Petite et grande histoire des droits des femmes, des lesbiennes et des pédés (1)

Vous pouvez retrouver l'intégralité de la fresque chronologique de Martine Laroche sur son site http://caminare.free.fr. Nous en publions une partie toutes les 2 semaines. Civilisations du Tigre et Euphrate Mésopotamie, Akkadie, Sumer, Babylonie, Assyrie… Dans l’écriture, cunéiforme dessiné, le déterminatif de homme est à l’origine un phallus, celui de femme, une vulve. A partir du IIe millénaire, il est courant qu’une femme mariée soit voilée; veuve, elle bénéficie d’un douaire et à certaines époques, elle devient «père et mère» des enfants et obtient le statut de l’autorité patriarcale. Il existait aussi la possibilité pour un père de «faire des ses filles des fils» ou pour une femme d’épouser sa tante paternelle comme «frère»… héritage ! vers -2600 av. en Mésopotamie Amour «libre» dans le quotidien qui pouvait se pratiquer notamment avec des spécialistes prostitué(e)s; la prostitution n'y était pas considérée comme une pratique infamante, c'était même une institution vénérable et très respectée, à condition qu'il n'y ait ni désordre ni violence; de nombreuses tablettes montrent des ébats hétéros et homosexuels. vers...

Jean-Paul Amouroux : parcours d’un militant hors norme

Pas facile d'être homo au début des années 70. Jean-Paul Amouroux, jeune étudiant à Nanterre, fréquente le club très fermé Arcadie, qui réunit les "homophiles" (ou comment poser un voile pudique sur les relations entre personnes du même sexe), une fois par semaine dans le 10ème arrondissement de Paris. 1974 : La création du GLH Très vite, il lie des contacts avec quelques fortes personnalités qui décident de s'émanciper. Ils fondent en 1974 Philandros. L'association devient très rapidement le GLH (Groupe de Libération Homosexuelle), pour envoyer un message aux lesbiennes, qui cependant, ne rejoindront pas les rangs... Sous l'impulsion de Michel Heim (aujourd'hui à la tête des Caramels fous, une troupe théâtrale très colorée), le GLH travaille à la visibilité des homos en distribuant des tracts sur les marchés Parisiens. Engueulades, lutte de pouvoir, trahisons, seront le lot du jeune Groupe, qui est rejoint par des nouvelles énergies et donc de nouveaux ambitieux... Jean-Paul partira à l'armée, puis sera nommé prof en Picardie. Il prendra de la distance avec le militantisme... Les CUARH...
Yvette Roudy

1985, les mœurs au parlement

Les contrevenants seraient désormais passibles de 2 mois à 2 ans de prison, et 3.000 à 40 000 FF d’amende. Et les associations de défense des droits des femmes ou des homosexuels pourraient se porter partie civile en cas de procès… Il s’agit là d’une vieille revendication, portée notamment par le CUARH depuis les avancées législatives consécutives à l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 1981. A l’époque, le ministre délégué à la Fonction publique, Anicet Le Pors, avait déjà fait un premier pas en faisant disparaître les notions de « bonnes mœurs et de bonne moralité » du code de la fonction publique. Afin de faire passer plus facilement la nouvelle mesure (d’abord refusée par le gouvernement dans son projet de loi), Jean-Pierre Michel a choisi de s’appuyer sur la notion de mœurs, plus large que celle d’orientation sexuelle. Le jeudi 23 mai 1985, en première lecture à l’Assemblée Nationale, c’est le carton plein. L’amendement est voté à la quasi unanimité des députés...
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Mai 82, la fin d’une époque

Cette fois, il jette donc l’éponge, toujours en fustigeant ce monde qu’il a de plus en plus de mal à comprendre. Il ferme le club qui permet encore chaque semaine de se retrouver, échanger, danser… Le club était né en 1957, trois ans après la création de la revue Arcadie. La société CLESPALA avait pour objet la gestion d’un « club privé visant à permettre à tous nos amis de se connaître dans une ambiance de sécurité, d’amitié, pour le grand bien de tous » et désignait André Baudry comme « le seul responsable sur le plan moral ». D’abord installée dans un appartement de 4 pièces derrière la place de la République à Paris, au 19 rue Béranger, elle avait déménagé en 1969 dans un ancien théâtre de quartier près de la mairie du Xème arrondissement. Tous les dimanches, ses bals avaient longtemps été un grand rendez-vous des homos ; ses membres étaient tenus de s’abonner à la revue Arcadie, et devaient surtout bien...

En 1994, naissance du Centre LGBT, bienvenue chez vous !

