sida

Comment réinventer le cas zéro de sida en France

Que s'est-il passé dans la tête de Sarah Baruck pour décider de planter l'intrigue de son deuxième roman dans le service de Médecine Interne de l'Hôpital Saint Louis, en 1982, où le docteur Valensi va prendre en charge un malade atteint d'une pathologie encore inconnue. Hôpital Saint-Louis 1982 Tout commence donc par un cas incompréhensible et très inquiétant, un patient atteint de . symptômes incohérents et d’une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l’hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner ce patient mis à l'écart par le Chef du Service… N'écoutant que son éthique professionnelle et humaine, Valensi va soigner clandestinement cet homme qui se révélera être le premier patient atteint du LAV, le premier nom donné au VIH. Déchiré entre sa famille qui veut le protéger d’une éventuelle contamination et un chef de service sans scrupule, il se lance dans une course contre la montre. En dépit de ses doutes, et face aux menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur lui, il va se battre...

Rock Hudson, la fin de l’âge d’or hollywoodien

Le 2 octobre 1985, Rock Hudson meurt à Los Angeles, à l’âge de 59 ans. Un choc immense se propage immédiatement dans le monde entier. Parce que cet icône du Hollywood des années 50, ce beau mec qui faisait tomber les filles, ce républicain conservateur, a révélé deux mois plus tôt qu’il était gay, et atteint du sida. Il incarne à jamais la première victime people connue de tous (Klaus Nomi, disparu dès septembre 83, a ouvert le bal, mais reste moins connu du grand public)… Le 25 juillet, donc, Rock Hudson a fini par sortir du placard, à l’occasion d’une interview accordée au journaliste Taryn O’Connor. Il a avoué être atteint par cette terrible maladie, qui commence tout juste à faire des ravages, et pour laquelle n’existe encore aucun traitement. L’acteur n’y cache pas qu’il ne pèse plus que 55 kilos et se décrit comme « une épave à la dérive ». Une vraie confession, où il parle de sa vie comme d’un péché...

Armistead Maupin : une étoile dans notre ciel !

Armistead : toujours bienveillant Toujours bienveillant, de bonne humeur et l'œil qui frise, Maupin semble être un bon gros nounours qui pourrait facilement nous consoler de nos chagrins d'amour et nous donner de bons conseils. L'expérience de la vie. On sent qu'il l'a acquise mais qu'il n'en tire aucun orgueil... Et pourtant que de chemins parcourus pour atteindre ce statut enviable... Un jeune Américain pur jus qui devient... lui-même ! Pour le découvrir, il faut lire l'autobiographie qui vient d'être traduite en langue française et qui parait sous le titre un peu lisse de Mon autre famille. Né en Caroline du Nord, dans une famille ultra-républicaine, Armistead vit ses premières années entre un père très réactionnaire et une mère fantasque. Il y a, heureusement, sa grand-mère qui lui apprend les vertus de la différence. Peu enclin à se démarquer de cette emprise familiale, le jeune Maupin adopte l'idéologie républicaine sans broncher. Il débute des études de droit, mais les abandonne. Il s'engage pour rejoindre les troupes américaines au Vietnam en...

L’amour et la mort

Genres reproduit l'entretien avec le cinéaste et écrivain Christophe Honoré, tiré du dossier de presse de Ad Vitam, qui trace les tenants et les aboutissants de cette histoire générationnelle, celle des trentenaires des années 90, qui lisaient Guibert, Koltès et Lagarce... Comment résumer l’histoire, la matière de ce film ? Un premier amour et un dernier amour. Un début dans la vie et une fin dans la vie, à travers une seule et même histoire d’amour, celle du jeune provincial Arthur et de l’écrivain agonisant Jacques. Le film voudrait conjuguer cette association de sentiments : l’élan et le renoncement. L’histoire d’amour racontée précipite deux choses : d’une part les débuts dans la vie d’Arthur, d’autre part la fin de la vie de Jacques. Il est possible que sans cet amour Jacques aurait vécu plus longtemps, parce qu’il est précipité dans l’idée que sa maladie, le sida, le rend inapte à cet amour, qu’il n’est plus capable de le vivre. Je crois que le vrai sujet du film...

