sida

1er décembre 1988, le monde se lève contre le SIDA

Le monde entier mobilisé Placée sous l’égide de l’OMS, cette journée doit symboliser les actions des associations, des particuliers et des pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre le sida, partout à travers le monde. Plus de 700 manifestations diverses sont prévues aux quatre coins de la planète. Des présidents, des premiers ministres, des ministres de la santé et de hautes personnalités prévoient des déclarations sur les radios et les télés. Réunions, colloques et forums sont organisés pour réfléchir sur le droit, l’éthique, les progrès scientifiques, la recherche, les modifications de comportement, les soins de santé, les rapports entre le sida et les domaines sociaux, médicaux et sanitaires… Et la journée est enfin consacrée aussi aux malades et aux séropositifs, ainsi qu’au souvenir des milliers d’hommes et de femmes emportés par la maladie. Associations et médias en campagne Paris participe bien sûr à l’événement, qui coïncide peu ou prou au quatrième anniversaire de l’association Aides. Une manifestation gaie se tient à 18h au Champ-de-Mars, sous...

1987 : la une coup de tonnerre du Nouvel Obs

Fin octobre 1987. Le monde se débat et se noie dans l’épidémie de sida. En France, le seuil des 2 000 cas recensés a été atteint à mi-année. La lutte contre le sida a été déclarée « grande cause nationale pour l’année 1987 », et le nouveau plan gouvernemental a décidé la vente libre de seringues en pharmacie et l’abrogation de la loi interdisant la publicité pour les préservatifs. L’AZT est distribuée depuis un an, encore au compte-goutte. Aucune nouvelle rassurante à l’horizon... C’est dans ce contexte noir que Le Nouvel Observateur publie un numéro coup de poing. Le 30 octobre, la une de l’hebdo affiche, en grosses lettres rouges, « Mon sida ». Et un regard, celui de Jean-Paul Aron, écrivain et intellectuel français. Première annonce publique Pour la première fois en France, une personnalité annonce officiellement sa maladie. D’autres sont mortes avant lui, sans dire. D’autres au contraire ont dû fermement démentir des rumeurs insistantes, comme Isabelle Adjani, obligée de venir témoigner sur le...

Avis de tempête : Entre chien et loup – Episode 14

Tea for three Thierry, le traître, se dirige vers ce qui doit être la salle de bains pour prendre une douche... il précise avec un clin d'œil qu'on ne le dérange pas pendant ses ablutions.... Nous demeurons donc seuls, Hervé et moi, et notre gêne s’accroît de minute en minute. Je sors mon paquet de blondes et en propose une à mon hôte, qui refuse. Brrrrrr. Il ne m'invite pas à m'asseoir, pendant qu'il pose ses affaires, et je suis planté comme un idiot que je suis ne sachant que faire ni que dire, tirant sur ma clope... Il me demande au bout d'un instant qui me parait un siècle, si je veux un thé. J'accepte benoîtement, et pour briser la glace, je fais mine de m'intéresser à son travail. Il revient de la mini-cuisine et extrait quelques grandes toiles posées à même le sol. Il allume l'halogène et je découvre des garçons musclés, peu vêtus, dans des poses de guerriers modernes. Le tout est réalisé...

Devenir séropo aujourd’hui

Oui, les traitements sont efficaces, on ne meurt (presque) plus du sida dans les pays occidentaux... mais quand est-il du regard de la société sur les séropositifs, comment se situe la "communauté" gay par rapport aux nouveaux contaminés... autant de sujets brûlants et tabous que ce témoignage a le mérite de soulever. Le narrateur est "plombé" juste quand il rencontre un garçon avec qui il va entamer une liaison amoureuse. On peut dire que c'est un test infaillible pour mesurer la véracité des sentiments... on peut s'en passer aussi... Il décrit avec une précision clinique ses peurs, ses angoisses et son parcours du combattant dans l'univers médical, même s'il a la chance d'être accompagné par les siens qui le soutiennent, et de rencontrer immédiatement les bonnes personnes. Car c'est sur ce point que l'on peut étayer une critique : le milieu très aisé dans lequel vit Camille (c'est un garçon !) constitue un atout non négligeable dans son entrée dans la séropositivité (nous l'avons dit, ses proches...