Jusqu’à présent, l’association, née un an plus tôt pour prendre la suite de la Maison des Homosexualités, était confinée dans un petit appartement de la rue Michel Le Comte, local certes « historique » (il avait déjà abrité les premiers pas de l’association AIDES dix ans plus tôt), mais par vraiment conçu pour accueillir le public. Le nouveau bureau élu en février 1994, présidé par Philippe Labbey, s’était fixé comme priorité d’offrir enfin un vaste espace communautaire, comme on pouvait déjà en trouver à New York, Amsterdam, Londres ou Berlin… Les nouveaux locaux trouvés (une ancienne galerie d’art) et loués (Pierre Bergé se portera caution personnelle auprès du bailleur), la petite équipe de bénévoles (appelés « volontaires ») se met à l’action, avec les moyens du bord, pour ouvrir le lieu au plus vite. Il s’agit de pouvoir recevoir les homos des deux sexes, « de tous âges, toutes sensibilités, toutes tendances politiques et confessionnelles ». Les permanences d’accueil physique sont doublées d’écoutes téléphoniques et...

Novembre 1981, première crise à radio Fréquence Gaie

Revenons au début des années 80, et aux débuts de feu la radio homo parisienne... En juillet 1981, l’association Fréquence Gaie est créée, anticipant la libération de la bande FM et l’autorisation des radios libres, promises par le nouveau Président, François Mitterrand. Elle est soutenue par Patrick Oger, qui finance les installations et la location d’un petit appartement rue de Belleville. La diffusion commence dès le 10 septembre, et c’est un vrai succès. Très vite, plus de 100 personnes participent à l’animation de la station, qui au bout de 6 mois sera écoutée par 40.000 auditeurs chaque semaine et rentrera dans le peloton de tête des radios libres les plus écoutées en Ile-de-France… Mais en interne, la situation se tend très rapidement. De plus en plus de collaborateurs reprochent à leur nouveau président son culte du secret : il s’obstine à garder l’anonymat (officiellement, on ne doit parler que de « Patrick O. » dans les médias), ce qui est vécu comme une trahison ; sa...

Savez-vous d’où vient le drapeau arc-en-ciel ?

Gilbert Baker était un artiste américain qui a marqué et représenté le mouvement LGBT. Mettant à profit ses talents en couture, il avait inventé le "rainbow flag", le célèbre drapeau aux huit couleurs pour la journée de la liberté homosexuelle à la fin des années 70, un événement qui a ensuite inspiré les gay prides qui sont devenues des institutions à travers le monde.   Harvey Milk était un homme politique et un militant américain pour les droits des LGBT. Il fut le premier élu conseiller municipal ouvertement homosexuel de la ville de San Francisco. Il a été assassiné avec le maire de San Francisco, George Moscone, le 27 novembre 1978. A San Francisco, il avait notamment participé au mouvement pour les droits des homos au début des années 70, époque à laquelle il avait rencontré des figures importantes du mouvement, dont Harvey Milk. Les couleurs de l'arc-en-ciel du drapeau reflètent la diversité de la communauté LGBT. Lorsque Gilbert Baker a soulevé le drapeau arc-en-ciel à San Francisco le 25 juin 1978, il...

Les secrets de la forêt de Rambouillet

Né en 1945, fils de cultivateurs flamands, naturalisé français en 1982, pasteur, psychologue et sexologue, l’homme était une figure marquante de la communauté gaie. Dans sa jeunesse, il avait quitté le séminaire catholique pour embrasser le culte baptiste. Pasteur à Lens et à Béthune, il était ensuite parti aux Pays-Bas pour y suivre des cours de psychopathologie à l’Université protestante d’Amsterdam, et des stages de sexologie consacrés à l’étude des minorités sexuelles défavorisées. De retour en France, il avait commencé ses activités pastorales dans un ancien théâtre porno de Pigalle, qui lui avait rapidement valu les surnoms de « pasteur porno » ou de « pasteur déchu ». Il n’hésitait pas non plus à revêtir sa tenue ecclésiastique pour se rendre dans les saunas et autres lieux de drague, à la rencontre des gais. En 1976, il avait fondé le Centre du Christ Libérateur (CCL), qui lui permettait de réunir régulièrement des groupes de parole divers : pour les transsexuels, les travestis, les gais sourds...

L’heure de vérité de Le Pen

Le sidaïque (...) il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. Près de 30 ans plus tard, ses propos sont encore dans toutes les mémoires : « Le sidaïque, si vous voulez, j’emploie ce mot-là, c’est un néologisme, il n’est pas très beau, mais je n’en connais pas d’autres, celui-là, il faut bien le dire, est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux. Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. » Poursuivant sur la voie des contre-vérités pseudo-médicales, il explique aussi, sans donner plus de détails, « On a dit aux Français qu’il suffisait de se doter de préservatifs pour se mettre à l’abri de la contagion. C’est faux. ». Dérapage ? Pas vraiment. Le Pen contrôle bien ses propos et les a volontairement prononcés. Il reprend les thèmes et les mots qu’il développe depuis plusieurs semaines déjà, à la suite...