société

Jean Claude Bologne : vivre en couple, toute une histoire !

Au printemps 2013, la loi dite « Taubira » consacre le « mariage pour tous ». Une définition est intégrée au Code civil, dans un nouvel article 143 : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe". Est-ce à dire que cette union officielle symbolise à elle seule l’idée du couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel ? C’est à cette passionnante question que Jean Claude Bologne, philologue formé à l’université de Liège, historien et romancier, s’est attelé, dans une très complète et impressionnante Histoire du couple, de l’Antiquité à nos jours. La polygamie : prédisposition « testiculaire » ? L’ouvrage se lit comme un roman, et pourtant il nous enseigne formidablement – voire fait ou refait notre éducation en matière de ce que nous pensons bien connaître pour l’avoir (presque) toutes et tous vécu : le couple ! N’allons pas imaginer que vivre à deux se résume à une bague passée au doigt pour le meilleur et pour le...

Une women story devenue success story grâce aux réseaux sociaux

Dans ses « remerciements » qui précèdent le texte de son roman, Stéphanie Vidonne indique : « Merci… à vous lecteurs, sans qui ce projet littéraire n’existerait pas ». D’abord parue en feuilleton sur son site Internet (http://www.mavieenlila.com), l’histoire a très vite capté bon nombre de personnes, pour atteindre les 2000, ce qui a évidemment encouragé Stéphanie à prévoir une édition « papier » de son livre. Alors de quoi s’agit-il ? De deux femmes qui se cherchent – c’est le cas de le dire puisque l’une d’elles est aveugle, mais l’on constatera que le livre fait voler en éclats tous nos a priori de « voyants » sur ce sujet ! –, l’une étant bisexuelle et l’autre pas. Celle qui « voit » le mieux sur le plan des pétillements du désir n’est bien sûr pas celle que l’on croit, et même si le « je » qui s’exprime ne revendique aucune homosexualité, la révélation vécue, à la fois psychologique et physique, prête à...

Tu vas pouvoir faire ton coming-out dans un jeu de foot

Reconnaissance au travers de la culture et des loisirs La reconnaissance de l'homosexualité dans tous les pans de la société avance à pas rapides. Certes on peut diversement apprécier la façon dont elle est traitée, néanmoins on ne peut nier que la visibilité est déjà une réalité dans le cinéma, à la télé et dans le monde des séries (tv et internet), entre autres. Alors que l'homosexualité a d'abord été traitée par Hollywood d'une manière caricaturale, puis dans les séries télé, il est intéressant de noter que cette représentation a évolué et que des personnages dont la caractéristique principale n'était plus seulement leur homosexualité ont commencé à apparaître. Le monde des jeux vidéo récemment a vu apparaître des personnages homo ou trans, et l'homosexualité s'insère maintenant dans des champs dont le sujet de l'homosexualité est loin d'être central. En gros la lesbienne du film n'est plus là juste pour faire lesbienne du coin. Aujourd'hui c'est l'éditeur de jeux vidéos SEGA, à l'origine d'une franchise de jeu de...

Portraits de Grindr : « pour vrai mec, look hétéro »

La masculinité à travers la virilité Parmi les gays, qui n'a pas été embarqué dans la grande lessiveuse Grindr ? Avant tout, un grand jeu aux codes précis et immuable, qu'on a tôt fait de réaliser, souvent à nos dépens. Marc Jahjah fait une analyse intéressante de la question de la virilité sur les applis de rencontres gays. Alors, vous y retrouvez-vous ? Dans les échanges ou sur les profils, la question de la virilité est obsédante : c'est comme si la masculinité ne pouvait avoir qu'une forme (virile). Question sans interrogation possible : comme l'objectif supposé ("on n'est pas là pour discuter"), elle a été soustraite au débat public. L'évoquer conduit à une tautologie ("ben un vrai mec c'est un mec mec quoi, look hétéro") ou au rappel du fonctionnement implicite du dispositif ("pas là pour philosopher")... La suite est à lire sur le blog de Marc Jahjah
Village de pêcheurs Malte

Pourquoi il fait bon vivre à Malte (sans mariage pour tous)

Les critères retenus par l'ILGA, une association de promotion des droits des LGBT dont la branche européenne est financée par l'UE (NDLR : et dont le Centre LGBT Paris IDF est membre), concernent la famille, l'égalité et la non-discrimination, le traitement de l'incitation à la haine et la violence, la reconnaissance de genre, la liberté d'association et l'asile. Le plus incroyable dans l'histoire c'est que Malte a réussi à se hisser à la première place du classement de l'ILGA des pays "LGBT-friendly" sans avoir même légalisé le mariage pour tous. Et à Malte, 40% de la population se rend encore régulièrement à la messe selon l'article sur le sujet du Huffington Post, contre 15% en France. A bas donc les clichés peuple religieux = conservatisme sociétal et moral. Le média en ligne nous explique que la cause derrière cette politique LGBT-friendly est à aller chercher du côté de la nécessité pour la gauche de se différencier de la droite sur des sujets autres qu'économiques, plutôt consensuels dans le pays....
Yvette Roudy

1985, les mœurs au parlement

Les contrevenants seraient désormais passibles de 2 mois à 2 ans de prison, et 3.000 à 40 000 FF d’amende. Et les associations de défense des droits des femmes ou des homosexuels pourraient se porter partie civile en cas de procès… Il s’agit là d’une vieille revendication, portée notamment par le CUARH depuis les avancées législatives consécutives à l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981. A l’époque, le ministre délégué à la Fonction publique, Anicet Le Pors, avait déjà fait un premier pas en faisant disparaître les notions de « bonnes mœurs et de bonne moralité » du code de la fonction publique. Afin de faire passer plus facilement la nouvelle mesure (d’abord refusée par le gouvernement dans son projet de loi), Jean-Pierre Michel a choisi de s’appuyer sur la notion de mœurs, plus large que celle d’orientation sexuelle. Le jeudi 23 mai 1985, en première lecture à l’Assemblée Nationale, c’est le carton plein. L’amendement est voté à la quasi unanimité des députés...