Act Up, la réédition vitale du livre de Didier Lestrade

A l'occasion de la sortie du film-événement 120 battements par minute de Robin Campillo, qui a obtenu le prix du Jury au dernier Festival de Cannes, l'éditeur Denoël réédite cet ouvrage capital dont nous vous conseillons absolument la (re)lecture. En 1989, Didier Lestrade, entouré de Pascal Loubet et de Luc Coulavin, crée Act Up-Paris, sur le modèle d'Act Up-New York. Il raconte ici les dix premières années durant lesquelles l'association de lutte contre le sida va construire et porter un discours politique à travers des campagnes de communication extrêmes, parfois violentes, toujours efficaces, des zaps marquants, des discours intransigeants.... Il explique comment elle a réussi à rendre visibles les séropositifs et la communauté gay, tout en s'impliquant fortement dans l'élaboration des traitements. Act Up invente "l'empowerment", ou quand les malades deviennent acteurs de leur santé. Contrairement à d'autres ouvrages sur le sujet, Didier Lestrade délaisse le côté théorique et réhumanise le récit du combat mené contre la mort et la maladie en racontant ses sentiments, ses expériences, ses espoirs, ses doutes,...
couloir hopital

Entre chien et loup : chroniques parisiennes – épisode 5

Parents je vous hais... Olivier a eu chaud. Il est passé tout près de l'overdose. Il est hospitalisé à Saint-Antoine et Thierry a cette fois-ci été dans l'obligation de prévenir ses parents. Ils ont déboulé à Paris, vexés de ne rien avoir vu venir. Comment auraient-ils pu comprendre, ces grands bourgeois emmurés dans leur certitudes. Les parents ont débarqué dans la chambre, tels des grands seigneurs à qui tout est dû. Leur affectation malsaine pour leur fils unique et le dédain avec lequel ils nous ont presque ignoré m'a immédiatement stupéfait... J'ai compris qui était Olivier en découvrant incrédule ses parents si distants, incapables du moindre témoignage d'affection : des juges, des bourreaux ! Combien j'ai ressenti soudain la souffrance accumulée depuis l'enfance, certainement accrue durant l'adolescence... mais j'eusse préféré qu'Olivier choisisse le camp de la fuite et de l'oubli, plutôt que celui de l'autodestruction, qui leurs donne raison ! J'étais avec Isabelle et Thierry, quand ils ont débarqué dans la chambre, tels des grands seigneurs à qui tout est dû. Leur affectation malsaine pour leur...

En 1994, naissance du Centre LGBT, bienvenue chez vous !

Jusqu’à présent, l’association, née un an plus tôt pour prendre la suite de la Maison des Homosexualités, était confinée dans un petit appartement de la rue Michel Le Comte, local certes « historique » (il avait déjà abrité les premiers pas de l’association AIDES dix ans plus tôt), mais par vraiment conçu pour accueillir le public. Le nouveau bureau élu en février 1994, présidé par Philippe Labbey, s’était fixé comme priorité d’offrir enfin un vaste espace communautaire, comme on pouvait déjà en trouver à New York, Amsterdam, Londres ou Berlin… Les nouveaux locaux trouvés (une ancienne galerie d’art) et loués (Pierre Bergé se portera caution personnelle auprès du bailleur), la petite équipe de bénévoles (appelés « volontaires ») se met à l’action, avec les moyens du bord, pour ouvrir le lieu au plus vite. Il s’agit de pouvoir recevoir les homos des deux sexes, « de tous âges, toutes sensibilités, toutes tendances politiques et confessionnelles ». Les permanences d’accueil physique sont doublées d’écoutes téléphoniques et...
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Théo et Hugo dans le même bateau : le DVD cul(te) !

Dans un sex-club, Théo et Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes gens dégrisés, dans les rues vides d'un Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant. Le film événement de l'année 2016 sort enfin en DVD, dans une édition qui constitue un véritable écrin pour tout savoir sur la genèse du film avec des animations graphiques audacieuses. Retour réussi pour le duo de cinéastes Olivier Ducastel et Jacques Martineau, qui signe avec Théo et Hugo dans le même bateau un film emprunt de poésie, de romantisme, et ancré de plein pied dans le réel. Deux jeunes acteurs merveilleux, intenses, incroyablement charmants... François Nambot et Geoffrey Couet portent cette belle aventure sur leurs épaules. Quant au choix de filmer l'intrigue en temps réel, il  s'impose au couple de réalisateurs, puisqu'il confère de la véracité au propos du film et, plus qu'une contrainte, il donne des ailes aux acteurs qui réalisent quelques scènes où la magie...

L’heure de vérité de Le Pen

Le sidaïque (...) il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. Près de 30 ans plus tard, ses propos sont encore dans toutes les mémoires : « Le sidaïque, si vous voulez, j’emploie ce mot-là, c’est un néologisme, il n’est pas très beau, mais je n’en connais pas d’autres, celui-là, il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux. Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. » Poursuivant sur la voie des contre-vérités pseudo-médicales, il explique aussi, sans donner plus de détails, « On a dit aux Français qu’il suffisait de se doter de préservatifs pour se mettre à l’abri de la contagion. C’est faux. ». Dérapage ? Pas vraiment. Le Pen contrôle bien ses propos et les a volontairement prononcés. Il reprend les thèmes et les mots qu’il développe depuis plusieurs semaines déjà, à la suite...