organisateur  Hugues Demeusy : Pourquoi avoir créé ce prix littéraire ? Gérard Goyet : Le Prix du Roman Gay a été créé en 2013 à l’initiative des Éditions du Frigo, nées deux ans auparavant pour respecter les derniers souhaits de deux amis disparus.  Leur rêve était d’être édités, ce à quoi ils ne sont pas parvenus. Ensuite, pour diversifier et élargir nos activités, et pour combler un vide, nous avons créé le « Prix Du Roman Gay ». Militant à ma façon depuis très très longtemps dans les combats LGBT, parce que l’homophobie est malheureusement toujours d’actualité et la visibilité un des moyens pour lutter contre, faire vivre ce...

Érik Poulet-Reney aborde la transsexualité grand-parentale

« TRANSparente » est un ouvrage pour la jeunesse mais que beaucoup d’adultes feraient bien de lire ! Secrets de famille, non-dits : la « différence » tisse sourdement ses silences intergénérationnels synonymes de rejet. Éveilleur d’émotions tues, Érik Poulet-Reney prête voix (et voie) à un « cœur de femme dans un corps d’homme ». Miss DayLire, geek du livre et de la vidéo Lina-Jane a dix-sept ans. Elle est depuis peu une booktubeuse, fière de ses « déjà » deux cents abonnés et qui espère un jour « fidéliser deux cent soixante mille addicts », à l’image de la « fameuse chaîne de cette comique américaine déjantée ». Avec son look travaillé et partiellement emprunté à « la papesse Nothomb » (« chapeau XL », « mitaines de dentelle noire », « longues nattes brunes », « rouge à lèvres vermillon »), Lina-Jane – « Lina DayLire » pour YouTube –, dont la mère enseigne le yoga, est une dévoreuse de livres. Une jeune fille d’aujourd’hui,...

Les Vestiges d’Alice, entretien avec Marc Kiska

Le photographe, mais aussi sculpteur et désormais auteur, Marc Kiska livre un récit des plus percutant, tant sur la forme que sur le fond. Il y a en effet dans ce roman, une volonté de manier et d’user de différents niveaux de langages, comme pour mieux faire tourbillonner son lecteur. Puis, il y a aussi, et surtout, cette galerie de personnages aux pulsions et passions souvent incontrôlables, et qui donne à ce texte tout son relief. Et pour aller un peu plus loin, nous avons pu nous entretenir, avec l’auteur. - Vous êtes photographe, et ce qui de prime abord semble singulariser votre travail, c’est, il me semble, cette trame hyper narrative, ainsi ce glissement de l’image aux mots apparaît quasiment évident. Avez-vous éprouvez, lors de l’écriture de votre roman, un processus similaire à celui de la fabrication d’une photographie ? Marc Kiska : Je me suis mis à photographier il y a une quinzaine d’années pour illustrer mes nouvelles. Ces textes étaient déjà très visuels...

Pierre Guerot & I, entretien avec Frédéric L’Helgoualch et Pierre Guerot

Ni tout à fait narratif ou exclusivement descriptif, il y a quelque chose de semblable au manifeste, à la déclaration, comme la volonté de témoigner de son attachement, son abandon, décrire le règne sans partage, d’un être, d’un corps, au moins autant aimé, que désiré, adulé. Un récit, comme la trace d’une passion, comme pour graver dans le marbre, ce que l’on ne dit pas (il est à ce sens presque paradoxal, que ce livre ne soit disponible qu’au format numérique…) Où chaque geste, chaque instant du quotidien se vit avec la plus absolue des intensités, presque comme une chance d’être avec lui… L’objet de ces émois, et c’est là que cet objet littéraire se singularise, c’est le photographe, modèle et acteur Pierre Guerot, dont les autoportraits, comme autant de micro-fictions, prennent le relais des mots, mais sont aussi le moteur des divagations de l’auteur Frédéric L’Helgoualch… - On a autant l’impression à la lecture de ce texte, d’un dialogue, que d’une interaction évidente entre...

Le roman choral de Félicie Dubois

Que sont nos campagnes devenues - est-il possible à deux femmes en couple, issues de la grande ville, de s’y transplanter ? La greffe entre « rurbains » (avides de qualité de vie) et locaux (dont « le passé survit encore au présent ») a-t-elle pris, à l’ère de la mondialisation et de l’addiction à Internet ? Bienvenue à Sainte-Barbe, « entre mer, marais et bocages », où se déroulent Les Joies simples que Félicie Dubois nous invite à partager. Un quotidien campagnard, parfois extrait ou tombé d’une autre réalité (planète ?), qui vient ici nous rappeler avec quelle brutalité la logique des puissants s’exerce sur les jugés  « rétrogrades ». C’est le roman « incarné et souriant » de la ruralité intime que Félicie nous offre, avec toute la pudeur à la fois tendre et distanciée, mais jamais angélique, du style inimitable qui est le sien, ciselé au quart de millimètre de mot près, visant juste à tous coups. « Au début du troisième millénaire après Jésus-Christ, le monde a considérablement rétréci » C’est le constat que dresse la narratrice. Densité humaine,...