Avant internet, la drague sur le 3615

Au milieu des années 80, la France découvre peu à peu les joies de la télématique. Alors que ni Internet ni les mails n’existent encore, les PTT proposent aux foyers français une petite boîte cubique qui leur permet de se connecter à un réseau public, le Minitel. Le 16 janvier 1986, les gais à leur tout ont leur propre service, et vont pouvoir se lancer à corps perdu dans des discussions nocturnes interminables. Le journal Gai Pied Hebdo lance son tout nouveau réseau télématique ; le 3615 GPH est lancé. Le journal n’en est pas à sa première tentative. En décembre 84, il avait déjà lancé le 614.91.66 CLIPP et son service GRAFFITI, qui proposait déjà peu ou prou le même contenu. Mais ce premier service minitel était entre les mains d’une association qui touchait tous les bénéfices et n’en reversait qu’une petite part à Gai Pied. Au bout de quelques mois, Gérard Vappereau, directeur du journal, a donc dénoncé ce contrat initial (non sans...

GayKitschCamp, pour que vive le patrimoine LGBT

Créée en 1989, l'association culturelle GayKitschCamp a pour vocation de promouvoir le patrimoine LGBT. Après avoir organisé en parallèle le festival de films QuestionDeGenre à Lille de 1991 à 2005, elle s’est incarnée en centre de documentation/librairie de 2000 à 2005. Installée ensuite à Montpellier, elle se concentre aujourd’hui sur sa première activité : faire découvrir à des chercheurs, des étudiants et des amateurs, des textes constitutifs de l'histoire homosexuelle au sein de la maison d’édition QuestionDe­Genre/GKC. Cette maison d’édition a lancé puis accompagné les publications d’études homosexuelles en France. Entretien avec Patrick Cardon, responsable depuis sa création et immense figure de la culture LGBT. Hugues Demeusy : Patrick, pourquoi ce nom de GayKitschCamp? Patrick Cardon : A l’origine, une affiche entrevue pour une exposition à Anvers sur le kitsch (resignification de choses banales et surtout anachroniques) et sur le camp (humour gay). Nous ajoutâmes gay, pour affirmer une identité. Quels furent ses débuts ? Gay « sans commentaire » ; Kitsch « Le temps qui passe » ; Camp « Le temps qu’il fait » : C’est ainsi qu’en...

Portrait en demi-teinte de David Hockney

Qui est le peintre David Hockney ? Si comme moi, vous ne connaissez de David Hockney que ces immenses toiles lumineuses, où l'eau des piscines d'un bleu intense invite des jeunes éphèbes à exhiber leur plastique impeccable... vous ne savez que peu de choses de la vie et de l'œuvre de ce peintre britannique majeur. Ou peut-être avez-vous été happé par ce qui a été une thématique essentielle, dans son immense production picturale. Alors la biographie écrite par Catherine Cusset est faîte pour vous en apprendre un peu plus... Car disons-le franchement, cette Vie de David Hockney est tout à fait digeste, mais manque cruellement de saveur. Les évènements, rien que les faits Ecrite en respectant la chronologie des faits, on apprend a connaître le jeune David, on appréhende son entrée en peinture, ses premiers tatonnements, ses succès successifs qui arrivent très vite. Sa découverte de New-York, puis de Los Angeles où il vivra un temps, sont des éléments fondateurs de son style pictural et de son sujet fétiche...

Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...

Daho décodé ?

Une bible sur Daho Fruit d'une collaboration étroite de pas moins de dix ans entre les deux garçons, c'est une véritable bible que nous propose Flammarion sur Daho, déjà éditée une première fois en 2008 et enrichie pour cette nouvelle version. Vie professionnelle, vie intime et au delà, portrait d'une époque de plusieurs décennies, le tout étroitement imbriqué dans un parcours exceptionnel qu'on apprécie ici dans le moindre détail. Car l'érudition d'un grand documentaliste, d'un passionné de musique et d'un amoureux de Daho est réunie pour composer cette biographie qui entre dans notre tête comme une mélodie élaborée par les meilleurs musiciens. Si Daho possède ce don singulier de flairer les sons les plus novateurs, il cultive une exigence acharnée, de celle qui abattent les montagnes à une discrétion légendaire. La musique : point barre. On en saura donc pas d'avantage sur l'orientation sexuelle de celui qui prétend qu'il est transparent et que les paroles de ses chansons révèlent tout. Il suffit d'écouter... La bisexualité affirmée On se reportera (entre autres)...