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Sous la loi du Karma X de Sandrine Rotil-Tiefenbach

Sandrine Rotil-Tiefenbach publie Karma X aux éditions Sulliver, dans la collection Littératures actuelles. André Bonmort y est aux commandes (http://www.sulliver.com), capitaine courageux et véritable dénicheur d’écritures singulières « à l’écart des codes et des modes » (de moi il a publié État d’un lieu désert et Rien entre nous, à un moment où presque tout le monde m’avait oubliée !). Son catalogue foisonne de pépites et/ou de diamants purs – comme c’est ici le cas, avec cet étincelant Karma X. Au commencement, il y a Arthur. Un « chauve à lunettes ». Alors que la narratrice aime « les hommes qui ont des cheveux ». « Les chauves à lunettes », c’est tout ce qu’elle « déteste ». De plus, Arthur a les yeux bleus, « petits et rondelets ». Alors qu’elle, elle « aime les grands yeux noirs, les amandes fournies, veloutées, avec des miroirs magiques dedans, du magnétisme », qui « savent comment il faut faire pour envelopper ». Alors que s’est-il passé...

Jean Claude Bologne : vivre en couple, toute une histoire !

Au printemps 2013, la loi dite « Taubira » consacre le « mariage pour tous ». Une définition est intégrée au Code civil, dans un nouvel article 143 : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe". Est-ce à dire que cette union officielle symbolise à elle seule l’idée du couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel ? C’est à cette passionnante question que Jean Claude Bologne, philologue formé à l’université de Liège, historien et romancier, s’est attelé, dans une très complète et impressionnante Histoire du couple, de l’Antiquité à nos jours. La polygamie : prédisposition « testiculaire » ? L’ouvrage se lit comme un roman, et pourtant il nous enseigne formidablement – voire fait ou refait notre éducation en matière de ce que nous pensons bien connaître pour l’avoir (presque) toutes et tous vécu : le couple ! N’allons pas imaginer que vivre à deux se résume à une bague passée au doigt pour le meilleur et pour le...

Non, Madame Millet, on ne « sort » pas d’un viol comme d’une...

Chère Catherine Millet, comme toute une chacune j’ai lu, non sans consternation doublée d’une immense tristesse, vos multiples déclarations auprès des médias concernant le viol, les hommes, et dernièrement encore votre « compassion » pour les « frotteurs ». Si vos propos n’ont pas été trahis ou tronqués, vous dites : « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle (…). » Et pour enfoncer le clou, si j’ose m’exprimer ainsi, vous ajoutez : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ». Il existe fort peu de chance pour que vous ayez entendu parler de ma petite personne, même si nous avons été réunies par les éditions du Seuil dans la même « bibliothèque rose » pour nos ouvrages respectifs (La Vie sexuelle de Catherine M. pour vous et mon roman Le Fouet). Eh oui ! j’explore les domaines des relations de soumission/domination depuis...
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Juste la dernière folie de Xavier Dolan

La dernière scène de Juste la fin du monde résonne avec le générique de début, interprété par Camille. "Home is where it hurts, home is not a harbor", la maison c'est là où ça fait mal, la maison ce n'est pas un refuge. Dans cette maison qui héberge une famille dysfonctionnelle où rien n'est à sa place, où les paroles des uns répondent à celles des autres de manière incohérente. Une famille avec des hommes mais sans figure masculine, où les personnages parlent dans le vide et ne communiquent pas. Où les hommes ont abandonné la place, où la raison a vaqué la place. Où le seul personnage hors du système sclérosé est une pièce rapportée, interprétée par Marion Cotillard, la seule qui a compris la vérité : la mort imminente du jeune frère, Louis, interprêté par Gaspard Ulliel. Vides et absence On comprend l'absence du père, un vide abyssal qu'Antoine, le grand frère "symptôme" interprété par Vincent Cassel, essaye de combler. Où la brutalité prend toute la place. Antoine est un fou furieux, qui...