Les vacances du petit Renard, interview d’Arthur Cahn

C’est un ouvrage singulier, même s’il est difficile de mettre précisément le doigt sur ce qui le place à part, qu’a publié en ce début d’année, le réalisateur, acteur et donc désormais auteur, Arthur Cahn. C’est un court texte, comme un concentré, cette histoire, celle qui prétexte un récit de vacances, mais qui est aussi celle d’une rencontre, celle d’un amour contrarié, d’une machination, de regrets, d’énergie et d’oisiveté, de sexe et de retenue, du passage d'un âge à un autre… Quelques impressions de lecture,  croisées aux remarques et réflexions de l'auteur, qui a bien voulu prendre le temps de répondre à ces questions, qu'il en soit ici remercié. - « Les vacances du petit Renard », et d’abord ce titre, qui sonne comme une fable, comme le titre d’un récit pour enfants, et qui cache, un texte, bien évidemment, assez éloigné de ces évocations d’âges tendres, puisque d’innocence ou de naïveté, il n’en est plus question. Le personnage principal, même s’il se trouve lui à la...

Peintre et modèle : une psychanalyse picturale par Jean-Philippe Blondel

Dans la mise à nu, son dernier roman, Jean-Philippe Blondel dont on avait adoré Une saison à Paris, raconte les retrouvailles entre un professeur d'anglais en fin de carrière et un des ses élèves devenu peintre. Jean-Philippe Blondel explore dans ses livres les relations intimes qui se créent entre des personnages ayant des parcours très éloignés, et qui bouleversent leur vie. Et même s'il s'en défend dans l'interview qui suit, il crée des caractères d'homosexuels qui ont un rôle important voire crucial dans la suite de l'intrigue. Rencontre avec un auteur secret peu bavard mais dont les romans sont des joyaux... Hugues Demeusy : Dans la mise à nu, un vieux professeur d'anglais retrouve un de ses anciens élèves devenu peintre à succès. Ils vont vivre une expérience extraordinaire ? Jean-Philippe Blondel : Oui, ils vont entreprendre une expérience peu commune - le professeur va devenir le modèle de son ancien élève et poser pour lui. Ce tête à tête va les obliger à se regarder, à se considérer,...

C’est un beau roman, c’est une belle histoire !

Call me by your name, le meilleur film de l'année Dans quelques jours, vous risquez d'être assailli par les promos, infos, photos, et vidéos, dédiés à la sortie du film Call me by your name, réalisé par Luca Guadagnino, dont la bande annonce envahit déjà les réseaux sociaux. Cette super production présentée au Festival de Sundance, à Berlin a remporte le Grand Prix du Festival Chéries-Chéris 2017. C'est pour le journal anglais The Guardian le meilleur film de l'année 2017 ! Rien que ca ! Il faut dire que les deux acteurs principaux sont craquants... https://youtu.be/HKLbnoPdTyg Un roman inoubliable paru en 2007 Mais bien avant que le film fasse le buzz, il y eut un roman américain de André Aciman, édité en 2007 par les éditions de l'Olivier sous le titre Plus tard ou jamais ! Ça a été pour moi comme pour beaucoup de lecteurs, un vrai coup de cœur. L'histoire se déroule en Italie, au bord de la mer dans une époque indéfinie (mais qui n'est pas la...

Une women story devenue success story grâce aux réseaux sociaux

Dans ses « remerciements » qui précèdent le texte de son roman, Stéphanie Vidonne indique : « Merci… à vous lecteurs, sans qui ce projet littéraire n’existerait pas ». D’abord parue en feuilleton sur son site Internet (http://www.mavieenlila.com), l’histoire a très vite capté bon nombre de personnes, pour atteindre les 2000, ce qui a évidemment encouragé Stéphanie à prévoir une édition « papier » de son livre. Alors de quoi s’agit-il ? De deux femmes qui se cherchent – c’est le cas de le dire puisque l’une d’elles est aveugle, mais l’on constatera que le livre fait voler en éclats tous nos a priori de « voyants » sur ce sujet ! –, l’une étant bisexuelle et l’autre pas. Celle qui « voit » le mieux sur le plan des pétillements du désir n’est bien sûr pas celle que l’on croit, et même si le « je » qui s’exprime ne revendique aucune homosexualité, la révélation vécue, à la fois psychologique et physique, prête à...