témoignage

Vietnam – Rencontre avec Lily, présidente de PFLAG

Au Vietnam, nous avons eu l’honneur de rencontrer Lily, son fils et un couple d’amies lesbiennes. Lily est responsable de l’association PFLAG (Parents, Families and friends of Lesbians and Gays). Ce fut pour nous une rencontre très émouvante. Lily nous a confié son histoire, mais ne parlant pas anglais, c’est son fils Teddy (le principal sujet de l’histoire) qui nous l’a traduite, ce qui amplifiait d’autant plus l’émotion ambiante. Il était parfois difficile de retenir nos larmes. Après leur avoir présenté rapidement notre famille, notre histoire et notre projet nous leur avons posé quelques questions et Lily et son fils nous ont répondu longuement avec un témoignage des plus poignant. J’avais osé leur demander comment s’était passé l’annonce du coming out de Teddy et comment sa Maman l’avait accepté. Je ne connaissais pas du tout leur histoire mais je savais qu’elle aurait une fin positive puisqu’ ils étaient là tous les deux ce jour-là et que Lily est présidente de PFLAG au Vietnam. Je ne m’attendais pas à être aussi émue...

Coming out et Kevin Spacey : à faire et à ne pas faire

On ne choisit pas son homosexualité mais on choisit de faire ou pas son coming out. En tout cas c’est mieux que de se faire outer ou de le déclarer contraint et forcé comme justification de faits répréhensibles (voir Kevin Spacey). Le coming out, ou « sortie du placard » en français, désigne l’annonce volontaire d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre à son entourage familial ou professionnel. C’est un moment important quel que soit son âge dans l’acceptation et l’estime de soi. C’est aussi un acte courageux où l’on s’expose sur un plan personnel en prenant des risques affectifs et parfois professionnels car il peut mal se passer et entrainer des conséquences dommageables. Mais il permet de devenir ce que l’on est. Pourquoi et comment faire son coming out ? Pour s’aimer comme on est, pour vivre librement avec celui ou celle que l’on aime, pour éviter la honte et la culpabilité, pour s’affirmer auprès de ceux que l’on aime et prendre sa place. Pour le mode d’emploi lire à ce sujet...
Jeune homme qui regarde le soleil levant

Je suis un survivant

Je suis un survivant. Des mots qu’il faut oser prononcer. Des mots qu’il faut être prêt à entendre. Car le viol ne connait pas les genres, mais la morale n’en reconnait trop souvent qu’un seul. C’est qu’une victime est souvent genrée au féminin et que l’agresseur est forcément un homme. Mais dans mon cas, tout se décline au masculin. Je n’aime pas trop le mot viol. Il est trop violent, trop abrupte. Il ravive des douleurs qui ne se taisent jamais. Il ressasse des souvenirs qu’on ne peut museler. Il est trop court, banalisé à outrance. Pour moi, il dit trop de chose et il ne dit plus rien. Je préfère utiliser le terme abusé. Il reflète assez bien toutes les dimensions qui se terrent derrière mon agression. Le pronom possessif est ambigu, il me place à la fois comme sujet et comme objet, comme agresseur et agressé. Et pourtant, je parle bien de mon agression, de celle perpétrée contre ma personne. Le verbe perpétrer fait très...