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Sexe et drogue

Le sexe et la drogue font de plus en plus bon ménage et engendrent, outre des risques fatals d'overdose, des comportements à risque qui alarment les associations de lutte contre le sida. Chem sex et slam C'est vrai, les plans sexe associés à une prise de drogue sont de plus en plus répandus dans la population gay, même si ce phénomène touche encore une catégorie de garçons à la sexualité extrême (pas forcement à l'aise avec une sexualité plan-plan), à la recherche de performances… Le slam (produit injecté par intraveineuse) et le chem sex (chemical sex), s'ils sont des phénomènes déjà abondamment traités par les médias, n'ont pas encore fait l'objet d'essais sociologiques, d'études médicales éditées… Ce polar nous en apprend beaucoup sur le sujet Alors ce livre pallie à cette absence éditoriale et constitue en priorité une mine d'informations, même s'il n'embrasse principalement que l'aspect répressif du sujet. On est en effet dans un polar, ou tout au moins, ce texte en a la forme. Alexandre Kauffmann est reporter free-lance...

Sous la loi du Karma X de Sandrine Rotil-Tiefenbach

Sandrine Rotil-Tiefenbach publie Karma X aux éditions Sulliver, dans la collection Littératures actuelles. André Bonmort y est aux commandes (http://www.sulliver.com), capitaine courageux et véritable dénicheur d’écritures singulières « à l’écart des codes et des modes » (de moi il a publié État d’un lieu désert et Rien entre nous, à un moment où presque tout le monde m’avait oubliée !). Son catalogue foisonne de pépites et/ou de diamants purs – comme c’est ici le cas, avec cet étincelant Karma X. Au commencement, il y a Arthur. Un « chauve à lunettes ». Alors que la narratrice aime « les hommes qui ont des cheveux ». « Les chauves à lunettes », c’est tout ce qu’elle « déteste ». De plus, Arthur a les yeux bleus, « petits et rondelets ». Alors qu’elle, elle « aime les grands yeux noirs, les amandes fournies, veloutées, avec des miroirs magiques dedans, du magnétisme », qui « savent comment il faut faire pour envelopper ». Alors que s’est-il passé...

Emmanuel Pierrat, héraut du poil : l’interview

Emmanuel Pierrat et Jean Feixas n’en sont pas à leur coup d’essai question toison et autres « cressons » humains, puisqu’ils ont publié ensemble en 2015 un ouvrage remarqué sur les Barbes et Moustaches (Hoëbeke). Avec Les Petits Cheveux – Histoire non convenue de la pilosité féminine, qui paraît cet automne aux éditions de La Musardine, nos deux passionnés d’arts singuliers et d’esthétismes rebiquants (si l’on m’autorise ce néologisme) s’intéressent au cheminement ébouriffant du poil féminin au travers des siècles et de situations souvent ignorées ou oubliées. Une passionnante traversée pour les curieux de tous poils ! Détails historiques échevelants, ballades et balades en bouclettes pubiennes dont l’abondance peut constituer une authentique « végétation capillaire » (jusqu’à 1,80 mètre de long pour une Lithuanienne contrainte « d’enrouler » ses poils pubiens « autour de sa cuisse » pour « les empêcher de traîner par terre »), anecdotes contemporaines désop(o)ilantes : tout dans cet ouvrage ravit le lecteur curieux – et un brin concupiscent comme il se doi(g)t...

Petits Contes Lesbiens – 3

Martine Roffinella continue de nous présenter sa série des Petits Contes Lesbiens. Tel un patineur immobile sur le lac dur et souple de mon corps, tu t’es posée, ton sexe aux aguets, cherchant peut-être la direction où s’élancer, laissant entrevoir sa fierté de héros ; se tenant prêt aux glissades et au tournis de l’envol. Je me sentais immense et minuscule, petite île logée en plein cœur de l’Univers et en même temps l’Univers lui-même, qui allait t’englober tout en redevenant petite île. Je me sentais illimitée et restreinte, belle et hideuse, jeune et centenaire, femme et homme ; on eût dit que je me métamorphosais avec toi sur moi, qui commençais à glisser doucement sur mon pubis, ta chaleur inondant la mienne pour ne former qu’une seule atmosphère incandescente. Soudain je m’y enflammai. Mon lac devint eaux tropicales où la végétation luxuriante se mit à s’enrouler autour de tes hanches, tes jambes en mouvement, tes cuisses fermes. Mon ventre devint un port, ou peut-être...

Petits Contes Lesbiens – 2

Je me suis avancée entre tes cuisses, d’abord un peu timide, puis aventurière de tes désirs. Une sorte d’arche s’est ouverte à la naissance de ton ventre, je me suis approchée car elle semblait solide. Mais chaque fois que je m’approchais l’arche disparaissait, s’évanouissant au-dessus de l’oreiller où la houle de tes cheveux ondulait. Mes lèvres se sont alors promenées sur ton mont de Vénus, si chaud qu’il me sembla gorgé de soleil nocturne, comme si l’astre avait éteint la lumière mais gardé toute son incandescence. L’arche réapparut ; je vis des couleurs s’y dessiner, cependant je ne pus mettre un nom sur ces teintes-là, car je sentais bien qu’elles n’existaient pas en réalité, et que c’était ton plaisir qui les créait au fur et à mesure de ses vagues. Ton clitoris m’apparut tel le centre d’un coeur - la petite zone ultra-sensible où tout se résume, tout se joue dans un si minuscule espace pourtant - tout se construit et se déconstruit au rythme de pulsations...

Le sexe verni de mes ongles, haïku

  du haut de la tour de mon sexe emprisonné le saut d’une puce unique en mes genres les ongles peints de violet je sonne à sa porte une soumission entre deux pintes de Kro rouge à lèvres brut le regard en biais la musique assourdissante collants arrachés je la reconnais tatouée de rouge à lèvres ma tasse à café bistrot de motards empaquetés rose-bonbon mon pénis et moi un dessous de verre j’y dessine un clitoris pour changer la donne cheville fragile le soleil sur le ballon et sur mon vernis métro à l’aube - sous la barbe brune ma peau en métamorphose ticket validé enserré de doigts le cercle de mon demi ponctué de vernis laissant sur sa joue la marque du rouge à lèvres mon ami d’enfance  

Jours de France : un road movie sexuel (mais pas que)…

https://youtu.be/y9a_YircDFg Installez-vous dans l'Alfa Roméo confortable de Pierre et parcourez la France et ses habitants. Jours de France n'est pas au premier abord un film facile par sa construction, lente, contemplative, parfois austère. Mais il défend un point de vue original qui va vous redonner foi en l'être humain, celle-ci ayant été dangereusement mise en péril ces derniers temps. C'est le premier long-métrage d'un jeune réalisateur, Jérôme Reybaud, qui a fait ses classes avec des cinéastes atypiques tels que Paul Vecchiali et Jean-Claude Guiguet, deux hommes de l'ombre qui font un cinéma à part, intimiste, donnant libre cours à la poésie et à une grande humanité. Ce road-movie à travers la France "profonde" s'appuie sur un outil de rencontre ultra sophistiqué, une application bien connue des gays "Grindr" et son système de géolocalisation qui permet de rencontrer des hommes disponibles, près de l'endroit où vous vous trouvez. Cette quête de découvertes en tous genres sur des chemins de traverse, donne lieu pour Pierre, à des rencontres avec des personnages toujours singuliers,...

Le genre à l’épreuve de la biologie

C’est avec enthousiasme que je m’aventurai à Bonneuil-sur-Marne pour ce café-science organisé par Les sciences des livres et l’Association Science Technologie Société (ASTS), encadré par le conseil départemental du Val-de-Marne. En m’installant, je reçois le prospectus des différentes conférences qui se déroulent en ce mois de janvier 2017, et découvre qu’y figure Un homme à la crèche de Thomas Grillot, ouvrage auquel j’ai participé pour témoigner en tant qu’éducateur de jeunes enfants. Il semblerait alors que dans ce cadre scientifique, une place importante est donnée aux pensées qui s’interrogent intelligemment sur les questions du sexe et du genre. En atteste également le nouveau livre de Thierry Hoquet dont il est question ici : Des sexes innombrables. Le genre à l’épreuve de la biologie. La remise en cause d'un naturalisme pas si naturel Thierry Hoquet est professeur de philosophie à l’université Jean-Moulin Lyon 3, spécialiste de l’histoire et de la philosophie de la biologie. Il est l’auteur notamment de Darwin contre Darwin (Seuil, 2009), Cyborg philosophie (Seuil, 2011)...

A la lumière des sexes

Sur la glissée du drap, on compte quelques amours. La lumière ne s’en souciant guère, ma main suspendue tenant la cigarette, le soir s’est transformé en une nuit paisible et claire. Que pouvait bien faire l’autre main ?     Posée comme endormie, si sage, elle s’est tenue là quelques temps sans se faire remarquer. Cette main de l’inconscient repos si profond. Mon téléphone a clignoté signifiant la réception d’un message. Je n’ai pas éteint la lampe de chevet et ne porte qu’un t-shirt. Quand j’ai dégagé le drap mon sexe fut exposé au milieu des poils pubiens, au centre du lit, dans un coin de la pièce. Mon regard s’est porté sur mon pénis dans une sensation d’image adoucie. J’ai aimé l’absence de détails désagréables. La musique sort d’une enceinte à la technologie bluetooth. Il n’y a pas eu de cigarette, j’ai menti. Il reste les mots si préservés qui se suivent ainsi : madame rêve au jour le jour Irène, Irène immortels Brest. Et plus loin, période bleue. Le barman plutôt...